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Kobra ; jolie fleur piquée de sang

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(#) Jeu 1 Mai 2014 - 12:56
Kobra Macieira

âme égarée
Héritage Infortuné ♆ MacieiraAppellation aux Origines Contrôlées ♆ Kobra C'était mieux avant ♆ 24 ans Première Bouffée d'air ♆ São Poeira, 24 avril Papa et Maman ♆ Brésilienne  Dans mon lit ♆ Hétérosexuelle pour la théorie, mais n’a encore jamais été forcée de se donner à quiconque Degré de solitude ♆ Célibataire / Qui songerait à fonder une famille en ces lieux malsains ? Tromper l'ennui ♆  Beaucoup de métiers auraient pu lui convenir, dans cette ville en déperdition. Elle aurait pu apporter quelques soins aux plus abimés, ou aider les gamins de la ville à s’accrocher. Mais elle aurait alors été une bombe à retardement face à tous ses innocents perdus. Alors Kobra a choisi de travailler au motel.  Là elle ne risque pas de faire de mal aux habitants, seulement aux nouveaux arrivants, que les pas auraient mieux fait de conduire ailleurs. Kobra apporte un peu de réconfort aux nouveaux venus, puis les allège de certains biens, qui ne leur seront plus d’aucune utilité ici. Il faut bien qu’elle nourrisse les siens.Tombé dans le trou à rat ♆  Ses premiers cris l’ont emprisonné dans ce monde, dans cette ville La nouvelle famille ♆ Salaud, parce qu’il y a encore un espoir.

   

au-delà des dunes
Joli prénom ♆ Margaux   Pseudo pas beau ♆ Criquy   Nombre d'hivers endurés ♆ 23 Pierre précieuse préférée ♆ Œil de tigre  Compagnie de voyage ♆ Sarah, vile tentatrice Mot doux ♆  C’est tout un univers qui s’est dessiné sous mes yeux ébahis. Je n’ai pas beaucoup de temps pour rp, et pourtant j’ai franchi le pas. Degré d'addiction ♆ Dépend de ma formation, si je suis en stage ou à l’école, dans l’absolu 5 jours sur 7. Sésame ouvres-toi ♆ OK PAR JOAO Tête de cochon ♆ Camilla LuddingtonRemerciements ♆ bannière de BaxiaArt sur deviantArt, avatars de vinegar sur devianArt et tumblr Mot d'amour en plus ♆ Chapeau pour le contexte et le design, c'est vraiment immersif!
Et de longs corbillards, sans tambours ni musique, Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir, Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique, Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir. ▲ BAUDELAIRE
Un soupçon de tendresse dans les mains du vilain


Sa famille ne possède pas grand-chose, et l’aînée lutte chaque jour pour lui apporter le minimum vital. Mais elle ne pense pas aux sacrifices, car un œil brillant et un sourire constituent ses plus belles récompenses. Les deux petits comptent sur elle, et pour rien au monde elle ne les laisserait tomber. Son père est mort peu de temps avant que la mine ne tombe en désuétude, emporté par le même mal qui a rongé ses collègues. Quant à la mère de Kobra … Son absence est inexpliquée. Du jour au lendemain, elle a simplement disparue. Sa fille n’a pas eu l’occasion de chercher à comprendre, car il a fallu soutenir le père de famille qui se tuait chaque jour à la tâche et prendre soin des petits. Autrefois, elle avait une sœur, une jumelle. Ce fut la première à partir. Qu’importe le danger, la petite aimait aller jouer dans la mine, ce qui attirait souvent des remontrances à son paternel. Kobra avait 9 ans lorsque sa jumelle a été emportée par le mal. Mais elle a toujours refusé sa mort, car elle était persuadée qu’elle l’aurait sentie, si elle avait réellement été arrachée à ce monde. Et puis son pouvoir a commencé à se manifester quelques mois plus tard. Mais Kobra n’a jamais songé à faire le rapprochement. Et elle a toujours su que poser des questions n’apportait nulle autre réponse que la souffrance. Alors elle a appris à garder ses interrogations pour elle, et à mener ses enquêtes dans son petit théâtre mental, là où les réponses ne pouvaient pas faire de mal.

Pour autant, Kobra ne fuit pas la vérité, elle tâche juste de ne pas s’y confronter trop brutalement, et d’en tenir éloigner autant que possible sa famille. Par amour pour les siens, elle leur cache la misère de son existence. Ses frères n’ont pas à connaître les recoins sombres de sa personnalité, ils ont uniquement besoin de sa protection et de son dévouement le plus sincère. Chaque matin, Kobra glisse un sourire sur ses lèvres, et les réveille avec tendresse. Tant qu’elle est avec eux, elle arrive presque à se persuader que sa vie est normale, et que les choses tournent rond. Ils font son bonheur comme elle tente de faire le leur. Mais lorsqu’elle met un pied dehors, pour subvenir aux besoins de sa famille, à nouveau son visage se voile et son sourire s’étiole. Il n’est pas nécessaire de faire semblant pour le monde extérieur, car aucun sourire ne sera jamais capable d’extraire la pourriture du cœur des habitants de São Poeira. Mais la déchéance qui a atteint la ville ne doit pas pour autant la corrompre. De toutes ses forces, Kobra s’accroche à ses convictions. Elle n’arrive même pas à haïr ceux qui lui font du tort. La haine n’est pas un chemin envisageable. La haine engendre des dégâts qu’elle ne comprend pas, et sur lesquels elle n’a aucune maîtrise. Alors plutôt que de les haïr, Kobra les plaint. S’ils le demandent, elle leur tendra la main. Elle ne le fera pas en espérant qu’ils seront plus tendres avec elle par la suite,  mais parce que c’est ainsi qu’elle est faite. Elle ne peut pas regarder quiconque souffrir sans rien faire ; détourner le regard n’est pas non plus une option envisageable.

Mais rares sont ceux qui lui demanderont de l’aide. São Poeira n’est pas une si grande ville. Kobra a sa réputation, qui la suit obstinément et lui colle à la peau, jusque dans les bas-fonds de ces lieux désolés. Ceux qui ne la craignent pas marchent fièrement au-devant d’elle, courant après la confrontation. Kobra étant non violente, elle accuse les coups sans rechigner. Sa réputation, les murmures sur son passage, elle ne les a pas souhaités. Mais comment les remettre en cause ? Plus jeune, elle a tenté de lutter, de réunir à ses côtés quelques âmes charitables. Mais ces dernières fondent comme neige au soleil par ici. Kobra n’a pas perdu espoir, mais elle sait que les mots ne feront jamais entendre raison aux habitants de cette ville misérable. Finalement, elle est assez résignée. Sa bonne volonté n’est plus inscrite sur son visage, comme ce fut le cas par le passé, et Kobra ne cherche même plus à faire taire les mauvaises langues, qui disent d’elle tour à tour qu’elle est folle ou avide de sang. Aujourd’hui, Kobra vit essentiellement pour les siens, et pour les quelques personnes qui auraient encore besoin d’une aide désintéressée. Mais elle sait qu’aller plus loin serait du suicide. Comme la vérité, elle a compris à quel point l’envie d’arranger les choses pouvait être destructrice. Mais elle ne peut s’empêcher d’aspirer à l’une comme à l’autre. Alors elle se détruit, un peu plus chaque jour, silencieusement, ne pouvant pas lutter contre sa nature.

   

   
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(#) Jeu 1 Mai 2014 - 13:23
L’enfer, c’est mon autre

l'étrange

Un pouvoir ? Kobra ne le considère pas ainsi. Il s’agit plutôt d’une malédiction. Toute son enfance, Kobra a été la plus douce et la plus sage des jumelles. Mais lorsque le démon a été invité en ville, ce triste 24 août 1999, tout ce qu’elle prenait pour acquis s’est dissipé dans un nuage de fumée. Les quelques mois qui ont suivi ont été riches en épreuves. Sa jumelle a été la première parmi les siens à être emportée par l’épidémie qui avait débutée au sein des mineurs. Puis son père a suivi. Kobra n’avait pas encore vécu 10 printemps qu’elle devenait déjà responsable de ses deux frères en bas âge. Et ce fut en novembre 1999 que son « don » frappa pour la première fois. Il y avait encore des gens sensés en ville, des gens qui s’inquiétait pour autrui. Les enfants Macieira ne pouvaient pas continuer à vivre seuls dans leur demeure des abords du lac. Leur tante rechigna à les prendre sous son aile, alors une dame dont le terme « social » était accolé à sa fonction menaça d’éparpiller les enfants au quatre coins de la ville, voire au-delà, afin de les placer dans des foyers adaptés. La dame avait déjà attrapé la main du plus jeune de ses frères, et elle le conduisait à l’extérieur de la maison. La détresse de Kobra était telle qu’elle ne parvenait pas à faire le moindre geste. Son frère l’appela, comme s’il attendait d’elle qu’elle le protège, qu’elle empêche la dame de l’éloigner des siens. Une fureur sourde monta dans ses veines, ses muscles, et jusque dans son cerveau. Puis ce fut le noir total.

Lorsque Kobra revint à la conscience, ses frères dormaient paisiblement dans leur chambre. Il n’y avait plus trace de la dame « sociale », et les Macieira n’entendirent plus parler d’elle. Une chance que le chaos s’empara rapidement de la ville, car plus personne ne s’inquiéta pour eux. Et les trois enfants durent survivre dans cette ville qui entamait sa longue descente vers les enfers.

Kobra n’a pas réellement de contrôle sur son don. Dans certaines situations, elle perd même tout bonnement le contrôle, et c’est ce qui permet à son don de se manifester. Ou plutôt à Nina. Kobra n’a aucune idée de ce qui se passe réellement pendant ses trous noirs. Elle s’est plusieurs fois réveillée auprès de cadavres, et lorsque ce n’est pas le cas, c’est simplement que son « autre » a pris les devants pour dissimuler les corps. Et lorsqu’il n’y a pas de mort, il y a des regards noirs dans la rue et des gens auxquels elle ne pensait jamais avoir à faire qui viennent la quereller en réclamant vengeance. Parfois, elle arrive à contrôler ses émotions, et se met en stand by alors qu’elle se fait rouer de coups. Tant que la colère, la peur, ou les larmes ne montent pas, Kobra parvient à conserver le dessus. Mais si la moindre étincelle d’émotions négatives la submerge, Nina prend la relève. Bien sûr, Kobra ignore que son don est directement lié à la mort de sa sœur, qui avait pour habitude d’aller jouer dans la mine et se montrait particulièrement pugnace. Elle voit ces blacks out fréquents comme une malédiction, qui font d’elle une criminelle avide de sang, alors même que sa nature profonde est à l’opposé de ce travers. Kobra fait tout pour enfouir au mieux ses sentiments négatifs, et son relatif isolement au Motel l’aide à n’avoir pas à faire avec les habitants les plus sournois de la São Poeira. Il n’y a pas pire malédiction pour un être profondément généreux, obligé de vivre dans cette ville de débauche, que d’être forcé à alimenter le mal ambiant par un fragment occulte de sa personnalité.

(c) MORIARTY


São Poeira

Sa maison. Kobra considère São Poeira comme tel, et non le logis macabre dans lequel elle et les siens vivent. Elle n’a jamais rien connu d’autre, et n’aspire d’ailleurs pas au moindre rêve de conquête et de liberté. Sa ville lui convient, malgré ses travers, malgré les taudis qui s’y entassent et la noirceur dans les cœurs. Kobra a appris à faire avec. Bien avant la disparition de sa mère, les Macieira possédaient une jolie demeure. Ce n’était rien de cosu, mais il y avait suffisamment d’espace pour quatre. Puis lorsque la femme a abandonné les siens, après avoir donné naissance à son deuxième garçon, il a fallu revendre la maison et tous les biens qui n’étaient pas de première nécessité. Kobra et les siens se sont alors installés dans une petite maison sur le lac. La ville se portait encore bien à l’époque, alors il fallut supporter les regards condescendants de ses habitants. Puis les choses ont commencé à se gâter. La maison sur le lac est alors devenue un véritable luxe en comparaison des taudis qui se sont mis à pulluler dans le bidonville qui ne se contentait alors plus de cercler la ville, mais était devenu la ville. Les alentours du lac forment un environnement humide et crasseux, mais Kobra préfère ça plutôt que de laisser les petits vivre dans les taudis du bidonville. La ville va mal, elle n’a jamais connue une telle déchéance, et pourtant l’ainée des Macieira sent que les choses peuvent encore empirer. Le plus simple, pour mettre ses frères à l’abris, serait sans doute de fuir cette insanité quotidienne et purulente. Mais Kobra ne peut se résoudre à franchir le pas. Il y a trop d’incertitudes quant aux départs qui ont pu avoir lieu ces 15 dernières années. D’aucuns disent que ceux qui ont fui n’ont pas trouvé d’autre issue que la mort. Et il serait insupportable pour Kobra de conduire les petits à leur perte sous prétexte de les arracher à cette ville. Rien ni personne ne peut lui être arraché, Kobra s’en est forgé la certitude au fil des années. Des arrivées, et des départs, il y en a eu un certain nombre, même si beaucoup sont passés inaperçus. Depuis des années qu’elle travaille au Motel, Kobra n’a pas manqué un seul nouvel arrivant. La folie les amène à São Poeira, et seule la mort peut les délivrer de cette folie.  Mais Kobra ne pourrait se contenter d’être simple observatrice, insensible au devenir de ces âmes égarées.

   
(c) MORIARTY

Et de longs corbillards, sans tambours ni musique, Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir, Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique, Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir. ▲ BAUDELAIRE
Il parait que l’enfer c’est quand il n’y a plus d’espoir.


24 avril 1999 :

Cher Journal,

Voici mes toutes premières lignes. On t’a offert à moi pour célébrer mes 9 ans. Ma sœur a le sien également. Il parait que ça peut nous aider à avoir un « jardin secret », une sorte de vie intime que où l’autre ne pourrait pas s’immiscer. Je crois que ma tante a mis cette idée dans le crâne de mon père, mais je ne m’en plains pas. Parfois, Nina se montre légèrement intrusive. Elle ne supporte pas qu’on lui cache des choses. Je n’ai aucun secret pour elle, c’est ma jumelle et je l’aime comme le prolongement de moi-même. Pourtant nous ne nous ressemblons sur aucun point, hormis le physique. Il lui arrive d’être violente et capricieuse. Notre père n’arrive pas à lui refuser grand-chose, mais lorsqu’il le fait, elle se met dans des colères noires et le menace de suivre notre mère. Je sais, ou je veux croire, qu’elle ne parle pas ainsi pour le faire souffrir. Nina est simplement … impulsive. Blesser autrui lui permet d’obtenir ce qu’elle veut, mais je ne pense pas qu’elle pense à mal en le faisant. C’est simplement sa façon d’être. Je vais quand même cacher ce journal pour être sûre qu’elle ne le trouvera pas. Si elle lisait  ces lignes, je serais obligée de lui expliquer durant des jours ce que je voulais réellement dire, et la rassurer n’a rien d’une mince affaire. Mais je lui dois bien ça. Depuis que notre mère est partie, elle s’est montrée forte pour nous deux. Quand nous avons dû déménager, c’est elle qui a fait taire les rumeurs parmi nos camarades de classe. Nous avons le même âge, à quelques minutes près, et pourtant je la trouve souvent bien plus affirmée que moi. Elle n’a pas peur de dire ce qu’elle pense, et elle agit comme bon lui semble. Même lorsque cela nuit à d’autres, elle ne se laisse pas troubler, et suit sa ligne de conduite. Elle va de plus en plus régulièrement jouer dans la mine. Notre père s’est fait frapper sur les doigts par ses supérieurs à de nombreuses reprises à cause d’elle. Mais elle continue à faire ce que bon lui semble, malgré les remontrances et les reproches. Je crois que je l’envie.

24 avril 2000 :

Cher Journal,

Bientôt un an que deux des miens sont partis et que je reste seule avec les petits. Nina et mon père n’ont pas été les seuls à disparaître, loin de là. Une épidémie malsaine s’est abattue sur São Poeira. Nous avons réussi à garder la maison sur le lac, et plus personne ne songe à nous prendre de haut et à nous rappeler que cette baraque est loin de celle que nous avions avant. Ce n’est pas vraiment que nous sommes moins pauvres, c’est surtout que tout le monde s’en fiche. Chacun essaye de s’en sortir désormais. Nous sommes ni la première ni la dernière famille qui a été allégée de ses membres depuis que le mal est arrivé. Je parle du mal comme si je le connaissais. En fait je dis « le mal » car c’est ainsi que tout le monde l’appelle ici. On pourrait croire que c’est ainsi que l’on nomme l’épidémie, mais ça va plus loin. Personne ne sait encore exactement ce qu’il s’est passé dans cette mine, mais ce ne peut être une simple maladie. Ou plutôt, c’est une maladie, mais pas un mal commun qui s’attaque à votre corps. C’est plus profond. Cette affection-là attaque les cœurs et les esprits. Elle rend les gens fous et cyniques. Si Nina était là, elle lui rirait au nez et ferait en sorte de la garder éloigner de nous. Mais elle n’est plus là. Et le mal a réussi à m’atteindre. Certains ont développé des dons, qu’ils sont parvenus à contrôler plus ou moins, parfois pour aider leur entourage … souvent pour rependre encore davantage le mal qui a germé en eux. Mon don n’en est pas un. Je perds juste la maîtrise, et lorsque je reviens à moi … des choses sont différentes. Si c’était à Nina que ça arrivait, elle saurait comment le gérer. Moi je le subis. Tout ce que j’espère, c’est ne jamais faire de mal aux petits.

24 avril 2005 :

Cher Journal,

C’est mon anniversaire, mais qui songerait à célébrer une année de plus dans cette ville ? Tout a changé, pas seulement les lieux, mais les mentalités. Je ne reconnais plus mes anciens camarades de classe, à croire qu’avec l’école, ils ont laissé derrière eux le peu de neurones qu’ils possédaient. Il y a beaucoup de violence et de charognards. Et je semble les attirer. Apparemment, il trouve mon visage trop innocent, trop jovial, et ils veulent m’arracher le soupçon de joie que j’arrive encore à tirer de cette vie. Une voisine m’a dit que c’était la jalousie et la démence qui guidaient leurs actes. Je pense plutôt qu’ils ont perdu pied. Ils ont oublié le réconfort d’avoir un foyer, des gens qui nous aime, et nous sont reconnaissants pour le simple fait d’exister et de nous tenir à leur côté. Certains ont beaucoup perdu dans la descente aux enfers de São Poeira. Il me reste mes frères, mais eux n’ont plus personne. S’ils ne cherchaient pas à m’arracher les bras dès qu’ils me voient, me forçant à fuir, sans doute pourrais-je les aider.

24 avril 2007 :

Journal,

Je pense encore aux bougies que j’avais l’habitude de souffler lorsque j’étais petite. Mais il y a trop de flammes à éteindre dans cette ville, mon souffle ne serait jamais suffisant. Les rangs des brutes et des truands grossissent à une vitesse alarmante. Il reste sans doute encore un espoir dans cette ville, mais il se cache, comme je le fais. Ou du moins comme j’aimerais le faire davantage. Je perds le contrôle de plus en plus souvent, et le nombre de corps que je retrouve à mon réveil et que je dois enterrer moi-même augmente également. Parfois, les pourritures à mes pieds sont juste assommées, et je ressens encore une forte satisfaction, survie de cette période de conscience qui ne m’appartient pas. Je ne veux pas devenir les monstres qu’ils sont.

L’homme qui tenait le Motel du vieux village a disparu depuis plusieurs semaines. Il ne reviendra pas. Certains l’ont vu passer la frontière de la ville, et se disent qu’il a trouvé une herbe plus verte ailleurs finalement. Il y a eu une vague de départ ces derniers temps. Quelques personnes, comme mon exécrable voisine, continuent d’espérer que ces départs sont une délivrance bienheureuse. Je sais qu’il s’agit d’une délivrance, car ces gens ne supportaient plus leur vie. Mais du bonheur, ils ne peuvent en trouver en redevenant poussière. La mort de celui-ci aura au moins une conséquence positive : je peux arrêter de voler pour fournir aux petits de quoi subsister. Lorsque j’ai annoncé vouloir reprendre le Motel, personne n’a élevé d’objection. Les habitants de cette ville maudite se fichent bien des vies qui les entourent. L’égoïsme a pris le pas sur toutes les autres valeurs. Je ne peux pas les blâmer, seule l’existence de mes frères a de l’importance à mes yeux.

Et voilà qu’à 17 ans, je dois gérer un Motel, avec son lot de saletés et de répugnance, et ces vagabonds qui échouent à São Poeira, leur ticket pour l’enfer en poche. L’âge n’a plus d’importance ici, pas plus que les anciennes autorités. Les cadres foutent le camp et c’est la loi de la jungle qui prime sur tout le reste.

24 avril 2014 :

Le chemin vers l’enfer n’est pas aussi droit qu’on pourrait l’imaginer.

Hier, j’ai tué pour la première fois. Mon autre l’avait déjà fait, sans doute des dizaines de fois, bien plus qu’elle ne me le laissait entrevoir, pour tous les corps que je n’avais pas à enterrer mais ces gens dont je n’entendais plus parler après qu’ils soient venus me voir. Hier, elle m’a laissé la place au dernier instant, et j’ai senti sa rage et son désir de sang. J’ai senti ce besoin impérieux d’ôter la vie s’insuffler dans chaque parcelle de mon être. Une femme gisait à terre, et elle m’injuriait selon des termes que je ne connaissais pas. Je me suis accroupie à côté d’elle et j’ai agrippé une poignée de ses cheveux blonds dans ma main. Je n’avais pas le contrôle, juste la conscience de ce qu’elle était en train de faire. Ce que j’étais en train de faire. Je réalisai alors que j’avais un poignard dans la main, et son contact contre ma paume me faisait deviner la grossièreté de l’arme. La lame glissa lentement, profondément, dessinant un trait écarlate sur la gorge de ma victime. Je sentis la peau se déchirer sous ma lame, et une joie macabre fit battre plus fort mon cœur dans ma poitrine à la vue du sang qui se déversait. Je ne relâchai pas immédiatement les cheveux de ma victime, qui déglutissait péniblement, dernière trace de vie avant qu’elle ne rende l’âme. L’entaille se mit à grossir, alors que les tissus se déchiraient, tiraillés entre la force que j’exerçais à retenir en l’air la tête de l’innocente, et la pression de son corps qui ne demandait qu’à se plier à la gravité. Mon autre regarda la blessure prendre de l’ampleur, et je sentis un sourire ignoble poindre sur ses lèvres. C’était tout juste si elle ne se retenait pas de passer sa langue avide sur ses lèvres. Mon dégoût lui parvint, et je sentis la force de sa conscience me repousser. Puis plus rien.

Quand je suis revenue à moi, j’étais avec les petits, un couteau dans la main. Elle s’était mise à faire la cuisine, et je l’ai immédiatement soupçonné de vouloir me donner un avertissement.

Je n’ai pas pu dormir. Et je doute de pouvoir ôter ces deux images de mon souvenir. Elle est dangereuse, et je suis dangereuse lorsque je suis elle. Même pour les petits. Sont-ils finalement plus en sécurité avec moi que seuls ? Ils ont grandi, ils peuvent largement voler de leurs propres ailes. Mais je veux continuer à les protéger.

Que me restera-t-il quand ils n’auront plus besoin de moi ? Rien. Simplement Elle.


   

   
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(#) Jeu 1 Mai 2014 - 19:35
Bienvenue ici, toi
j'ai dévoré tes mots et le début de ta fiche, j'adore ce que t'as fait du don et du lien avec la jumelle morte
j'ai hâte de voir la suite et puis, le code est bon
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(#) Jeu 1 Mai 2014 - 22:39
Quel compliment, attention je vais plus me tenir *o*
La suite sera pondue d'ici demain midi, coup de cœur oblige!
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(#) Ven 2 Mai 2014 - 2:00
Bienvenue à toi ! Courage pour la suite :)
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(#) Ven 2 Mai 2014 - 9:24
Bienvenue à toi perv Bonne continuation   
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(#) Ven 2 Mai 2014 - 11:52
Merci, je prend vos ondes positives et j'retourne à ma fiche!  ange 
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(#) Sam 3 Mai 2014 - 12:49
Kobra Justement, je me demandais si tu allais passer un de ces jours

C'est bizarre de te voir jouer une -presque- gentille fille. Heureusement que c'est qu'à moitié
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(#) Dim 4 Mai 2014 - 4:16
bienvenue à São Poeira
la vie est finie, mais tu survis.

je t'ai déjà dit à quel point j'aime le don et le lien avec la soeur jumelle décédée, et je le redis encore une fois. c'est superbement bien fait, et les possibilités sont multiples j'aime le fait qu'à la fin, dans les derniers événements, on voit un peu que les deux se confondent et que Kobra tue pour la première fois. Ça ouvre tellement de porte, rohlala perv

Il y a ce sourire, là, si grand, si laid, sur ses lèvres gercées par les morsures et le sang versé. Il t'observe, là, le torse ouvert, le coeur entre ses mains, maintenant. Plus rien ne t'appartient ; tu es à lui tout entier, maintenant, qu'importe ce que tu choisis de faire. Ses ongles, si abîmés, s'enfoncent dans ton pauvre coeur et y glisse son venin. La malédiction est lancée ; te voilà captivé.

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