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moi ni l'un ni l'autre je suis. (cleb)

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(#) Mer 16 Oct 2013 - 4:38
Caleb Roach

âme égarée
Héritage Infortuné ♆ Roach ; une connerie sur la langue, un mot de plus à coller contre sa peau. Roach, le nom de sa défunte soeur, Roach, le sang des Cherokee, dans ses veines.  Appellation aux Origines Contrôlées ♆ cleb. caleb. cleb. caleb ? putain, avec le temps, même le môme, il a oublié c'est quoi son nom, et puis son surnom. alors on s'en tape, rendu là ; cleb, ça va. mais fais attention où tu mets les pieds ; ça pourrait chier.  C'était mieux avant ♆ vingt-deux ans. il était prêt, ce con, à être un grand.   Première Bouffée d'air ♆ on fait les durs, on fait les cons, quand on vient d'un trou. il vient de vegas, ce petit con, mais pas des casinos, non, d'un déserts macabre, d'un quartier où les maisons font miroirs. tard le soir, ouais, sous le cri d'un coyote, un soir de septembre. la mère, elle avait les cuisses humides de sang, la gorge inondée de cris enragés. Papa et Maman ♆ On est tous mélangés, on est tous, au fond, un grand ramassis de n'importe quoi. Cleb, c'est un peu ça ; le cleb bâtard, oui, celui qu'on adore, malgré ses poils gras et puis sa gueule de taulard. Bâtard, c'est bien ça, ce nectar au fond de ses veines ; bâtard, oui. Un peu américain, un peu amérindien, tiens, et pourquoi pas, pour couronner le tout, juste connard.   Dans mon lit ♆ hétéro. quoique, ce con, il s'est longtemps fait baiser par sa dulcinée. alors, autant tenter, les pds.    Degré de solitude ♆ jeté. abandonné. trompé. la connasse, elle s'est fait engrosser par un black.   Tromper l'ennui ♆ Il est pirate ; la jambe de bois, elle est pas là, le perroquet, il est dans l'assiette, mais qu'importe. Cleb, il est pirate ; on le voit là, sur un bateau un peu minable, sur une barque à moitié inondée à vagabonder sur le fleuve, s'arrimant aux villages voisins, volant nourritures et objets. Tombé dans le trou à rat ♆ trois mois ; trois mois d'enfer, trois mois où ils sont là et qu'ils se terrent. qu'il se terre, oui, les mains baignés de sang, les doigts sanglants, un membre en moins, à l'arbre généalogique. trois mois qu'ils sont là, les deux connards, trois mois qu'ils essaient d'oublier qu'ils sont damnés, damnés à s'aimer, oui, les salopards.   La nouvelle famille ♆ errant


au-delà des dunes
Joli prénom ♆ Mélanie   Pseudo pas beau ♆ NEO Nombre d'hivers endurés ♆ (âge) vingt Pierre précieuse préférée ♆ tamère  Compagnie de voyage ♆ par la porte de l'enfer. Mot doux ♆ ça va, ça va.  Degré d'addiction ♆ la désintox est à envisager Sésame ouvres-toi ♆ (code du règlement) Écrire ici. Tête de cochon ♆ Rory Smith Remerciements ♆  bannière de  tumblr, avatars de NEO Mot d'amour en plus ♆ blablabla
En vain ont-ils tué l'âme dans la débauche, il reste encore, effroi ! les tourments du Remords. L'Ange blême se dresse et se place à leur gauche, Leur déchire le coeur râlant jusqu'à la Mort. ▲ NELLIGAN
coeur piétiné
C'est fou un peu, de vouloir devenir un bon gars; d'avoir tomber, comme ça, brusquement. D'avoir toucher le ciel et puis caresser le fond, et puis de croire, comme un con, comme un idiot, qu'on peut de nouveau voler. C'est con, oui, empli d'une bêtise profonde, et pourtant, il y croit, cleb, il y croit, à cette connerie. Il sait, oui, il la connait, cette douleur réelle, celle qui fait tant mal quand on a les yeux grands ouverts, quand on a la mort au cou, quand on a la vie à la peau, comme une lame. Le souvenir des seringues caressent sa peau et l'appel est fort ; c'est le chant de la mort qui tente de lui faire une pipe, et lui, cet idiot, qui refuse une baise. Qui ose se croire ange alors qu'au fond, il n'est que démon, qu'une bête. C'est le gars trop con qui ose se foutre en cage, la bête qui met des chaines à ses poignets, à ses mollets, et qui prie, bas, tout bas, pour avancer, pour être soigner. C'est presque attendrissant, presque suffoquant, oui, de voir sa connerie, de sentir sa maladie, là. La bête en cage qui éclate trop brusquement, qui crie trop fort, qui frappe trop fort, pour supplier et puis caresser, ensuite. C'est le condamné qui est déjà au pied du mur, le mort qui essaie encore de rester ; le décédé qui essaie de s'échapper, de se créer quelque chose qui fait un peu pitié, une seconde chance, peut-être. Le mec pitoyable, un peu lâche des maux, qui ose croire d'être change tout ; le mec qui sourit, alors que c'est le bordel, oui, dans sa tête. Et il sourit, le gars, il sourit et il continue, malgré les cris, malgré l'envie, forte, si forte, de tous les défoncés, de tous les buter, et puis d'être sous silence, enfin, d'être là, voguant dans le calme, enfin. Mais il reste là, pourtant. Il crache un peu, comme ça, parfois, et puis il frappe aussi. Mais il est là, pourtant, Cleb. Parce qu'il a beau être con, il a beau être condamné, déjà bien baisé, oui, il essaie d'avancer. Il essaie de la baiser, la mort, cette foutue maladie qui crispe son coeur de rockeur, et puis il avance, encore, en faisant un foutu doigts d'honneur, juste comme ça, à la vie. Il essaie de trouver son a, le cleb, mais il déconne toujours plus qu'autre chose, au fond. On peut être ange, et devenir démon ; on peut être pas démon, et devenir ange. Il a beau se coller des ailes, cracher sur la drogue, alors qu'il la dévore des yeux, il en reste un pourri, un débris. Il en reste un foutu soumis à cette connerie.

Cleb, c'est le gars ; le gars juste là, oui, qu'on connait tous au moins une fois. Celui qui est un peu dans l'débarras, celui qui met ses chaussettes trouées et sales, celui qui abandonne ses vêtements au sol, et qui les remet, le lendemain. L'estomac sans fond qui mange des heures, qui mange à trois heures, ou alors à minuit, le mec sans classe, la brute un peu trop normale, un peu trop naturelle. Le gars qui observe pas les autres, qui se soucie pas, qui agit, tout bonnement. Celui qui vit, comme ça, simplement. Celui qui se crée une tanière, un bordel qu'il appelle « chez soi. » C'est une bête, un peu, sauvage et paresseuse, certainement, qui souvent pourtant, se tue à la tâche. Le mec qui riait, avant, le mec avec lequel on s'amusait, quand il se la pétait, sa gueule, mais qui est morne, maintenant. Trop morne et colère ; c'est le sourire qui a laissé place aux sourcils froncés, le drogué qui a essayé de devenir réglo, comme ça, pour une meuf qui a fini par le baiser. C'est le mec qui fait tout pour les autres, et qui se prend des baffes. Celui qui reste là, comme ça, bras ballants, sans comprendre. Le mec un peu perdu, qui crie au fond, qui crie et grogne, sort les poings, quand il comprend pas, et puis quémande pardon, le coeur au bord des lèvres, ensuite.

Cleb, c'est le coeur un peu piétiné, l'coeur mitraillé qui essaie d'continuer à pulser.


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(#) Mer 16 Oct 2013 - 4:38
Mauvais cleb crève jamais.

l'étrange
On dit souvent ça comme ça, un peu dans l'vent, un peu pour remplir l'silence ou alors pour éviter d'chercher ; « j'le vois, là, dans tes yeux. » Les sentiment d'quelqu'un, qu'on puisse les lire si facilement. T'es comme un livre ouvert. Et puis toutes ces conneries toutes aussi pathétiques les unes que les autres. J'en ai ri et j'les ai nié pendant des années, quand Alma ou ma mère me balançaient à la gueule, quand Birdy, elle gueulait en m'jetant mes trucs que j'étais qu'un connard, qu'un putain d'fou et qu'elle l'avait vu, dans mes yeux, pleins d'fois, mais qu'elle avait jamais écouté la foutue voix dans sa tête. J'ai nié. J'peux plus, maintenant, nier. Pour dire quoi ? C'est implanté dans mon système, maintenant, putain d'iris qui tanguent, qui dansent, là, entres les couleurs. J'sais pas quand c'est arrivé, quand l'truc s'est fait présent, mais c'est là, maintenant. Y'a pas d'contrôle, j'crois bien, à avoir sur ça. C'est juste un iris qui change de couleur, sans gêne, tout bonnement, sous l'émotion qui m'gagne. Un noir pour la colère. Un brun pour la tristesse. Le reste, j'en ai aucune idée. L'noir revient souvent, en tous cas. J'passe pas ma vie à m'regarder dans l'miroir, mais d'après c'que j'ai pu capter, c'est juste sous les émotions trop fortes.
(c) NEO

São Poeira
On dirait le monde qui a cessé de tourner ; c'est comme si on était plongé dans un autre dimension, dans l'enfer peut-être, qui sait, là où la loi, elle pouvait pas avoir raison de nous. L'soleil claque sur nos têtes avec cet œil toujours sournois, toujours fixe, comme s'il nous suivait ; j'sens l'angoisse, comme la sueur, qui dégouline le long de ma nuque, malgré les arbres au d'ssus d'nos têtes. On dirait un p'tit coin d'paradis, et pourtant, c'est l'enfer que j'sens sous nos pas. J'arrive toujours pas à capter, j'crois, si c'est bon ou pas, être ici, dans c'trou à rat. Si j'ai bien fait, autant pour Ange que pour moi. Y'a toujours eu cette impression d'cage, autour d'lui et moi, et pourtant maintenant, c'est encore plus flagrant ; on est juste là, comme des bêtes, assoiffées de sang ou j'sais pas quoi, dans la même pièce. On s'regarde pas ; mais y viendra un moment, ouais, où un regard en croisera un autre, comme avant, comme souvent, et où la tempête, elle débutera. On dirait une foutue pomme empoisonnée, un cadeau venin, ouais. On a p'être trouvé un endroit où s'terrer, mais ça veut p'être dire qu'on va finir enterrer vivant, aussi.
(c)NEO
Comment est-ce que tu peux penser qu'tu tiens à moi, si moi même j'y tiens pas ?Pourquoi tu dis qu'tu m'aimes alors que moi-même j'me déteste ?Pourquoi t'es là ? Pourquoi tu restes ?▲ FAUVE
le môme juste comme ça
Y'a de ces enfants qui sont directement vu comme des anges ; on les aime pour leur belle gueule, leurs joues trop rondes, leurs rires énervants et pourtant, adorables, selon les grands. Leur foutue voix trop petite, trop aiguë et timide, la petite lueur qui brille encore, toujours, dans leurs foutus yeux, quand ils posent des questions ou quand ils ont droit à un présent, que ce soit un bonbon ou alors. juste la télécommande. Et puis les autres ; ouais, les autres. Ceux qui dégagent un truc, qui nous bouffent de l'intérieur. Ils ont ce truc, dans les yeux ou alors dans leurs traits, qui attirent un malaise qui veut pas foutre le camp, tout bonnement. Ils sont là, silencieux, un peu trop peut-être, à vous observer et puis à suivre leurs parents, comme des autres. C'pas des démons, non, pas de ceux qui courent partout, foutent le bordel et puis pleurent comme des merdes, quand papa maman disent non, pour tel ou tel objet. Non, ils sont pires, souvent. Bien pire, là, à ne rien faire, à être là sans réellement l'être, et puis à sourire un peu, un tout petit peu, parfois. On dit qu'ils sont timides, ou alors renfermés, qu'ils n'arrivent pas encore à comprendre la société ; on dit qu'ils voient des choses, encore, des monstres sous les lits ou dans les placards, même. J'étais comme ça ; un trop calme, un qui parlait pas, non, parce qu'il voulait pas. Celui aux grands yeux trop bleus, trop sombres aussi, qui ne cessait d'observer tout autour, et puis qui jouait seul, qui poussait sa petite sœur, d'un mouvement de bras, quand elle voulait trop s'approcher pour jouer avec lui. J'étais cet enfant là ; le môme trop calme, celui qui pétait son câble brusquement, là, quand Alma prenait ma voiture préférée, j'la poussais sans gêne, au milieu du salon, qu'importe qu'elle se cogne, qu'elle tombe, ou qu'elle pleure, et puis je continuais à jouer, sans gêne, perdu dans mon monde. Maman, elle arrivait toujours pour la prendre dans ses bras, elle me demandait toujours pourquoi j'faisais ça, mais j'répondais pas. Au final, elle criait l'prénom d'papa, pour qu'il ramène ses fesses. Il grognait toujours, ouais, comme un malpropre, fatigué de se lever de son fauteuil, de quitter son football des yeux, et puis de devoir me voir, surtout. Il parlait pas, non, il se contentait d'lever la main, d'me foutre une baffe, et puis d'pointer ma mère pour que je l'écoute, une fois que j'l'observais. C'était toujours comme ça, ouais. J'avais beau tourner les yeux vers maman, hocher de la tête, là, sagement sous ses paroles trop douces, sous la caresse de sa main contre ma joue, de ses doigts légers qui chassaient mes larmes, j'écoutais pas. J'ai jamais été le genre de mec à me soucier de l'avis des autres, et même petit, j'me prenais des baffes, à cause de ça. J'ai jamais été le genre de mec qui supporte qu'on touche à ses trucs ; ma sœur en a souvent payé le prix.

Même maintenant, ou plutôt dernièrement, elle en a payé l'prix.
Elle aurait pas du.

la bête insensée


J'sais pas trop d'où c'est venu ; une folie, peut-être. J'ai jamais été des plus saints, ou alors sains, j'avoue ; même aujourd'hui, ça doit être encore le cas. C'comme une bête, au fond, qui s'noie à l'intérieur de mon coeur.  Un monstre qui a juste besoin d'avoir pieds, là, pour voler et tout briser ; j'étais un monstre, gamin, surement encore, ouais. Y'a l'monde qui est pas des plus beaux et puis les autres qui s'soucient pas d'la foule, autour. Les enfants qui crient trop forts, autour, et puis les femmes qui parlent pendant des heures. L'chat du voisin, qui hurle pendant des heures, la nuit, à la recherche d'une bite pour assouvir son désir. J'me souviens, ouais, comme si c'était hier. Les cris qui cessaient pas, toujours plus longs, toujours plus insupportables, et puis la rage. La rage qui montait, là, lentement, surement, sournoisement, dans mes foutues veines. Une envie de meurtre qui s'taisait pas ; j'sais pas, au fond, si maintenant, j'ferais la même chose. On peut dire que c'est une erreur de jeunesse, juste les hormones d'un adolescent, là, trop présentes. Mais la vérité, c'est que putain, j'le buterais encore aujourd'hui, c'chat. Parce que les nerfs rouillés et l'cerveau qui s'déconnecte, parce que j'ai les nerfs qui coincent et puis qui claquent, la patience qui s'fait trop souvent la maille. Parce que j'suis comme ça, un gars d'émotions certainement, toujours là, à frapper ou à caresser, l'un ou l'autre avec une certaine intensité. J'me souviens, ouais, en tous cas, du regard de la soeur ; de cette putain d'idiote. De ses yeux un peu trop bleus, des larmes qui s'y noyaient, quand elle m'a vu, là, un peu à l'écart des maisons, dans un champ un peu mort, ouais, avec le chat, agonisant, au sol. L'chat qui se vidait de son sang ; la bête était qu'douleur, et Alma aussi. Et j'ai souri ; j'me souviens encore de la sensation du sourire, sur mes lèvres, parce que c'était un bon moment. En tous cas, à mes pensées, c'en était un. Alma qui avait mal, parce que j'détruisais un truc qu'elle aimait. Elle en était amoureuse, oui, du chat des voisins. Et il était là, ce con, à mes pieds, presque mort.  Y'avait pas papa et maman, sur le coup, pour la prendre dans leur bras, me baffer et puis caresser ses cheveux de poupée. Qu'elle et moi ; alors, j'ai souri, tout bas, du haut de mes treize ans, et puis j'ai levé la pelle. J'ai souri un peu plus, surement, en l'observant, bien dément, l'adrénaline dans les veines. Quand j'y pense, l'image me lève le coeur ; la plupart de mes gestes sont insensés, sans prétention, juste vifs et brutaux. Un peu trop, peut-être. Surement trop, qui sait. En tous cas, j'me souviens l'avoir regardé dans les yeux, un certain moment, et puis avoir planté la pelle dans l'corps d'la bête, pour stopper tout ça. Alma, elle a pleuré. Alma, à partir de ce moment là, elle a arrêté de me parler.

Elle aurait dû continuer. L'silence, il aurait du rester. La distance aussi.
Elle aurait dû, ouais, continuer.

maman m'a noyé.


Démon s'est caché, bébé s'est mis à rêver. J'me souviens plus trop comment, ni pourquoi ; p'être que j'aurais du me prendre une sale raclée, plutôt, ou alors être envoyé en centre, pour me calmer. Mais ma mère, elle a toujours été la douce voix d'la raison, et papa, malgré sa rage un peu comme moi, bah il a jamais pu s'empêcher d'l'écouter. C'était m'man, quoi. C'est un peu comme ça, après une réflexion à deux balles, certainement, que j'me suis retrouvé avec un violoncelle. J'avais choisi l'instrument un peu au hasard comme ça, dans la boutique d'la ville, certainement pour le prix exorbitant et pour faire chier papa, mais au final, j'ai fini par apprécier. C'était comme des cris, là, entre mes doigts, à chaque frôlement d'l'archer, contre les fines cordes. Les cris d'mon âme comme les pleurs, ouais, le tout changeant au gré des notes et des partitions. J'avais p'être l'impression, au fond, qu'on pouvait enfin entendre, comprendre, même, la douleur d'mon coeur. C'qu'on a tous là, adolescent ou même adulte, au creux du coeur. L'truc qui nous bouffe trop fort, la douleur qu'on a l'impression d'être le seul, p'être, à ressentir, alors qu'on est juste un foutu tas de solitude, au fond. Une terre de solitude, oui ; elle est pas bleue, la planète, juste blues. On a tous le blues. J'aurais presque pu devenir un bon gars, j'crois ; parce que j'criais fort, merde, contre les cordes de mon violoncelle, là, pour tout effacer, pour essayer de me sauver, qui sait, que j'en venais à m'sentir bien, même. Et j'ai rêvé, les yeux ouverts, le coeur trop fragile, p'être bien. J'imagine que j'ai cru un pale instant que la vie, bah, elle pouvait être belle. Belle, oui. Pas juste pour toi, mais pour moi. Pour moi. Et ça signifiait tant, sur le coup, que j'ai voulu y croire, bordel, fort. L'âme aveugle, j'ai fait l'pas qui fallait pas ; traverser l'pays, juste comme ça, sans aucun repère, pour me rendre à New York. Putain, c'que j'pouvais être bête. Comment j'ai pas pu voir, hein, que le monde, il restait encore une merde, malgré la p'tite joie, là, que j'pouvais ressentir, dans mon coeur ? J'ai eu les yeux d'un enfant, l'innocent également, pendant un moment. J'me voyais déjà grand, un grand violoncelliste, ouais, comme maman elle disait ; j'étais noyé, là, tendrement noyé, oui, dans les tendres paroles de maman. J'ai cru, naïvement, que ça pouvait être vrai.

La vérité, c'est que pendant l'audition, celle de toute ma vie, j'me suis planté. La vérité, c'est que j'ai pas été créer pour résister ; juste planter. Toujours, éternellement, planter. J'suis fait pour échouer, tout ruiner. Ma vie, et puis la tienne aussi.

dans les ténèbres, la lumière.


Comme à mon instrument, la corde de ma vie s'est fendue ; j'ai chuté, là, lamentable. On se plonge dans les ténèbres, bien souvent, pour ne plus voir le reflet de nos traits. Le visage de la honte, là, qui est nôtre. J'ai essayé, j'crois bien. Oui, j'ai essayé de continuer ; j'me suis dit, un instant, que j'pouvais y arriver. Prendre un boulot pour quelques temps, le temps d'une année, et puis essayer de nouveau, la suivante ; j'ai jamais eu les couilles de dire à maman que je m'étais planté. J'ai menti, lamentable, et puis j'avais des félicitations sur facebook, à la suite de ça. Parce que j'étais à la Juilliard. J'ai commencé à fumer, un peu, le rire jaune, amer, lourd, au travers de la gorge, pour ne pas penser à quel point j'étais lamentable. Juste un peu, assez pour ne pas être drogué, pour ne pas tomber, pour être capable de continuer. Mais le travail, c'était un enfer, et le monde, c'était la douleur. Alors, les choses se sont compliquées. C'était quelque chose de beau, de bien pourtant ; y'avait des trous, ouais, dans mes veines, la mort à chaque seringue, un néant après chaque snif, mais c'était quelque chose de beau. Parce que mine de rien, c'est là que t'es apparu. J'sais plus trop où, en fait ; p'être dans un squat, chez un pote ou alors dans une ruelle, à chercher un dealer. Mais t'es apparu, putain, Ange. T'avais des trous énormes dans les bras et puis la folie dans les yeux, et pourtant, j'crois que j'y ai vu un truc beau. Je sais pas quoi ; certainement pas l'présent, en tous cas, parce qu'il a rien d'beau. On était dans une merde profonde et on y était deux, et c'p'être pour ça qu'on s'est mis à parler, au final. Les poches trouées, les couilles trop pleines, la tête pleine de rêves, on a pillé le monde pour pouvoir de payer un peu de rêve, ensemble, et puis on a plané, là, les bras troués, ensanglantés, pour oublier. On a souri, ensemble, et puis on a continué. On s'était fait partenaire, juste comme ça, un peu étrangement, pour être deux au lieu d'un. Et pourtant, j'étais toujours l'gars à être un, malgré la foule, autour, et les rires, échos, dans mon coeur. J'ai jamais réellement été capable de m'attacher à quique ce soit, avant toi, et puis tu t'es pointé. T'as jamais su viser, avec tes foutus seringues rouillées; peut-être, qui sait, que tu me l'as planté, un peu comme ce cupidon à la con, avec ses flèches de merde. Peut-être, ouais, qui sait. Elle aussi, elle m'a poignardé. Pas comme toi , non ; elle y est allée avec un certain doigté, une douce cruauté. Elle était poison dans mes veines, cette beauté, quelque chose que je pouvais toucher, qu'importe si je finissais par me buter ; putain, j'l'ai aimé. Fort et à en creuser, pour snifler mes lignes de coke entre ses seins, entre deux baisers, entre deux baises. Pour me noyer dans ses yeux bleus, comme un con, et pas voir la soeur qui s'était ramenée, pour encore tout ruiner. La soeur, Alma, qui s'est pointée, là, et qui t'a kidnappé. La rage qui est née, là, sans pouvoir être contrôlée ; tu te souviens, Ange, le sourire, sur mes lèvres ? Les félicitions un peu cons, la ligne de coke, un peu longue. Et puis la mort, là, dans mon coeur. Tu sais, ce soir là, j'ai baisé Birdy à la défoncer, elle en a crié à défoncer les murs, et puis on a recommencé. Parce que ça voulait pas partir, la colère, la rage, là, dans mes veines. Ça voulait pas partir, tout bonnement. J'ai déposé un baiser, léger et tendre, sur ses lèvres, pour me faire pardonner. Et puis, le temps, il est passé. T'as baisé ma soeur, t'as continué, elle a apprécié. Elle est tombée amoureuse, la conne ; j'ai souvent eu envie de la flinguer. Birdy, elle avait sa petite haine envers Alma, tu sais ; j'l'aimais toujours un peu plus, à cause de ça, pour chaque insulte, pour chaque poignard qu'elle lui plantait, dans l'dos. L'temps est passé, et puis les seringues, les snifs, elles se sont multipliés, alors que les années ont défilés. Et puis j'ai eu droit à un « j'attends un bébé » qui a tout changé. J't'ai oublié, un moment, juste assez pour m'imaginer grand, pour me voir changer. Et puis voilà ; j'ai foutu l'camp en désintox, pour être un grand. Pour être le père d'un enfant.  

 toi, tendre chaleur.  


24 janvier 2013.

C'est un peu le bordel dans ma tête présentement, mon gars. À être enfermé en compagnie d'autres camés qui essaient de se sauver, on est pas trop porté à discuter. On a souvent envie de se sauter à la gueule, en fait. T'sais, cette impression au fond des veines, celle qui nous prend par les tripes et qui nous fait croire que l'autre mec, il a une dose bien cachée sur lui, et qu'il est pas là pour partager. Ouais, celle là ; bah elle est toujours là, mon gars. Toujours là, au travers de chaque putain de regards échangés. C'p'être ça, au final, chercher à guérir, à aller mieux. Affronter la putain de douleur, celle qui nous ronge de l'intérieur. T'sais, Ange, avoir eu assez de fric, je t'aurais p'être traîné ici avec moi. J'y ai pensé, t'sais, mon gars. Mais c'était pas trop une bonne idée. T'aurais chialé comme un bébé, j'crois. J'aurais demandé à sortir avec toi, après deux jours à peine, juste parce que j'aurais été incapable de m'passer d'toi, d'te voir comme ça. Tu m'en veux, mon gars ? Surement, ouais. Ça fait quoi ? Deux ans,  trois ans maintenant ? J'ai pas compter. Le temps, il a défilé à une putain de vitesse, au même rythme que nos coeurs déchaînés. Il est à bout de souffle, maintenant, le temps, et j'ai l'impression qu'il va trop lentement. Que tout va trop lentement, en fait. Et ça fait peur, un peu. J'arrive à entendre chaque battement de mon coeur ;  ça fait peur, le soir, quand j'suis dans mon lit. J'entends plus l'coeur de ma copine, là, contre moi, et puis celui du môme, dans son ventre. Le monde est un peu trop vide, t'sais, sans la came. Il est vide et calme, comme après une putain de tornade, une tempête qui a tout ravagée, sur son passage. Tu peux aller prendre de ses nouvelles, d'ailleurs, de ma belle ? Elle avait les boules, j'crois. À cause du môme, du fric, et puis tout ça. Elle capte pas, je crois, que j'ai envie de tout ça. Que j'ai envie d'un truc à nous, à moi, et que j'ai assez de couilles, en tous cas, j'crois, pour m'occuper d'eux comme il faut. Que j'suis là pour eux, tu vois ? Que j'me sens prêt, je crois, à traverser la galère, cette putain de galère, et puis à être un homme, enfin. Elle m'a donné le courage, je crois, cette beauté. Le courage de grandir et puis d'avancer, d'être un peu moins caché derrière les illusions et puis d'accepter que oui, y'a quelques années, j'me suis lamentable planté. J'ai passé assez d'temps contre le sol, je crois. Ça suffit, d'pleurer, c'est enfin l'temps de se relever, et puis d'avancer. D'avancer et d'accepter qu'on est tous menés à échouer, mais qu'on peut aussi s'relever et continuer. Enfin, je crois. Je sais plus trop, présentement. Parfois, j'ai l'impression d'être clean, d'être présent et heureux, et puis trente minutes plus tard, j'ai froid, j'ai les dents qui claquent et le corps qui m'fait la guerre. J'ai le cœur qui essaie de courir de nouveau et la tête qui veut pas suivre. J'ai le cœur qui hurle et mon corps qui réclame la came, fort, trop fort, toujours trop fort. C'est pas joli à voir. Ça me rappelle les meufs, tu sais, dans les squats, celles qui avaient pas assez de frics et qu'au final, pour plus entendre les cris, elles allaient faire des pipes aux dealers. On les trouvait bien pathétique. Par contre là, maintenant, quand ça m'prend, j'peux te dire que j'en ferais des pipes, pour une putain de ligne. J'serais même prêt à avaler, je crois. Et puis j'me rappelle la gueule de ta bite, et j'me dis que non, ça serait bien trop dégoûtant, haha. Enfin bref, c'est assez compliqué, ici. Un paradis et un enfer à la fois, tu vois ? À chaque foutu pas, tu sais pas où tu te retrouveras. C'est un peu la galère, mais en même temps, ça fait du bien, je crois. C'était le bon choix, tu vois ? Venir ici, et puis tenter de recommencer. Tout effacer, d'un coup, brusquement, et puis vivre de nouveau. J'garde deux trois trucs, pourtant ; ma belle, le môme, la sœur et puis toi. Parce que ça sert à rien d'avancer, je crois, sans vous. Vous êtes un peu mon monde, je crois. Un p'tit point de repère, une connerie comme ça. J'sais plus comment le psy a appeler ça, la dernière fois. Un mur ? Un pilier ? Ouais, un pilier, je crois. Vous êtes mes piliers, les gars. Sans vous, j'crois que j'serais déjà bas. P'être que oui, on s'est enfoncé dans la merde et la drogue ensemble, qu'on était bas, putain, si bas, mais au moins, c'était beau, et puis, c'était pas le fond. On a toujours laissé d'la place pour l'échelle, pour retrouver la surface, je crois. J'espère juste, au fond, que tu crois pas que j't'ai laissé en bas. Que j't'ai abandonné et que j'ai remonté l'échelle. Elle est toujours là, mon gars. J'suis même pas en haut encore, de toute manière. J'suis coincé entre les deux, présentement, et j'crois que ça sera comme ça pendant un bon moment. Alors t'inquiètes pas, mon gars. Si t'as envie de monter, p'être qu'à un moment, tu vas me rattraper. De toute manière, j'vais clairement rester une petite éternité sur cette échelle, avant d'atteindre le haut. Y'a trop de lumières, de toute manière, tout là-haut. Tout ça pour dire, j'suis là, mon gars. Et j'espère que, bah, tu creuses pas, tout en bas.

Le cleb.

les pauvres paumés.


Pathétique. Il y a la lamentation et les pleurs, là, qui ne cessent de longer mon être. Silence radio ; il n'y a plus rien, de l'autre côté.  T'étais pas là, Ange  ; j'ai essayer d'appeler, t'as jamais décrocher, et Alma, elle voulait même pas m'laisser passer la foutue porte. Le bébé, il n'est pas là. Parti ; elle s'en est débarrassée, Birdy. Elle a pas cru, non, en moi. Les cris, alors, ils ont surgis. On a toujours été doué pour ça de toute manière, crier, que ce soit au lit ou autre part, oui. Alors, on a crié à se buter, et puis elle l'a balancé, là, brusquement. « black. il était black, le bébé. » T'as été trompé, espèce de pd. trompé.  La porte, je l'ai claqué. J'ai voulu m'effacer, j'ai rêvé d'une ligne à aspirer, d'une seringue dans mes veines, mais le monde, il avait changé. J'avais changé ; c'était interdit, brusquement, de reculer. La vie ou la mort ; j'avais choisi la vie. La vie, oui. Le coeur, il est brisé, et puis bien abîmé. Il est pas assez fort, non, pour supporter. Pour supporter les trahisons et la maladie, la petite faiblesse, là, qui aurait pu tout faire arrêter. La drogue, je peux plus, non, y toucher. Les yeux, je pouvais plus, non, les garder fermés. Alors, j'ai été oublié d'avancer, là, dans les rues, la rage trop forte, et puis de toquer à votre porte. Le petit paradis bien pourri d'Alma et Ange, heureux en ménage depuis trois belles années. On dirait presque dit un épisode de feuilleton télé, putain. Et la rage, la colère, dans mes veines, ils ont pas cessés, non, de monter. Parce que le manque, c'était une griffure qui se terminait jamais, qui ne cesse jamais, et puis que t'étais là. T'étais là, encore plus bas que terre, avec des merdes qui s'imaginaient rois, et puis que c'était le monde à l'envers. Que y'avait plus tes prunelles, parfaites, trop bleus, cherchant les miens, mais plutôt les miennes, vides, un peu paniquées, qui cherchaient un point de repère. Et toi, qui m'faisais un doigt d'honneur. J'avais abandonné la drogue, j't'avais abandonné aussi. T'étais paumé, sans moi. T'as toujours été là à le crier, même avant que les meufs se ramènent. J'vais te dire un truc, Ange ; j'suis pire que paumé, moi, sans toi.

C'est fou, mine de rien, le nombre de fois, là, qu'on s'est retrouvé à gueuler. À gueuler comme des enragés, que j'ai voulu foutre le camp, enfoncer une seringue pleine, dans mes veines, pour te retrouver. Pour retourner dans l'passé. Comme si, la vie, c'était aussi facile. Comme si c'était que comme ça, au fond, qu'on pouvait se comprendre, se retrouver.

les cris du coeur


Un matin, elle était plus là. Un voyage entre amis, quelque chose comme ça. Pas de mots, pas de date de retour ; juste toi et moi. Peut-être que ça aurait pas dû, non, être comme ça. Parce qu'on était seul, enfin, pour la première fois depuis si longtemps. Parce que y'avait trop de chance, de possibilité, oui, qu'on croise le regard de l'autre. On était bon qu'à gueuler, et maintenant encore, ouais, et ça a fini par éclater. Les coups, les larmes aussi, parfois, et puis ça. J'arrive pas à comprendre encore c'est quoi, mais si ça fait des années, au fond, que ça me bouffe, en dedans. L'monde, le mien, qui semble tourner pour toi. Toi, petite merde, débris de ma vie, coeur de mon monde. T'es un idiot, tu sais, Ange ? On est des idiots, ouais. Parce qu'on est là, à gueuler, à se crier « fous le camp » « j'vais partir » Pour au final, se supplier. Se mettre à genou et puis chialer, là, comme des bébés, parce qu'on arrive pas, putain, à s'en passer. Des cris, des non-dits, aussi. De ce ramassis de connerie qui nous décrit. J'me souviens, ouais, de cette journée. De cette putain de journée, ouais. Alma, elle était plus là depuis un moment, une semaine, peut-être deux ou alors trois, qui sait. Et on était encore là, à gueuler, prêts à se buter. Et j'étais encore là, à hurler, à te chercher et puis à faire mon sac. Putain, j'sais pas combien d'fois, au final, j'ai bien pu l'faire, ce putain de sac là. Comme s'il avait tout, en lui, mes sentiments pour toi et puis la merde qu'est ma vie, oui. 'fin, j'étais prêt à partir, quoi, encore une fois, et puis j'avais l'sac, entre les doigts, la porte, en face de toi. Et toi, t'avais ça. Un putain de revolver. T'sais, quand j't'ai vu comme ça, avec ce gros truc entre tes doigts, là, pointé sur moi, j'ai eu peur pour toi. Parce que t'es fragile, putain, tu trembles sous l'vent, et puis tu tenais ça ; putain, j'avais peur que tu te fasse mal, Ange, mais y'avait la colère. Et puis l'rire amer, aussi, entre mes lèvres. Le rire qui m'a pris, là, brusquement, et puis les pas qui se sont faits d'eux-même. La folie, au fond d'mes prunelles, quand j'me suis emparé du flingue. Pour pas que tu te fasse mal, mais surtout, pour jouer avec la vie, pour te profiter, t'entendre crier, encore, plus fort, pour moi. P'être bien que ça m'faisait bien bander, tu sais. Ouais, p'être bien. N'empêche que l'flingue, je l'ai collé contre ma tempe. « c'ça que t'veux ? une balle dans mon putain d'crâne ? » T'as pas gueulé ;  t'étais muet, ouais, incapable de bouger. « HEIN ? » Et puis j'ai gueulé, là, comme un enragé, et les larmes, elles sont arrivées. « j'devrais p'être le faire. comme ça, j'aurais plus ton indifférent. comme ça, tu joueras plus avec ma putain de tête, merde ! » T'as gueulé un truc, j'sais pas trop quoi, j'me rappelle plus ; un truc un peu con, surement, maladroit, certainement, plein de sentiments, quoi.

Le flingue, il était vide, au final. Parce que, au moment où il a tombé au sol, aucune balle en est sortie. 'fin, j'ai pas entendu quoique ce soit, en tous cas, mais c'p'être bien parce que ma langue, elle était enfoncée dans ta bouche, et puis qu'ma main, elle était enfoncée dans ton pantalon, dans ton slip, putain, pour te branler. Parce qu'on a toujours été des affamés, des bêtes incontrôlables, ouais, toujours prêt à s'balancer sur un putain d'bout d'viande. L'truc, t'sais, c'est que l'seul bout d'viande qui m'plait réellement, ça doit être toi, malgré l'fait qu'tu dois bien être empoisonné.

Ça s'est arrêté brusquement, certainement à cause du singe, ouais, qui avait fait tombé un truc. On a pas échangé un mot, encore moins un regard. C'tait la mort, le silence angoissant, autour, pendant quelques jours. Et puis on s'est r'mis à gueuler, encore, comme si rien d'tout ça était arrivé. Juste comme ça. On a joué les amnésiques, pour pas y penser. Que t'avais embrassé l'frère de ta copine. Que j'avais embrassé l'copain d'ma soeur. Qu'encore une fois, elle avait tout, et j'avais rien, putain. On aurait pu continuer comme ça longtemps, j'crois. Chien et chat. ou la souris, je sais pas. P'être bien qu'on était les trois.

Mais Alma, elle est revenue. Et puis elle aussi, elle s'est mise à crier ; sauf qu'elle, bah, elle savait pas crier comme nous. Elle a jamais eu l'don, pour ça. Et elle gueulait des trucs chiants, des trucs que j'supportais pas. Toi aussi, Ange, tu supportais pas ? Qu'elle disait ça, que fallait que j'foute le camp, que j'devais m'trouver un appartement, et puis plus t'voir la gueule. Comme si elle avait capté, ouais, que y'avait un truc. Un truc entre toi et moi, un j'sais pas quoi. P'être qu'elle l'avait capté d'puis l'début, qui sait  ; après tout, comme j'ai dit, elle a toujours eu la manie d'vouloir voler mes trucs.

soulagement morbide


J'ai p'être toujours été une bête féroce, au fond. Un enragé d'la société, quelque chose qu'on peut pas contrôler. J'sais pas encore pourquoi j'ai fait ça, mais dire que j'regrette ? Non, j'crois pas. Parce que y'a plus personne, maintenant, entre toi et moi. P'être bien, oui, que l'acte était pas prémédité ; non, j'comptais pas buter ma soeur. Mais c'est arrivé. Brusquement, comme ça, sans préavis. Un peu trop vivement, ouais. Mais elle gueulait des trucs, tu vois, des trucs à propos d'toi, de nous, de tout ça. Elle parlait en mal, merde, d'un truc qui est beau. Y'a que toi et moi, pour détruire tout c'qu'on a. Les autres, ils ont rien à voir là-dedans. Alors, je l'ai poussé brusquement. Un peu brusquement, ouais, au milieu de l'appartement. Et elle a manqué le pas, juste comme ça ; le bruit, il a fait fracas, à nos oreilles, quand l'arrière de sa tête, il a rencontré l'bord du comptoir. Y'a un truc qui s'est cassé, en  moi ; p'être le dernier attache que j'pouvais bien avoir, avec la famille. Faut dire, j'ai jamais été quelqu'un de très...famille. Y'a toujours eu la foule, autour, et puis le vide, au creux d'mon coeur. Qu'une place, ouais, et elle est prise. Elle est pourrie.

N'empêche. Elle était morte. Alma, je l'avais buté. J'pouvais pas rester, j'pouvais pas rester et puis risquer d'te foutre dans la merde. La scène, l'éternelle, elle a recommencé. Moi au milieu du salon, alors que tu gueulais, là, comme un con, alors que j'tremblais comme une merde, avec le coeur tempête, bordel. Mes doigts trop tremblants, incapable de foutre les vêtements dans l'putain d'sac. Le coeur au bord des lèvres, une putain envie d't'embrasser, au fond des tripes. Tes cris, bordel, trop fort, que j'comprenais pas. L'corps dans ma soeur, morte, dans la cuisine. « j'fous l'camp » J'pouvais pas, non, rester ici, supporter les flics, être de nouveau enfermé quelque part, sans pouvoir fuir, cette fois. J'devais foutre le camp, mais toi, tu captais pas. Tu voulais pas, non, alors que ta putain de copine, elle était blanche, froide, contre le sol. Mais moins froide que ta peau, t'sais. J'avais l'coeur à l'envers, prêt à m'balancer dans l'fleuve, si ça pouvait t'empêcher d'voir des merdes, à cause de moi. Mais tu m'laisse jamais faire ; c'coup là aussi, t'as tout stoppé. Brusquement, là, en prenant le sac, entre mes mains. « T'es qu'un putain d'enfoiré d'lâche. Tu penses qu'à toi. On va pas laisser Alma pourrir dans la cuisine et j'compte encore moins te laisser m'abandonner encore une fois. Alors maintenant, tu t'bouges, on s'occupe d'elle et puis on voit après c'qu'on fait de nous. T'es qu'une merde Cleb mais j'vais pas te laisser comme ça, non, j'suis pas un crevard, moi. Aide moi à la virer d'ici. On aura disparu avant que les flics s'doutent d'un truc. Okay ? ça va aller, mais m'oblige pas à te supplier, fais pas l'con. » J'ai levé les yeux ; c'peut-être la première fois qu'nos regards se sont croisés, d'puis l'baiser et puis ma main contre ta bite. Y'avait un écho d'larmes, un putain d'lac qui commençait à prendre place, et putain, ça m'a tué. Ça m'a tué, tu sais ? D'te voir comme ça  ; j'peux buter ma soeur, pas pleurer, mais te voir comme ça... j'déteste quand tu fais ça, Ange. Surtout à cause de moi.

Alors, on a fait c'que t'as dit. J'ai hoché d'la tête, j'ai juré un peu, beaucoup ouais, et puis on a foutu l'corps à l'eau, comme des pourris, avant d'foutre le camp. Parce que j'pouvais pas rester, et que toi, tu pouvais pas m'abandonner. On a dû abandonner ton singe, putain. Il était là, au milieu du parc, avec ses grands yeux globuleux. J'lui ai foutu ma casquette sur la tête, j'me souviens, parce qu'il aimait bien, ouais, y faire ses dents, et puis, on a foutu le camp. J'ai pas r'garder derrière ; j'crois que j'serais retourné sur mes pas, ouais, si j'l'avais fait. J'l'aimais, tu sais, ton foutu singe. Malgré ses crises à sept heures du matin et puis sa putain d'manie d'foutre mes slips, sur sa tête. J'espère qu'ils l'ont foutu dans un zoo et qu'il monte une jolie singette plusieurs fois par jour ; il mérite un p'tit bonheur, malgré son caractère de merde.

Et puis, on a pris l'avion. Comme ça, sans un mot. On a foutu l'camp à l'aéroport, on a dit l'fric qu'on avait à la meuf, et puis on a pris les billets. Le brésil, qu'on a choisi. Parce que c'était chaud, un peu loin, inconnu, surtout. C'était con, ouais, parce qu'on a failli crever de faim, à chercher un endroit où rester, de quoi à bouffer, et puis à dormir dans la rue. Et puis y'a eu ce mec, à Barreirinhas. Le mec plein d'promesses, le grand connard, ouais, qui nous a traîné ici. Et maintenant, et bah, on peut plus, nan, s'enfuir. On a trouvé notre cage, Ange, j'crois bien. L'mieux, maintenant, ça s'rait que tu m'parles de nouveau, ouais.



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