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OTHELLO - Got my boys in the water.

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(#) Dim 27 Sep 2015 - 18:36
othello milazzo

âme égarée
Héritage Infortuné ♆ Milazzo Appellation aux Origines Contrôlées ♆ Othello. C'était mieux avant ♆ 26 ans. Première Bouffée d'air ♆ 16 Août 1989, Londres. Papa et Maman ♆ Ces bâtards sont Italiens Dans mon lit ♆ Des garçons, des femmes.  Degré de solitude ♆ Célibataire. Tromper l'ennui ♆ Des missions pour la mafia. Sa relation avec Blanche et son pouvoir font de lui un outil de choix pour la mafia. Idolâtrie ♆ Athéiste. Tombé dans le trou à rat ♆ Deux ans. La nouvelle famille ♆ Les Traînées.

   

au-delà des dunes
Joli prénom ♆ Michel.   Pseudo pas beau ♆ Chris. Nombre d'hivers endurés ♆ 19 ans. Pierre précieuse préférée ♆ Les cailloux, c'est laid.  Compagnie de voyage ♆ bazzart. Mot doux ♆ doux jésus, sainte Marie. Degré d'addiction ♆ Souvent, très souvent. Sésame ouvres-toi ♆ Enfermons-nous mélancoliques. Tête de cochon ♆ Josef Salvat. TYPE DE PERSONNAGE ♆ Inventé. Remerciements ♆ tout sort de moi. Mot d'amour en plus ♆ MAIS C'EST OUFFISSIME ICI.
Alone, I often fall down into nothingness. I must push my foot stealthily lest I should fall off the edge of the world into nothingness. I have to bang my head against some hard door to call myself back to the body. ▲ Virginia WOOLF, the waves
the waves
« Othello, tu penses que ça sera toujours comme ça ? Ta main dans ma main, tes yeux sur mon corps, ce sentiment qui envahit mon être lorsque je te regarde ? Tu crois que ça peut durer ? Que ces battements qui s'intensifient dans ma cage-thoracique dès que tu approches vont continuer à chauffer mon esprit ? Tu penses qu'on sera heureux ? Tu penses qu'on réussira à être heureux ? »
« Ne sois pas si morne, Orlando ! Qu'est-ce qui pourrait changer ce qu'on a ? Tout est mouvement, tout est violence autours de nous. J'ai toujours vécu dans la peur, frémissant dès que je mettais un pied à l'extérieur. Mais toi, t'es là, t'es constant, je sens ta chaleur, je suis touché par ta beauté. On est dans une capsule, hors de tout, hors du monde. Alors oui, Orlando, je pense que ça sera toujours comme ça. Lorsque tu poses tes lèvres contre les miennes, il m'est impossible de penser le contraire. »
« Je t'aime. J'ai toujours trébuché en prononçant ces mots, j'ai toujours fini blessé, heurté, brisé. Mais c'est si facile de les envoyer dans ta direction. Il m'a été si difficile de comprendre ces clichés amoureux, ces images archétypiques de la passion. Maintenant je comprends, je comprends pourquoi ces représentations sont toujours les mêmes : parce qu'elles sont réelles. Parfois je me sens naïf, enfantin – mais mes défauts sont comme sublimés sous la pression de tes doigts. Je t'aime, Othello. »
« On a tellement de choses à vivre, tellement de choses à écrire. On a tellement de sourires, de larmes. Je prends tout. Je prends tes cris, tes baisers, je prends tes bras, tes lèvres. Lorsqu'elles murmurent mon prénom, j'ai l'impression d'être baptisé, de comprendre ce qu'un cœur croyant contient. Tu es ma bible, mon air, tu es ma journée de travail, mon week-end posé devant Big Brother. T'es le ciel, la terre, t'es l'électricité. T'es partout, dans tous les atomes, tout est constitué de toi. Alors oui, ça sera toujours ma main dans ta main, mes yeux sur ton corps, ce sentiment qui te prend lorsque je te regarde. Je ne peux être qu'heureux dans un monde sur lequel tu as laissé ton emprunte. »

   

   
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(#) Dim 27 Sep 2015 - 18:39
The Waves

l'étrange
« PROJECTION » : Ayant développé son pouvoir il y a seulement deux ans, Othello ne parvient pas encore à le contrôler totalement. Prenons un exemple concret. Othello est couché, sur ce lit, il semble endormi. Ses bras sont parfaitement détendus, sa respiration est faible, douce, calme – suffisante. Il prend sur lui, tente de vider son âme de sa noirceur, ses organes de leur énergie malsaine. Une projection apparaît – elle a l'apparence d'Othello, si ce n'est pour sa moue boudeuse. Elle est semi-tangible, sa matière est différente de celle de son hôte. Elle bouge, rapidement, astucieusement, contrôlée par Othello qui est toujours couché dans le lit. La projection – cet hologramme matériel – se dirige vers la porte, l'ouvre. Dans le salon, il y a un paquet de cigarette. Elle s'en empare, allume une cigarette et sort de l'appartement. Dans la chambre, Othello transpire. Plus la projection s'éloigne, plus il respire fort. Soudain, une seconde projection apparaît devant le lit. Celle-ci est souriante, apparence inhabituelle pour Othello. Les yeux de celui-ci s'agitent sous ses paupières. La projection sort de la chambre, Othello l'envoie dans le bar du coin, où il est attendu par Blanche. Lorsqu'elle pénètre dans l'établissement, Blanche sourit « Fuck, Othello, d'you think I can't see it when you're not yourself ? ». Blanche le connaît trop bien, elle gifle la projection et celle-ci disparaît. À l'extérieur de l'immeuble, il y a de l'agitation, des hommes ivres se battent et l'autre projection se retrouve au milieu de ce No Man's Land alcoolisé. Un coup et elle disparaît. Othello se réveille.
(c) CHRIS*


São Poeira
« J'ai fais des erreurs. J'ai passé ma vie à faire des erreurs. J'suis un camé, une merde qui a besoin de substance pour oublier son spleen. J'fais comme si j'étais juste mélancolique, mais je suis mort. Je suis mort au moment où on m'a tiré à l'intérieur de ce trou. J'ai passé deux ans sur la route, à travers les villes, à travers les hommes, à travers les femmes. On se déboîtait la gueule avec Judith, on avait de la thune, on avait envie de voir le monde – vivre comme ces mecs de la Beat Generation, être vivant. Une erreur de plus, une erreur, un connard et ce rêve, cette idylle, s'est effacé devant mes yeux. On a été pris en stop par un un couple intense. On était heureux, on s'était jamais autant défoncé. Puis ils sont partis, ils ont pris Judith – je l'entends encore hurler mon nom – m'ont poussé du camion. Le mec m'a décalqué la gueule à coups de pieds et m'a laissé pour mort. Blanche m'a trouvé, m'a emmené dans cette putain de ville. Je passe mes journées à mourir un peu plus, elle a constamment ses yeux posés sur moi, j'peux même pas me suicider. Je hais cette putain de ville. J'baise, je frappe, je tue, ça fait passer le temps. J'suis arrivé en enfer bien avant d'entrer ici, autant profiter – ici, tous les interdits sont permis. Alors j'vis, j'suis un automate, j'suis corps décharné au milieu de la puanteur. Ça aurait pu être pire. J'suis peut-être le sbire de Blanche, mais ça m'assure de jamais crever de faim, de jamais puer comme les gars qu'on voit dans la rue, j'peux me défoncer le crâne sans jamais me demander si je pourrais le faire demain. »
   
(c) CHRIS

For this moment, this one moment, we are together. I press you to me. Come, pain, feed on me. Bury your fangs in my flesh. Tear me asunder. I sob, I sob.▲ Virginia WOOLF, the waves
bedtime stories

I - Mohn
« You're a sad guy – – – you seem – – sad, » dit Mohn en souriant. Elle regarde Othello et le dissèque. La psychologie est  fascinante. Elle avait toujours été observatrice, s'attardant sur le mouvement des feuilles sèches en Automne, sur la symphonie binaire des vagues lorsque, un joint dans sa bouche, elle tergiversait au pied du phare. La psychologie est fascinante. Elle s'était toujours concentrée sur l'inanimé, créait ses propres théories sur la Nature et son mécanisme. L'Homme est lui aussi un être naturel, mais on le place sur un piédestal. Le concept de Nature est une automutilation pour l'Homme ; impliquant constamment la question du Créateur et plongeant l’Athéiste dans l'embarras. Elle regarde Othello, le dissèque et entend le rythme binaire de la vague. Elle regarde Othello, s’embarrasse de ses lèvres automnales, puis voit la vague s'écraser contre les galets. C'est un mec triste. Elle a senti cette tristesse lorsqu'il a plongé ses doigts contre son dos, l'urgence avec laquelle il baisé son cou. Elle l'a laissé parcourir ses boucles dorées ; jardin dans lequel il s'est égaré. C'est dans ses yeux ; ces yeux qui brillent. C'est un mec triste, mais l'éclat larmoyant de ses prunelles suggère le drame. La psychologie est fascinante et elle à l'impression de plonger son bistouri intellectuel trop profondément dans l'encéphale de ce mec qui vient de jouir. Certains pleurent après l'orgasme – – Othello pleurait déjà ; il pleurait bien avant d'entrer dans cette chambre.
« I'm just moved, » dit Othello. Il regarde Mohn et la dissèque. Il sent la beauté dans ses entrailles comme une lumière. L'Humain est beau, pense-t-il. Il a toujours été touché par la beauté, d'une façon ou d'une autre. L'esthétisme, dans son sens contemporain et sans conceptualisation philosophique, fait briller ses viscères. Ses yeux se perdent sur son corps nu, cette peau d'un blanc immaculé. En posant sa main contre sa cuisse, il ne parvient à douter de l'existence du Divin. Il se nourrit de ses lèvres, fait une curée de son âme providentielle. Au diable les Bibles, les écrits Saints sont inscrits sur sa poitrine. C'est en murmurant un baiser contre sa nuque qu'il prie. Son aura Olympienne se répercute dans ses pupilles — elles brillent. Othello garde les lèvres closes, sa parole serait profane. Sonoriser la plénitude serait un acte de mécréant. Il pense que l'Homme parle trop, que la discorde provient de ces cordes vocales qui se tordent pour alphabétiser la futilité. L'esprit s'exprime, hurle, comme des vagues répétant continuellement leur mouvement. Les vents métamorphoses les ondes, violentes lorsqu'un éclair vient frapper l'immensité bleue, presque imperceptible lorsque les feuilles du peuplier sont immobiles sur la terrasse du jardin. Ces vagues-là sont douces et crépusculaires, soumises à une brise tentatrice. Les Hommes parlent trop.
« You've got a tragic story, » dit Mohn. Les mains qu'il pose contre sa peau sont comme des assonances plaintives dans un poème de Ronsard. Ils se sont unis dans ces draps et elle à l'impression de posséder la Toute-Connaissance. Elle interprète et altère. Othello n'est pas un être tangible ; sa tristesse, seule, est palpable. Il n'est qu'une enveloppe, une cage de chair renfermant le plus terrible des maux de Pandore. Elle lui mord la lèvre comme pour inciser la chair et laisser le pêcher se répandre dans leur cercueil nuptial. Le maux est une ronce autours de sa cheville ; elle est enchaînée au sommier mais souhaite mordre plus fort. C'est en mêlant sa langue à la sienne qu'elle a signé son contrat Méphistophélique ; en laissant les passions incendier son intellect. La psychologie est fascinante. Elle est le psychanalyste hystérique – – lui l'homme sur le divan. Elle entend Freud ricaner ; puis il brûle.
« My story's pretty basic, » dit Othello. Il se cramponne aux draps et perce la blonde. Les vagues ne sont jamais vraiment passé, ni réellement futur. Ses vagues à lui sont un éternel recommencement. Ses questions sont mélodieusement stupides – la bêtise est camouflée par la hauteur de sa voix. L'Homme parle trop ; définitivement trop lorsqu'il dégueule son passé. Othello la dissèque, la regarde – ses oreilles sont trop frêles pour cela. Le passé est-il un indicateur suffisant dans la forge de l'être Humain ? Les naturalistes se frottent les mains et Othello crache sur eux. Le passé c'est de la merde, juste une entité malsaine qu'on prostitue devant les yeux des innocents. Elle ne veut pas connaître son passé. Elle feint l'intérêt pour pouvoir jouir encore – mais Othello la dissèque et c'est elle qui se retrouve sur le divan.
« I see pain in your eyes ; pain so intense that's it's hurting mine, » dit Mohn. Elle regarde Othello et souffre son passé. Les échos des rumeurs se répercutent encore dans ses oreilles curieuses. Elle l'avait croisé au détours d'une ruelle, avait arrangé sa frange lorsqu'il était passé à côté d'elle. Il avait jeté son regard dans son décolleté et elle s'était envolée. Le Big Ben avait sonné dès qu'il fût passé et elle avait pleuré de ne jamais plus le revoir. Puis elle s'était perdue dans la fumée d'un bar, avait dansé avec les lumières, était devenue cadavre puis nymphe et il était là. « I heard this guy is a real psycho, » lui avait murmuré Rhoda à l'oreille. « Anyone with the name of some Shakespeare character must be a real psycho, but this one, I swear, he's worse. I heard he's been raped by both his parents and he turned craaaa-zey. But hey, cheer up, I hear trauma makes the good fucker. » Elle souffrait son passé mais elle était une perverse en embuscade, voulait toujours en savoir plus, voulait satisfaire la rumeur qui exaltait son estomac. Elle s'était révoltée des propos de Rhoda, mais sa dernière assertion trouvait sa vérité dans l'orgasme qui répandait encore la lumière dans son corps.
« It's not because I'm called Othello that you've got to talk to me using the speech of a fucking martyr. Grow up, life's not a play, » dit Othello. Elle avait probablement cinq ans de plus que lui, mais le discours moralisateur n'a pas d'âge. Le Big Ben frappe et propulse ses ondes dans la chambre. L'instant est volatile, c'est une tourterelle qui prend son envol pour se faire dégommer par un frisbee à Hyde Park. C'est déjà le passé. Le futur n'est qu'anticipation – rien n'est réellement futur. Seule la seconde est présente, cette infime particule de vie qui se jette en cascade pour rejoindre les précédentes – – seule la seconde est présente et la seconde est mortifère.  Le passé est-il un indicateur suffisant dans la forge de l'être Humain ? L'Humain est passé ; jamais réellement présent. L'Humain est plus proche de ses morts que de ses héritiers. Ses morts qui murmurent encore des ballades Italiennes à son oreille sourde ; ses morts qu'il tuerait à nouveau s'il le fallait. Mais c'est deux qu'il était le plus proche. La pensée le bouleverse et il pose ses doigts contre les seins de la blonde ; la seconde ne sera plus mortifère.
« What changed you Othello ? » dit Mohn.
« Go fuck yourself, Lady MacBeth. » dit Othello.
L'onde est brutale ; puis l'onde n'est plus.

II - Orlando
« It's alright baby, stop cryin', » dit Orlando. Il n'avait jamais été de ceux qui sèchent les larmes, de ceux qui trouvent les mots pour réconforter des âmes en peine. Il n'avait jamais été de ceux qui tendent les bras, de ceux qui passent leur main sur des fronts fiévreux. Mais ces larmes-là, les perles qui coulaient des yeux d'Othello était trop insurmontables pour ne pas être anéanties. Il prendrait ces perles aqueuses dans ses paumes, s'imbiberait de ce chagrin pour le faire sien. Othello, O Othello, tu ne mérites pas de souffrir, pensa-t-il.
« I fucking can't, I'm gonna kill'em, they're gonna pay. » dit Othello. Le sang était encore sur ses mains poisseuses qu'il dissimulait derrière son dos. Ce sang ne lui appartenait pas, pourtant il était le sien. Il était hanté par cette vision ; cette dernière image qu'il posséderait de son frère. Big Ben sonna. Il sonna le deuil. Seule la seconde est présente, cette infime particule de vie qui se jette en cascade pour rejoindre les précédentes – – seule la seconde est présente et la seconde est mortifère. Tout est passé et le futur est anticipation. Mais le futur n'existe plus sans lui. Il n'avait jamais parlé, avait toujours enduré les horreurs sans les vocaliser, se contentant de taillader ses paumes au rasoir pour évacuer le maux. Le passé est enfermé dans ces cicatrices, expié, tailladé. Mais le passé ressurgit lorsque l'on pleure nos morts ; lorsque l'on pleure nos frères, nos jumeaux. Romeo n'était plus, défiguré par la folie de ses géniteurs – – Il était en paix, loin de la terre brûlée.
« It's okay sweetheart, I'm here now, let me take away your pain, » dit Orlando. Mais il ne savait pas. N'avais jamais su. La vie est une mascarade, un bal hypocrite – cette fille, à la robe ornée de diamants se fait gerber en coulisse. La vie c'est feindre le bonheur, chialer en silence en s'étouffant dans les draps. La vie c'est mentir et supporter le poids de la vérité contre nos cerveaux embués. Il avait remarqué les cicatrices – écartant la possibilité d'une douleur qu'il s'était lui-même infligé. Il avait vu les poches sous les yeux exténués d'Othello, avait vu les bleus sur ses bras frêle. Il avait tout vu, mais ne savait rien.
« I'm gonna kill them. They're gonna pay. They killed my brother Orlando ! » dit Othello. Ils n'est qu'un sujet grammatical imprécis, ils n'a pas de visage, ils est impersonnel. Mais ils sont présents, ces visages, ils explosent ses émotions et les propulsent en étoile le long de la Tamise. Ils sont même présents dans cette pièce, ils sont présents sur son lui, ils sont son physique. Ils l'ont forgé. Le passé c'est de la merde, juste une entité malsaine qu'on prostitue devant les yeux des innocents. Ils sont son passé, il ne les a jamais prostitué. Ils n'ont pas besoin de nom, ils sont des créatures, des immondices qui se nourrissent de la pureté, qui l'exterminent. Ils ont volé sa raison, l'ont rendu totalement fou. Orlando était sa boussole, son Est, son Ouest. Mais ils ont pris son frère ; la boussole est déboussolée. Othello a vingt et un ans – – Othello a enduré le poids de plusieurs vies. Othello n'est plus présent, ne sera jamais futur. Othello est perdu, noyé, noyé, noyé dans le sang sur ses mains, noyé dans les bras de son frère – – loin de la terre brûlée.
« Oh god. Oh fuck. Othello I'm so sorry. I don't know what to say. » dit Orlando.
« Fuck me, take away my pain, » dit Othello.
L'onde n'était plus. L'onde est brutale.

III - Maria & Jameson
« Life is weird. What are we doing ? What were we brought here for ? » dit Maria. Elle caresse d'une main le torse de Jameson, tire une latte du spliff avec l'autre. Ses yeux sont posés sur Othello, à l'autre bout du lit. Elle ne comprend pas comment elle s'est retrouvée ici, dans ce lit, aux côtés de ces deux hommes. L'un le partage avec elle quotidiennement, l'autre s'est emparé de leur intimité, a violé une limite qu'elle s'était jurée de ne jamais franchir. Mais cet homme, Othello, était en face d'elle – radieux. Il émanait de sa personne comme une lumière rouge, celle que l'on trouve dans ces studios de développement photographique. Il paraissait statique, comme gravé sur un bande qui révélerait ses contours seulement s'il était plongé dans le liquide. Il était l'ami de Jameson, sûrement l'un de ces hommes avec qui il faisait la tournée des bars lors de nuit esseulées. Elle avait écouté attentivement les propos de son compagnon, s'était abreuvé de cette histoire tragique qu'il lui avait soufflé à l'oreille. Ses yeux sont posés sur Othello ; elle contemple le drame. Elle contemple la mort, le péché. Elle contemple le maux mais ne dit mot. La lumière rouge est intense. Alors Maria s'approche d'Othello, dépose un baiser sur ses lèvres comme pour raviver un scintillement renié – elle désire être le filtre qui altère la lumière, le filtre par lequel passera une source de lumière primaire, celle qui a été arrachée à cet homme.
« Stop pretending you're a philosopher, Maria. » dit Jameson. Il récupère sa compagne et dépose quelques baisers sur sa poitrine. Derrière, Othello s'enfile une seringue dans le bras. La philosophie des junkies n'est pas à prendre en compte, il aimerait que Maria cesse de débattre incessamment alors qu'il reste de la coke sur son nez. Le sexe l'agite, la transforme, la fait parler – trop. Othello, lui, ne parle pas. Il ne parle jamais. C'est avec lui qu'il aurait dû faire famille, à ses côtés qu'il aurait été agréable de s'endormir, sur ses lèvres qu'il aurait été exaltant d'enfermer un baiser. Mais Othello ne regarde pas, Othello est ailleurs, il est un satellite en orbite, suivant toujours un axe sans avoir les pieds sur la terre ferme. Maria s'agite, se transforme. Elle rêvera, elle aussi, d'Othello.
« Would you stop acting like an old couple ? Come here you both, come here and kiss me. » dit Othello. Les mots de Maria tournent en boucle dans son crâne. Les mots de Maria sont les siens. La drogue coule dans ses veines, rendant ces questions d'autant plus dévastatrices. Que faisons-nous ? Ce qu'ils font n'est pas faire, ce qu'ils font est subir. Ce qu'ils font est écouter la hargne dans leur ventre, l'affect impotent, les passions ravageuses. Ce qu'ils font c'est boire, c'est fumer, c'est baiser. Ils posent ces questions pour se donner une façade, ils prétendent communiquer pour avoir l'air d'être sociaux. Finalement, ils ne font rien. Ils n'ont certainement jamais rien fait. Othello laisse ses lèvres flirter avec les deux amants, laisse son âme glisser contre leurs corps. Que faisons-nous ? Big Ben sonne le deuil. Pourquoi avons-nous été emmené ici ? Il n'a pas demandé de respirer, il n'a jamais souhaité voir les feuilles tomber en automne, il n'a jamais voulu entendre le son des vagues aux pieds du phare. Que faisons-nous ? Il vit, il boit, fume et baise. Il boit, fume et baise en attendant que la vie cesse, en attendant d'émettre son dernier souffle. Mais la vie est vicieuse, la vie est interminable.

IV - LAGOON
« Il est toujours compliqué de trouver une phrase d'accroche pour débuter la critique d'une extraordinaire pièce musicale. Certains critiques décident de partir d'images métaphoriques futiles mais efficaces. Lagoon, premier opus éponyme du duo Electro-pop Londonien – Othello Milazzo et Judith Gartner – semble échapper à cette convention de part sa complétude. Si certains adopteront l'élément aqueux par respect pour les choix artistiques des artistes, d'autres y verront plutôt la terre. Si on peut entendre des hommes et des femmes employer le mot « planant » pour qualifier l'album, d'autres pourront se considérer comme électrisés, brûlés. Oublions le son. Grâce à son talent pour l'écriture, Milazzo parvient à dresser un portrait exhaustif et surréaliste de cette société qu'il semble haïr tout autant qu'il la chérit. Plongeant l'auditeur à travers un voyage antithétique et à l'ambivalence envoûtante, il parvient à transcender les émotions par l'écriture, à arracher à la vie ce qu'elle dissimule. Il révèle puis cache à nouveau, dénude et recouvre. Cette ambivalence atteint son zénith lorsque l'on quitte les manuscrits et que l'on enfonce les écouteurs de nos oreilles. Porté par des mélodies aussi tragiques qu'extatiques, Lagoon s'amuse à bouleverser pour mieux faire sourire. Il se moque autant qu'il caresse. La première seconde nous met sur la table d'opération – Lagoon est une aiguille pleine de spleen transcendantal, de passions aveugles, de drame euphorique, de joies moroses. Lagoon, c'est comme un poing dans la gueule au ralentis, une pièce de théâtre débutant in medias res avec un climax qui se prolonge pendant une heure. Lagoon, on veut s'en extirper tout en étant à l'aise au creux de ses bras. Lagoon c'est une catharsis menée par la voix grave, sensuelle et nostalgique de Milazzo couplée aux aiguës addictifs et bouleversants de Gartner. Il est difficile de faire une critique de Lagoon et chaque phrase semblerait être une phrase d'accroche sans pouvoir réellement attraper l'ampleur du phénomène.
18 Septembre 2013 – Pitchfork.com »

V - Blanche
« You alright babe ? » dit Blanche. Othello semble perdu – comme si quelqu'un pouvait se vanter d'avoir des repères stables dans ce trou. Il n'était pas vraiment bavard, pas vraiment souriant, pas vraiment malin, pas vraiment tout, pas vraiment rien. Mais Othello dégageait quelque chose d'indescriptible, comme un gaz hypnotisant qui forçait quiconque était en sa présence à avoir les yeux rivés sur lui. Son désir d'invisibilité et d'indifférence ne serait jamais assouvi : son enveloppe était aussi envoûtante et tortueuse qu'une potion d'amour Shakespearienne.
Othello ne montra aucune envie d'ouvrir les lèvres pour répondre à cette requête. Il était niché dans les bras de Blanche, reniflait son parfum et tentait d'oublier le martèlement dans son encéphale. Au final, il faut croire que la seule chose que l'on peut partager avec autrui est un goût partagé pour le même genre de température. On se pose des questions inutiles, – attendons-nous réellement la réponse ? – on sourit lorsque l'on croise une connaissance alors que notre seule envie est de continuer notre route en tirant la gueule, on prend le temps de serrer des mains, serrer des corps, serrer des âmes alors qu'on arrive difficilement à se supporter nous-même. Ça va bébé ? Othello, tu es là ? Othello, mon cœur, pourquoi regardes-tu dans le vide ? Othello, montres-nous un peu ton sourire ! Othello, othello, othello ! Othello ! Othello regardes-moi ! Othello, mon cœur, réveille-toi, je t'en prie, réveille-toi ! Mais Othello ne se réveille jamais : il est mort en franchissant la frontière de cette ville, il est mort avec Judith. « I'm fine, Blanche, » dit Othello.
« You sure ? » dit Blanche. Blanche se souvient du corps inerte qu'elle avait retrouvé quelques mois auparavant, elle se souvient de cette lumière divine qui l'entourait. Elle s'était amourachée de ce cadavre, s'était promis de le réparer, de lui rendre son éclat. Elle avait réussi, il respirait. Mais Othello ne souriait pas, n'avait jamais souri. Elle avait sauvé sa vie, l'avait réconforté lorsqu'il se réveillait en hurlant, l'avait aidé à se sevrer, avait pansé les plaies suppurantes sur ses bras. Elle avait tout fait pour qu'il oublie, pour qu'il vive. Elle se voyait guérisseuse mais elle était Dr Frankenstein – Othello sa créature.
« Yeah I'm alright, » dit Othello. « I'm always alright. »


   

   
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♆ MALÉDICTIONS LANCÉES : 464
♆ PSEUDO : AMIANTE.
♆ AVATAR : CILLIAN MURPHY.
♆ ALIGNEMENT MORAL : CHAOTIQUE BON
♆ PERDITION : FABRICATION DE SOUVENIRS.
♆ ENNUI TROMPÉ : FIGURE PATERNELLE DES ENFANTS VOLEURS. SAINT PATRON DES ORPHELINS. LES BONNES INTENTIONS SE SONT ÉRODÉES AVEC LA POUSSIÈRE. IL LEUR A TOUT APPRIS, LES DOIGTS MAGIQUES POUR DÉTROUSSER SANS SE FAIRE ATTRAPER, LA SOLIDARITÉ DANS LE BUTIN QU’ILS PARTAGENT ET MÊME LES VICES AU CREUX DES DRAPS.

(#) Dim 27 Sep 2015 - 19:01
comme je le disais, ce prénom c'est la grande classe Cool
pis j'ai cru entendre que t'appréciais la maison
t'inquiètes pas, on va te débarrasser de toute la pureté qu'il te reste très vite niark
bienvenue en enfer

♆♆♆♆♆♆ ♆♆♆♆♆♆ ♆♆♆♆♆♆


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(#) Dim 27 Sep 2015 - 19:45
Josef Salvat, je suis sincèrement époustouflée de ce choix d'avatar.
Il me fait quelque chose ce type, c'est magnétique, je sais pas.
Tout ça pour te souhaiter la bienvenue dans ce trou à rats. Et puis au plaisir de pouvoir en lire plus, j'aime ce que j'ai lu.
gnah
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(#) Dim 27 Sep 2015 - 19:55

bienvenue bienvenue. frodon
on veut la suite. BONNE CHANCE. gnah
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(#) Dim 27 Sep 2015 - 20:25
J'aime bien ton avatar perv est ce que tu baises?
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(#) Dim 27 Sep 2015 - 21:39
Alien McCormick a écrit:
Josef Salvat, je suis sincèrement époustouflée de ce choix d'avatar.
Il me fait quelque chose ce type, c'est magnétique, je sais pas.
c'est exactement ce que je me suis dis en voyant l'avatar
puis le choix du pseudo perv
bienvenue par ici
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(#) Mar 29 Sep 2015 - 21:42
Mon dieu vous êtes si mignons ! ♥
J'avance tendrement, je trouve toujours quelque chose d'autre à raconter alors je m'étale
Merci pour cet accueil ♥
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(#) Ven 2 Oct 2015 - 9:58
J'espère que toi, tu vas pas mourir à la fin, parce que tu as l'air quand même vachement intéressant !
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Bélial Chateminoy
SATAN M'HABITE
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♆ MALÉDICTIONS LANCÉES : 326
♆ PSEUDO : AMIANTE.
♆ AVATAR : DIEU DEPP.
♆ ALIGNEMENT MORAL : CHAOTIQUE MAUVAIS
♆ PERDITION : LES ANNÉES S'AJOUTENT ET DISPARAISSENT. LE TEMPS NE FAIT PLUS EFFET SUR SES TRAITS. TANTÔT ENFANT AUX MAINS BALADEUSES, ADULTE AUX SOURIRES CRASSES ET VIEILLARD AUX MOTS AIGRIS.
♆ ÉGARÉ : DANS L'ANTRE DE SATAN.
♆ ENNUI TROMPÉ : GOUROU SATANISTE. CHIEUR, FARCEUR, EN MISSION POUR LUCIFER POUR FAIRE DE VOTRE VIE, UN ENFER.

(#) Mer 7 Oct 2015 - 14:33
temps écoulé

le sang a giclé
Larmes de sang, là, qui dégoulinent le long de ses traits. N'entends-tu pas ses cris d'agonie, les âmes qui se voient alors meurtris ? Il fait l'enfant, le pauvre Satan, de ne pas toucher ton âme, de ne pas s'amuser avec toi. Il te voit, là, au travers de la foule, t'éloignant doucement, t'effaçant presque tendrement, et il ne l'accepte pas. Connais-tu seulement la sentence, pour rendre le démon aussi triste, aussi humain ? Dix larmes de sang ont déjà été versés, si tu n'es pas là d'ici quatre nouvelles larmes, il sortira les crocs, il sortira le fouet, et ton âme, brusquement, sera détruite à néant. Ce que Satan n'a pas, n'existe pas.

Demande un délai si tu ne veux pas finir dans l'estomac du Diable niark



♆♆♆♆♆♆ ♆♆♆♆♆♆ ♆♆♆♆♆♆

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Invité
Invité
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(#) Mer 7 Oct 2015 - 23:01
Oui oui oui, je veux un délai ! Il me reste plus grand chose avant de terminer ma fiche, mais cette semaine a été assez difficile et j'ai pas eu trop de temps devant moi Sorry !
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Bélial Chateminoy
SATAN M'HABITE
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♆ MALÉDICTIONS LANCÉES : 326
♆ PSEUDO : AMIANTE.
♆ AVATAR : DIEU DEPP.
♆ ALIGNEMENT MORAL : CHAOTIQUE MAUVAIS
♆ PERDITION : LES ANNÉES S'AJOUTENT ET DISPARAISSENT. LE TEMPS NE FAIT PLUS EFFET SUR SES TRAITS. TANTÔT ENFANT AUX MAINS BALADEUSES, ADULTE AUX SOURIRES CRASSES ET VIEILLARD AUX MOTS AIGRIS.
♆ ÉGARÉ : DANS L'ANTRE DE SATAN.
♆ ENNUI TROMPÉ : GOUROU SATANISTE. CHIEUR, FARCEUR, EN MISSION POUR LUCIFER POUR FAIRE DE VOTRE VIE, UN ENFER.

(#) Mer 7 Oct 2015 - 23:14
pas de souci mon chou, je te mets une semaine perv

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Invité
Invité
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(#) Sam 10 Oct 2015 - 23:19
bienvenue à São Poeira
la vie est finie, mais tu survis.


va falloir repasser mon chou parce que c'est ignoble niark
non sans blague, t'avais déjà bien commencé à me charmer avec Josef Salvat, bah autant dire que t'as assuré pour le reste.
j'ai plutôt hâte de découvrir la bête en rp et puis réserve-moi une petite place dans tes liens ou dans ton lit, c'est comme tu veux, je suis pas difficile.
je te valide bien évidemment

Il y a ce sourire, là, si grand, si laid, sur ses lèvres gercées par les morsures et le sang versé. Il t'observe, là, le torse ouvert, le coeur entre ses mains, maintenant. Plus rien ne t'appartient ; tu es à lui tout entier, maintenant, qu'importe ce que tu choisis de faire. Ses ongles, si abîmés, s'enfoncent dans ton pauvre coeur et y glisse son venin. La malédiction est lancée ; te voilà captivé.

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