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JE ME SENS RIEN. (ANGE)

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(#) Lun 11 Nov 2013 - 18:00
ange sitael manson

âme égarée
Héritage Infortuné ♆ Il a oublié l'ancien temps, sa véritable identité, celle que portait son père, son pire ennemi. Sa dernière famille, c'était bien celle de ce tueur en série. Manson, ça peut bien puer violence et meurtre, ça lui correspond plutôt bien, au fond. Appellation aux Origines Contrôlées ♆ Sa mère était émue de le voir, son petit bout de vie aux cheveux blonds. Elle a eu la prétention de croire qu'il pourrait être à l'image de ses deux grands yeux bleus. Ange, ça lui est venu comme une évidence. Sitael n'est, quant à lui, qu'une vieille croyance. Une protection un peu oubliée au fin fond des chiottes, certainement, dans une urine bien jaune et concentrée. C'était mieux avant ♆ Quatorze ans. Il est mort ensuite, sous les regards trop durs d'un monde qui le méprise. Et qu'il méprise en retour. Première Bouffée d'air ♆ Treize novembre, petite ville perdue en Floride, aujourd'hui oubliée. Jacksonville, ça sonne mal à ses oreilles. Ça l'rendrait presque dingue de savoir s'en souvenir, encore. Papa et Maman ♆ Papa américain, élevé à la merde de son pays. Maman Française, un peu trop rêveuse, un peu trop heureuse mais surtout, un peu trop salope. Si ça s'trouve, son père n'était autre que l'facteur ou bien le voisin survivaliste. Au moins, on sait de qui l'Ange tient sa manie à mourir dans les draps d'un autre. Bâtard. Dans mon lit ♆ Bouche pleine, cuisses ouvertes, peau moite, respiration coupée, ongles ensanglantés. Hommes, femmes, enfants, il demande juste à ce qu'on l'baise de façon sauvage et dégueulasse. De façon à oublier la solitude. Oublier le visage du bien aimé.  Degré de solitude ♆ cœur à p endre. Tromper l'ennui ♆ il est capable de rien, l'ange blond, juste de s'envoyer de la merde dans les veines. Il attend la mort, rien que ça, la Mort. Tombé dans le trou à rat ♆ Trois mois déjà qu'il crame au soleil. Ça lui semble une éternité. Une poignée d'sable entre les doigts qui ne cesse jamais de lui échapper. La nouvelle famille ♆ Errant.


au-delà des dunes
Joli prénom ♆ Écrire ici.   Pseudo pas beau ♆ Écrire ici. Nombre d'hivers endurés ♆ (âge) Écrire ici. Pierre précieuse préférée ♆ Écrire ici.  Compagnie de voyage ♆ (comment t'es arrivé là) Écrire ici. Mot doux ♆ (ce que t'en penses) Écrire ici. Degré d'addiction ♆ (fréquence de connexion) Écrire ici. Sésame ouvres-toi ♆ (code du règlement) Écrire ici. Tête de cochon ♆ (ton avatar) Écrire ici. Remerciements ♆ (crédits des images) bannière de ademain sur tumblr, avatars de MORIARTY Mot d'amour en plus ♆ Écrire ici.
Vendez votre âme au Diable:
 
Des drogues au goût de toi. du couteau pénétrant la soie. des drogues pour être le roi, le roi des cons tu vois. des drogues. des drogues… dédrogue-toi ▲ DAMIEN SAEZ.
lamentable victime.
Ange, c'est tout une multitude de crasses. C'est rien d'plus qu'un foutu déchet de la nature, celui qui est naît la tête dans l'mauvais sens, une connerie dans le genre. Il a l'sang des autres sur ses mains, même pas le sien. Il vit plus pour grand chose, si ce n'est pour la drogue et ses bras troués. Ses bras qui chialent toute la misère qu'il se cherche. C'est un bout de violence qui ne s’éteint jamais. Une pluie de météorites qu'on veut esquiver mais qui nous tombe sur la gueule au moment où on s'y attend le moins. La petite raclure qui défonce la porte de derrière pour venir voler tes bijoux et casser quelques meubles, juste pour le plaisir, sinon c'est pas marrant. Ange, il est conscient de toute la merde qu'accumule son cerveau. Il connaît qu'le mauvais des choses.
Les hommes qui le frappent.
Les femmes qui le griffent.
Mets lui un flingue dans la bouche, il l'sucerait, comme l'une de ces salopes incapables de tenir leur langue entre leurs dents. Foutu toxico qui donnerait tout pour un gramme de coke. Un peu de poudreuse et il te vendrait sa mère. Il s'laisserait violer dans tous les sens, parce que la dignité, ça fait bien longtemps qu'elle est morte. Qu'elle baigne dans les chiottes publics, en même temps que sa sagesse. Faudrait, j'sais pas, lui foutre des électrochocs, lui griller les neurones, le jeter à l'abattoir pour qu'il arrête de s'envoyer en l'air avec n'importe qui. Encore plus depuis qu'son connard de Cleb l'a abandonné. Le crâne rasé, ça l'rend juste un peu plus méprisable. La croix gammée sur son incrustée sur son front, elle témoigne plutôt bien de sa haine.
Sa haine pour les noirs.
Sa haine pour les blancs.
Sa haine pour les femmes.
Sa haine pour l'Homme.
Sa haine pour la justice.
Sa haine pour Cleb.
Sa haine pour lui-même.
Il parle plus de mort qu'il ne parle de vie. Ange, il a déjà un pied dans la tombe, c't'un peu comme si sa pute de mère avait accouchée l'vagin dans un cimetière. Et son père, le grand pantin creusait déjà sa tombe. Mais heureusement pour l'gamin, l'argent était pas là pour payer l'cerceuil. Alors, il a étouffé, avec un peu de terre dans les poumons. Ça l'a fait chialer, jusqu'à ce qu'un grand barbu le sorte de là, mais c'était trop tard. Le petit blond, il avait déjà l'enfer au fond d'ses pupilles. Et sa cicatrice dégueulasse qui traverse son bide, c'est simplement l'entrée forcée du démon. Il doit loger quelque part entre son estomac et ses poumons. Quelque part, sous sa cage thoracique. Mais toi, espèce de fou, t'as refermé la plaie, t'as scellé cette foutue porte. Depuis tout c'temps, ça remue en lui. Ça grouille comme les asticots dans un cadavre.
Avant, il mangeait beaucoup, un peu trop, sa graisse prenait le pas sur tout. Mais depuis qu'il a touché à la drogue, depuis qu'son âme est aussi sombre que le charbon, la bouffe, elle refuse de venir à lui. Elle finit la plupart du temps sur ses chaussures. La coke c'est son petit déjeuner, l'héroïne, la plupart de ses repas. On pourrait l'décrire de façon poétique, sans bouffer nos mots, en utilisant de belles métaphores mais Ange, c'est pas ça, non, il est trop brute pour ce genre de choses. C'est comme un gaz violent et inodore qui s'répand dans l'air et le pollue. Une étincelle et c'est l'explosion, ses cris résonnent, te dévorent.
Au final, le rasé, il a absolument rien de son prénom si c'n'est ses yeux un peu noyés, un peu révoltés. Ses yeux qui pleurent à toute cette vie merdique qu'il porte à bout de bras. Ça sonne comme une drôle de mélodie dans sa tête, une mélodie qui devient un peu plus forte : T'es un rat.
Un rat d'égout.
Des goûts de toi.
Dégoûte-toi, rat d'égout.



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(#) Lun 11 Nov 2013 - 18:00
bois mon urine, connasse.

l'étrange
Il arrêtait pas de gueuler, ce connard qui me servait de père. Il se foutait souvent de ma gueule lorsque mon corps s'enracinait sur le canapé, regard rivé vers la télévision. Les toons faisaient leur cinéma et parvenaient même à faire des naître des étoiles, au creux de mes yeux d'enfant désespéré. Ils étaient beaux, avec leur connerie qui les rendait indestructibles. J'ai passé la plus grande partie de mon enfance à les regarder pour oublier la merde tout atour de moi. J'riais au point d'espérer devenir comme eux. Mais putain, si j'avais su à l'époque qu'un jour où l'autre mes rêves deviendraient mon pire cauchemar, j'me serais certainement tiré une balle dans la tête. C'est arrivé une de ces nuits où Cleb est rentré trop tard à c'qui nous sert d'abris. J'avais une rage folle à l'idée de le savoir ailleurs. J'ai eu envie d'le frapper même si je suis resté sous les draps, mon idiot de cœur s'est enflammé comme il ne l'a jamais cru. J'ai d'abord pensé à une hallucination, une dose trop importante d'héro ou un truc dans le genre. Mais à la place de ça, je l'ai vu et senti, l'organe vital, quitter sa cage thoracique pour battre plus fort que jamais. J'ai passé le reste de la nuit les yeux ouverts à tenter de le retenir de mes doigts crasseux. J'avais peur que ce connard de chien s'aperçoive de ce qu'il pouvait bien faire naître en moi. Et depuis, au moindre sentiment trop fort, j'entends mon corps gronder sous ma cage thoracique jusqu'à la quitter. J'sais pas le contrôler et je me retrouve la plupart du temps avec mes mains contre mon torse pour le faire cesser. Mais ça revient toujours, sans cesser. C'est la pire chose que j'ai pu avoir dans la vie.
(c) PA-TATE-IC

São Poeira
Ça change pas vraiment d'ailleurs, ici. C'est la même souffrance, la même haine. En apparence, tout est différent mais suffit de creuser un peu pour y trouver la même merde ambulante. J'regrette, souvent, d'avoir gueulé sur Cleb pour le suivre jusqu'ici. J'sais même pas pourquoi j'ai fait ça, par connerie certainement. Parce que maintenant, putain, j'suis coincé dans ce trou à rat avec ce connard, dans une cabane en bois. On dort ensemble par manque de choix. Tout est un manque de choix. Nos draps sont souillés par le sperme des autres. Mes genoux sont usés, à force de rester sur eux, à sucer les mecs encore capables de payer pour baiser. Trop laids pour se mettre quelque chose sous la dent. J'ai plus d'amour propre, plus de fierté. Il m'reste rien, même pas une télévision qui pourrait m'abrutir d'avantage les neurones. Alors, comme un grand con que je suis, je m'envoie en l'air, sans cesse, par la baise ou par la drogue. Je suis aussi osseux qu'un cadavre. J'me laisse simplement mourir ici en offrant ce qu'il me reste de corps pour pas crever sous le manque d'héroïne. On peut pas dire que j'suis heureux mais ça c'est pas bien grave, parce que j'ai jamais été foutu de l'être. J'attends aussi le moment où je pourrais sauter à la gorge de Cleb pour lui dégueuler tout ce que je peux avoir sur le cœur. Ça risque d'être moche, d'être sale mais c'est nécessaire à notre conscience.
(c) PA-TATE-IC
L'église baise les enfants de dieu. ▲ DAMIEN SAEZ
la chute.
J'ai passé ma vie à dépendre des personnes. C'est à travers le regard des gens que j'ai toujours trouvé une raison de vivre, parfois bonne. Parfois mauvaise.
Loterie infernale. Je suis aujourd'hui marqué par tous ces prénoms, tous ces visages. Si j'en suis ici, c'est à cause d'eux. De leurs murmures qui ne cessent jamais.

Lily.
Elle a fait la une de tous les journaux, la mort de la petite Lily. Son prénom était partout : placardé sur nos murs, sur nos magasines, elles s'incrustait même dans nos télévisions. La petite brune était devenue en quelques jours le scoop à ne pas manquer.

Lily, retrouvée morte après sept jours de recherche.

C'est toujours comme ça de toute façon, avec l'être humain. Il y a des choses qui ne changeront certainement jamais. Si tu veux célébrité et attention, il ne sert à rien de te défoncer à ton travail. Pas besoin de faire le plus beau roman, le film le plus sensationnel. Non, y a bien plus facile que ça : la mort. C'est quand les gens disparaissent qu'on leur porte une vraie attention. Lily, du haut de ses huit ans, elle aurait jamais eu son prénom à la une des journaux. Ses parents seraient pas passés à la télévision, non plus. Personne savait rien de sa vie, personne n'en avait rien à foutre, même. Et là, parce qu'on l'avait retrouvé en état de décomposition sous mon lit, les médias se donnaient le droit de dévoiler toute sa vie. Mais aussi la mienne. J'étais mis à nu face au monde entier, humilié par des rumeurs parfois fausses. Par des mots accentués d'adjectifs qui n'en valaient même pas la peine. J'étais devenu l'enfant tueur de la famille Wilson. L'horrible chose qui avait, selon la justice, tué de sang-froid une gamine vulnérable. Vous auriez du voir, les articles et les descriptions. Ces connards ne savaient rien de la vérité, ils s'en approchaient juste vaguement sans jamais essayer de creuser réellement. Le peuple ne devait surtout pas épuiser la moindre compassion à mon égard. Et pendant tout ce temps, je passais mes nuits à pleurer, tout bas, dans la cellule d'une prison trop grande. Et notre maison puait à présent crime et violence. Ma chambre scellée ne m'était plus accessible. Tous les souvenirs de mon enfance baignaient derrière une porte. J'aurais voulu y retourner une ultime fois. Juste pour y attraper quelques photos et objets, trouver un peu de réconfort. Un je ne sais quoi capable de faire taire cette tornade intérieure.
Parce que non, mes parents n'étaient plus là pour moi, à ce moment là. Mon père a même trouvé bon de me frapper comme un vulgaire chat errant sur le plancher de notre cuisine. Ce doit être pour ça, d'ailleurs, que je ne m'aime pas les chats. Ils m'inspirent le mépris et la colère. Ils me ramènent à cette sombre soirée, juste avant que ma vie ne soit totalement détruite.

Elle est insupportable, cette sensation de tout perdre en quelques heures seulement. C'est un peu comme si un monstre venait vous dévorer. Un monstre tout droit venu du plus profond de votre âme. Un peu déchu. Un peu intoxiqué. Il vient vous salir à votre tour, dévorer votre enfance, défoncer l'innocence qui se déployait autrefois sur vos yeux encore vierges de folie. Il ne frappe même pas à la porte, le monstre, et comme tous les premières fois, c'est douloureux. Ça laisse des traces, c'est hideux. Alors, on manque soudainement de courage, à l'idée d'affronter le reste. On manque de force parce que l'on nous a volé ce qu'il y avait de plus beau : l'espoir.
Il y a aussi cette voix qui me murmure sans cesse, à chaque seconde la même phrase. Sur le même ton moqueur. Cette phrase, ce déclencheur : tu n'es plus un enfant, Ange.
En effet, je suis un monstre, depuis cet assassinat, je ne mérite même plus le respect du monde.

Un garçon solitaire de 14 ans garde un horrible secret pendant une semaine alors que tout le pays cherche une fillette disparue.
En 12 eme position, le meurtre de Lily Elenwë.
Vers 17 heure, le mardi 3 Novembre 2007 sort jouer dans son quartier à Jacksonville, en Floride. La fillette de 8 ans ne reviendra jamais.

SHERIF FRANCK MACKESY : les médias étaient dans tous leurs états avec cette affaire, Lily est devenue le visage de Jacksonville. Les gens venaient par centaine pour essayer de retrouver cette petite fille.
Les recherches se poursuivent 7 jours durant mais se terminent dans le quartier, là où elles ont commencées.
SHERIF NAT GLOVER : nous avons retrouvé Lily ce matin, elle était morte.
PROCUREUR : Ange Wilson, 14 ans, a été arrêté et placé en garde à vue.
Le jeune suspect a tout l'air d'un élève de 3 eme ordinaire, sans antécédent de violence ou de comportement à problèmes.
Jack Wilson, le père d'Ange, domine sa femme et son fils, c'est un homme immense, mesurant plus de 2 mètres et au tempérament explosif. Jack impose des règles très strictes à son fils.
Lily habite juste en face. Ange est seul à la maison lorsque Lily lui demande de jouer au base-ball. Il accepte même s'il n'a pas le droit d'inviter des amis avant le retour de ses parents.

PROCUREUR : Ange a frappé une balle qui a touché Lily et l'a blessée. Elle s'est mise à crier. Ange a commencé à craindre d'être puni pour avoir fait quelque chose de mal.
D'après des documents judiciaires, Ange dit avoir emmené Lily dans sa chambre. La fillette de 8 ans saigne et est en pleurs.  Ange sait que son père va bientôt rentrer. Il se saisit de la batte de base-ball.
SHERIF FRANCK MACKESY : il l'a frappée, l'a mise sous son lit. Son père est rentré, il a discuté avec lui. Il a entendu un bruit de Lily venant de sa chambre. Il y est retourné, il a ouvert le lit et a poignardé Lily.
SHERIF NAT GLOVER : elle avait de multiples blessures à l'arme blanche, environ 9.
SHERIF FRANCK MACKESY : je crois qu'il s'est affolé à ce moment là, il l'a tuée.
Au cours de la semaine où Lily a été recherchée, Ange garde son horrible secret.
SHERIF FRANCK MACKESY : Il rentrait chez lui et se couchait en sachant qu'elle était morte sous son lit.
Le mardi 10 novembre, l'odeur du corps en décomposition de Lily est insoutenable. Messie Wilson décide de nettoyer la chambre de son fils. Elle remarque une tâche humide sur le sol prêt du matelas d'eau.
MESSIE WILSON : je me suis dit « oh c'est pas vrai, le matelas a une fuite. » et dés que j'ai commencé à manipuler le côté du lit, il s'est ouvert et au moment où le panneau a cédé c'est que sa jambe et sortie et a touchée ma main. D'une point de vue intellectuel, je savais mais d'un point de vue affectif j'ai pensé que ça ne pouvait pas être ce que je croyais.
SHERIF FRANCK MACKESY : elle est allée prévenir la police, ils ont bouclé le périmètre et le reste de l'enquête a commencé.
Ange est arrêté à l'école et placé dans le centre de détention pour jeunes. Il fait ses aveux à la police. D'après des documents judiciaires, il dit avoir tué Lily parce qu'il avait peur de son père.
MESSIE WILSON : j'en veux pas mal à Jack pour ce qu'a fait Ange.
SHERIF FRANCK MACKESY : une fillette innocente joue dans son propre quartier et qui est tuée par un gamin qui a peur de s'attirer des ennuis, c'est complètement absurde.
Huit mois plus tard, au cours de l'été, Ange est jugé en tant qu'adulte.
Verdict : reconnu coupable pour meurtre avec préméditation. Le verdict de culpabilité s'assortit d'une sentence mandataire : la perpétuité sans possibilité de libération.

FAMILLE DE LA VICTIME : à Ange nous n'avons qu'une chose à dire : comment as-tu osé ? Comment as-tu osé nous enlever Lily sans raison ? Elle était ton amie et tu l'as cruellement assassinée.
Reportage : trop jeunes pour tuer.

C'est ce que la mort a causé : une place dans un reportage bidon. Mes actes dévoilés sans autorisation. Parce que c'est comme ça après tout, on ne demande pas son avis à un clébard. On ne demande rien à un clébard, on l'abandonne quand on veut, lorsqu'il nous lasse. Il n'a qu'à crever la bouche ouverte. Je n'avais alors plus qu'une chose : attendre derrière les barreaux d'une cellule. Je n'avais plus ma place ailleurs, de toute façon. Même mes parents ne viendraient plus me rendre visite, pas après ce que j'avais fait. Pas après ces actes trop cruels.
Moi je pense qu'ils devraient mettre des cordes dans les cellules pour donner le choix aux condamnées de mourir ou non. La justice devrait leur offrir ce luxe de mettre fin à leur agonie. Parce que personne ne sait ce qu'ils se passent exactement dans leur tête au moment où ils commettent des atrocités. Personne ne le sait, même pas eux parfois. Je déteste l'idée même de punir sans savoir exactement ce qui peut se cacher contre leur âme. Mais non, une corde, c'est bien trop cher pour l’État.


James.
Un lion en cage. Un oiseau sans ailes. Un gosse sans innocence. Une femme sans seins. Un cœur brisé. Une histoire sans fin. Sans début, aussi. C'est ce que je suis devenu, au fil des mois qui dévalaient dans cette prison améliorée. Elle était plus colorée, je crois, pour nous donner l'illusion de ne pas être totalement coupable, peut-être. Mais c'est encore pire que la vérité. J'aurais préféré, en ce temps, que l'on me foute mon nez dans ma merde. Vous savez, comme on fait avec les chiens quand ils pissent là où il faut pas. On leur met leur nez dans leur connerie, on les punie, d'un bon coup de pied. Ils chialent, alors, sur le moment mais ensuite ils comprennent et ils ne recommencent pas. Dans ce centre pour jeunes, j'ai jamais rien eu de tout ça. Juste une absence de tout, une absence même de la vie. Tout était stérile au moindre sentiment trop élevé. Parfois, oui, les larmes coulaient sur mes joues trop rouges. Elles coulaient comme une pluie que l'on ne veut pas entendre, qui vous noie. Je suffoquais lentement dans ma propre douleur. Les surveillants me regardaient chialer, souvent. Je me souviens de James, le blond de la troupe, aux yeux bleus. Il était beau. Plus beau que n'importe qui, même. Ce devait être sa haine envers moi qui le rendait si attirant. J'ai jamais aimé les choses qui me faisaient du bien. J'ai de l'amour pour la douleur. J'ai de l'affection contre les coups qui vous saignent le cœur. Déjà, gamin, je me considérais comme un parasite. Une poussière qui brille parfois sous un rayon de soleil et se perd sur le sol. On l'envoie ensuite à la poubelle. Je suis tout un tas de comparaison dégueulasses et mélancoliques.

Et ce James, ce foutu connard, il riait de mon malheur. Je me souviens de son regard posé contre ma nuque. De son sourire qui n'avait même pas besoin d'être vu pour le comprendre. Il m'inspirait tout ce que je n'avais jamais été. Putain, il me crachait à la gueule et j'en redemandais. Je levais les yeux, pour mieux les baisser, pour mieux le laisser prendre le dessus. J'avais envie qu'il me plante son flingue sur la tempe et m'explose le crâne. J'en crevais d'envie, oui, d'en finir entre ses doigts. Je crois même lui avoir demandé une fois, lors d'une pleine lune que je n'ai même pas remarqué. Ses rayons pâles filtraient par la minuscule fenêtre de ce qu'on pouvait nommer une chambre. Il se tenait devant la porte, la tête bien haute. J'étais couché sur mon lit, les larmes aux yeux, le poignet ensanglanté. Il devait encore rester des morceaux de verre dans la plaie. La douleur était forte mais elle n'était rien comparé à celle que je pouvais ressentir. À ce mal être intérieur que je ressens constamment, encore. Une sorte de maladie chronique, qui vous colle à la peau sans jamais vous lâcher, une moindre seconde. Les draps recouvert de rouge, j'ai tourné les yeux vers lui. Les mots qui quittaient ma bouche étaient aussi désespérés que mes actes. Je me détestais tellement que j'aurais été capable de tout pour obtenir une balle de sa part, même lui lécher les chaussures, lui tailler une pipe, m'étouffer avec son sexe. « Achève moi. » c'était pas une phrase lancée en l'air par un gamin dépressif. Non, y avait une réelle douleur derrière tout ça. J'avais l'impression d'être possédé par une force que je ne pouvais pas contrôler et dévorait mon âme. La culpabilité, peut-être, même s'il m'arrivait à penser que Lily reposait en paix. Elle en était bien chanceuse. Moi, je me recevais un coup de pied dans les côtes en guise de réponse à ma souffrance. Accompagné par une voix glaciale qui disait tout bas « bien fait. »
J'étais si bas dans l'estime du monde entier que même la mort ne me méritait plus. Je ne désirais plus qu'elle jusqu'à ce que la main de Noé ne se pose sur ma blessure.
Jusqu'à ce que ses doigts ne soient recouverts du sang du démon.
Que sa voix, douce et mélodieuse ne s'élève dans le noir.
Qu'il se présente, tout bas sous le prénom de Noé.

Noé.
C'est lui, je crois, qui m'a donné envie de quitter ce trou. Ou plutôt, qui m'en a donné la force. Derrière son regard bleu et toujours perdu, j'ai eu l'impression d'y trouver une lueur d'humanité. Une lueur d'humanité un peu cabossée par les coups des autres. Ils riaient sans cesse, tout autour de lui. Les délinquants se moquaient, le montraient du doigt, avaient même la connerie de venir lui voler son petit déjeuner. Et le petit Noé, du haut de ses quinze ans, se balançait d'avant en arrière, les larmes aux yeux. Il me racontait souvent la même chose, la même histoire, sur la même intonation : je veux faire taire l'oiseau en papier.
L'oiseau en papier.
J'aurais jamais pensé, non, qu'une simple histoire puisse nous rapprocher si facilement. Ses mains crasseuses, posées sur ses oreilles semblaient retenir toutes les larmes en lui. Encore mieux, tout un monde dont les portes étaient fermées depuis trop longtemps. Noé, il était plus jeune que moi, d'un an. Pourtant, j'avais l'impression qu'il en faisait dix de moins. Il devait être plus grand mais passait son temps recroquevillé. Ça le rendait tout petit et fragile. C'était une brindille d'herbe trop sèche au milieu d'une montagne de flammes. De flammes si grandes qu'elles s'élevaient jusqu'au plafond et dévoraient les âmes que contenait ce bâtiment trop vaste. On a été cramé, tous les deux, comme deux grands cons incapables de se défendre correctement. J'avais beau me mettre en Noé et le reste du monde, lui aussi finissait par recevoir des coups. On se retrouvait toujours avec des corps bleutés et un trop rouges. Ce genre de traces qui ne s'effaçaient jamais : y en avait toujours d'autres pour venir les remplacer. J'me souviens de ce jour où je suis entré dans la cantine. Noé chialait par terre, nu et frigorifié. Des gamins l'avaient déshabillé. Et ces connards de gardiens, putain, ils se marraient. Ils rigolaient comme à la sortie d'un film comique, comme on regarde des idiots se viander sur le net. Mais là, y avait rien de drôle : juste un gamin autiste et persécuté.
Au milieu de la foule, dévorée par la folie, j'ai été le seul à réagir. Le seul à l'aimer correctement et l'emporter loin de ces regards malsains. J'le tenais contre moi, entre mes bras trop maigres pour le supporter éternellement. Je ne sais même pas comment j'ai fait pour arriver dans les cuisines. Je revois juste ce grand mec barbu. Il puait le poisson, c'est ce qui m'a marqué le plus, certainement. Il puait tellement que j'ai eu envie de vomir. En temps normal, je me serais très certainement moqué, même. Mais lui, il s'est juste contenté de recouvrir la peau de Noé avec son grand tablier blanc.
« Tu le connais ? » C'est ce que le cuisinier m'a demandé à ce moment là.
J'ai éclaté en sanglots, comme un putain de grand con que j'étais. J'ai chialé dans ses bras, j'en avais rien à foutre qu'il sente la merde ou le poisson. J'voulais juste le noyer de mes larmes pour ne pas m'autonoyer. Ça reviendrait à se suicider : mourir dans sa tristesse. J'lui ai juré, de ma voix brisée et complètement aiguë. J'lui ai promis que c'était pas volontaire, la mort de Lily. J'ai du lui répéter une centaine de fois, en quelques minutes seulement. Mon cœur était à deux doigts de lâcher, là, contre son torse bien plus solide que mon âme toute entière. J'avais l'impression qu'il résonnait dans toute la cuisine. J'voulais pas le quitter mais il m'a promis, du bout de ses lèvres asséchées, qu'il nous sortirait d'ici, Noé et moi.

Sur le moment, j'ai pas cru en lui. Je savais même pas son nom, ce doit être pour ça que je suis resté accroché à cet inconnu quand les gardiens ont voulu me ramener à ma cellule. J'me débattais comme un chien enragé. J'en suis même venu à mordre les doigts de James. J'ai su à c'moment là que j'avais fait une erreur. J'ai même eu un mouvement de recul. Un pas en arrière qui signifiait à peine et pourtant tellement à mes yeux. Un putain de pas en arrière en guise d'excuse et de soumission débile. Mais James, il a rien voulu voir et comprendre. Devant tout le monde, en pleine cuisine, je l'ai vu attraper un couteau. J'avais envie de hurler 'Enfin ! Enfin, tu te décides, t'en a mis du temps ! Putain ! Ça y est !'
Je me souviens avoir fermé les yeux, presque serein.
J'ai grimacé lorsque la lame s'est enfoncée dans ma chair. J'ai eu les tripes broyées. Le cœur en morceau. La sensation de partir et pourtant, de sentir la vie s'accrocher à moi. Le grand barbu a gueulé, de sa voix grave. Vous auriez du voir ça, y avait du sang partout. Sur le sol. Sur les murs. Sur les vêtements de James. J'ai tourné le visage, pour apercevoir Noé, mais il était déjà dans les bras d'un autre gardien, frigorifié. Il a tendu la main vers la mienne, j'ai voulu l'attraper mais j'y suis pas parvenu. Non, il était déjà trop loin, dans les bras de l'enfer. Ses yeux chialaient.
C'est la dernière chose que j'ai vu de lui : des larmes.
J'voulais pas partir sans lui pourtant à mon réveil, j'étais sur un foutu lit d'hôpital, l'inconnu et sa femme à mon chevet.
J'étais pas mort, putain.

Kable.
C'est en grande partie grâce à lui si je suis encore vivant aujourd'hui. Ou plutôt grâce à sa pitié. À la sortie de l'hôpital, c'est lui qui m'attendait dans sa voiture un peu pourrie, sa femme à l'arrière. J'étais en fauteuil roulant, en ce temps. Une infirmière m'a poussée jusqu'à eux, docile, sourire aux lèvres. Mon visage pâle s'accordait plutôt bien avec le ciel ce jour-là. Il pleuvait et mes yeux étaient gris, comme les nuages. J'étais en noir et blanc depuis ce jour. Le bide broyé, les organes perforés, j'ai voulu me relever pour me poser sur la banquette arrière mais Kable m'a pris dans ses bras, une nouvelle fois. Il était silencieux et avait rasé sa barbe. Peut-être voulait-il se faire beau pour moi. Pour la grande sortie après des semaines d'hôpital. Ouais, ça d'vait être ça. Et j'ai aimé le geste, tout comme la coiffure impeccable de sa femme. Ses doigts fins et délicats se sont posés sur ma joue et l'ont caressée durant tout le trajet. Couché sur la banquette arrière, la tête posée sur ses genoux, j'ai pas arrêté de la regarder. Elle me souriait, avait même les larmes aux yeux, j'les voyais, j'les percevais. Je ne sais pas combien de temps nous avons roulé mais pendant ces heures, j'ai eu l'impression de découvrir une personne magnifique. Pandora, quarante cinq ans, endeuillée de son fils, noyé à ses huit ans. J'ai levé ma main pour essuyer l'une de ses larmes fugitives et j'ai entendu son rire résonner dans la voiture. Kable aussi l'a entendu. Il était surpris, j'crois, de la voir sourire comme ça, avec une étincelle au fond des yeux. On a même tous commencé à rire, sans savoir pourquoi. Le silence était néant.
Et pour une rare fois, nous semblions enfin heureux. Mais comme tout, ce fut éphémère.
On vivait tous les trois à New York, loin du meurtre, loin du centre, loin du sang. À trois, c'était tout ce qui comptait à ce moment là. Et mon rétablissement. J'avais tellement mal, à cette foutue cicatrice. Même pisser me donnait l'impression d'avoir un trou dans l'âme. C'était douloureux et j'passais le plus clair de mon temps à chialer dans les draps de Pandora. J'avais pas dix sept ans, non, j'étais plus qu'un gamin. Celui qu'on avait détruit si jeune. Celui qui regardait les toons à la télé, en mangeant de la glace, par peur de parler à voix haute.
Mais un jour, la justice a repris ses droits. On les a vu venir, de tout en bas. Les sirènes résonnaient dans la rue, ça vrillait nos tympans. Kable m'a jeté dans l'appartement d'une des voisines avec des billets en main et de quelques vêtements.
J'ai tout entendu, à travers les murs de papier.
J'ai assisté à leur arrestation.
Suite à ça, c'est un peu comme s'ils avaient disparu de la surface de la terre.
Tout ça,  par ma putain de faute.

Alma.
J'ai pas attendu que la voisine me foute dehors à son tour. J'ai quitté son appartement miteux avec mon foutu sac sur le dos et les poches pleines de billets. Les premiers jours, j'ai fait comme Kable m'avait dit : j'ai dépensé le moins possible, uniquement pour d'la bouffe. J'dormais dans les squat, parce que me payer une chambre était pas encore possible. J'me disais à l'époque que je finirais par trouver un boulot et que tout irait mieux, enfin.
Sauf que dans ces squats, j'ai rencontré autre chose qu'un avenir, la drogue. J'ai commencé soft, comme tout le monde. J'pensais même pouvoir arrêter quand bon me semblait. Y a toujours ton cerveau qui te dit 'c'est la dernière'. Et on y croit, franch'ment, jusqu'à voir remplacer les pailles par les seringues.
On remet ça plus souvent, encore. Puis quand tu t'rends compte que t'es dans la merde, c'est déjà trop tard, ton corps est esclave de l'héroïne.
C'est un peu grâce à mon suicide silencieux que j'ai rencontré Cleb. J'crevais du manque, j'avais envie de me défoncer la tête contre les murs. La seringue, elle dormait entre mes doigts et mes veines pleuraient du sang. Ces petites chiennes refusaient une dose de plus. Elles dégueulaient rouge sur ma peau violine. Mon cœur se contorsionnait comme un animal à l'agonie. J'avais beau défoncer mon épiderme, l'aiguille rentrait pour mieux ressortir. Mon corps tremblait tellement sur l'moment que j'étais même pas capable de tenir debout. J'venais de gerber lorsque Cleb est entré dans mon champs de vision. C'était rien d'plus qu'une ordure de plus dans les poubelles. Une ordure à la belle odeur. Une ordure qui s'est approchée lentement pour prendre cette aiguille et me l'enfoncer dans l'torse. À cet instant, il a pas fait que me foutre de la drogue dans l'organisme, non, c'est un peu comme si une part de son âme était venue se loger en moi. J'l'ai de suite aimé. Peut-être parce qu'il venait de me sauver de mon enfer. Ou peut-être pour ses yeux bleus. J'en sais rien, mais j'l'ai aimé, comme une pauvre pute que j'suis. J'ai pas résisté, non, à l'envie de lui mettre mon monde entre ses bras, sur ses épaules, un peu partout, à son insu.
Je sais pas si c'était de l'amour ou autre chose, de plus délicat mais c'est avec lui que j'me voyais faire un bout de chemin. J'nous imaginais souvent courir dans une neige cokée. Ça sentait bon le paradis.
Mais elle est arrivée, sa douce sœur, Alma.
Elle s'est incrustée entre nous avec ses longs cheveux qui tombaient sur ses épaules. J'ai pas résisté à l'envie de me perdre entre ses reins. J'ai laissé mes doigts caresser sa peau, mon âme se mélanger à la sienne. Pendant que j'baisais sa sœur, Cleb, lui, engrossait la première des salopes.
J'ai pas eu le temps de quitter les draps d'Alma qu'il se trouvait déjà ailleurs, en désintox. J'ai eu comme un vide insoutenable dans le cœur. Une sorte de profond chagrin dont on ne sort jamais. Alma était là, oui, pour combler ce foutu manque mais ça suffisait jamais vraiment. Elle a eu la bonne idée d'nous louer un appartement aussi grand qu'un cagibi.
Pendant quelques temps, j'ai oublié son frère, le connard qu'il pouvait incarner.
Alma.
Alma, c'était un peu comme une lumière. Le genre de lumière qu'on pouvait voir arriver de loin. Elle souriait toujours, on aurait pu la penser superficielle et un peu conne. Mais c'était pas ça, suffisait d'creuser un peu pour voir le néant qu'elle pouvait abriter. Alma, c'était une gamine aussi paumée que moi. C'est pour cette raison, je crois, que je me suis pris d'affection pour elle. On s'complétait plutôt bien dans notre idiotie. Elle payait les factures et je traînais sur le matelas qui nous servait de lit. J'l'interdisais de nombreuses choses, pour être sûr qu'elle me laisse pas tomber, à son tour. Personne venait chez nous, sauf peut-être sa meilleure amie. Sa meilleure amie avec qui elle chantait des chansons débiles. Avant de dormir, perdu dans ses bras, on s'disait toujours adieu parce qu'on pouvait pas savoir c'qu'il allait se passer pendant la nuit. La vie, c'est un peu comme un espèce de cadeau surprise qui peut exploser à tout moment.
Alors oui.
J'pouvais crever d'une crise d'épilepsie.
Un voleur pouvait entrer et nous défoncer l'crâne.
Tout un tas de possibilités que l'on s'inventait et dont je ne me souviens plus.
On s'disputait aussi, parfois, pour des conneries idiotes. J'faisais souvent mon sac, les yeux rouges par la colère. Avant de quitter l'appartement, j'avais pris soin à le mettre sans dessus dessous. Ses affaires mourraient au sol, noyées dans des bouteilles d'alcool explosées. Et Alma, cette folle furieuse, cette dérive permanente, me regardait droit dans les yeux, sourire aux lèvres. J'étais à deux doigts de lui foutre une claque. Non, j'lui ai certainement foutu, cette droite. Mais ça l'a pas empêché de continuer, dans la même optique de me pousser à bout. « Où tu vas comme ça ? » J'ai cherché son regard mais elle ne me voyait déjà plus, trop occupée à regarder la télé encore debout malgré la tempête précédente. « Je pars, j'en ai marre de tes conneries. Je pars et j'reviendrai plus. » Elle riait, cette salope ; elle riait comme on s'marre d'un gamin qui se casse la gueule sous nos yeux. « Tu n'es rien sans moi. » Rien. « Adieu. » Avant que la porte ne claque, j'ai entendu sa voix résonner une nouvelle fois, au milieu de tout ce bordel. « à tout à l'heure. »
J'avais peut-être de la volonté à ce moment là, oui, mais pas la force d'affronter New York une nouvelle fois. Au bout de deux minutes, j'ai manqué de me casser la gueule dans les escaliers déjà trop sombres par la nuit. J'ai fait demi tour et j'ai toqué à sa porte, comme un chien pleurnichard.
Et je l'ai aimé, à nouveau.

Charles Manson.
Elle pouvait bien manier mon cœur, Alma n'était pas assez grande pour détruire la douleur que reflétait mon âme. J'ai commencé à la laisser de côté, petit à petit, j'ai oublié de rentrer à l'appartement le soir. J'ai cessé de lui dire adieu une fois le soleil couché. Les caresses se sont transformées en coup de poing lorsque la relève de la famille Manson s'est présentée à moi. J'ai eu la sensation de découvrir un nouveau paradis. Eux ne manquaient pas de drogues, eux souriaient sans cesse. Eux m'ont trouvé de faux papiers. Ils n'en avaient que faire de la justice et des règles de loi. Le monde leur appartenait, ils l'avaient à bout de doigt, comme ça, comme si c'était la chose la plus évidente.
On a seulement continué ce que Charles Manson avait commencé.
La croix gammée, j'me suis réveillé un beau matin avec elle sur le bras et un horrible mal de tête. J'ai fait que lui rendre honneur au mieux. On sortait souvent la nuit pour tabasser des gens innocents, ceux dont la tête nous revenait pas, parfois. Même une femme enceinte y est passée un jour, on rendait service à l'humanité à notre manière. Les flics nous suivaient, sans cesse. Les crânes rasés ne pouvaient pas marcher sans les avoir tout autour. J'crois, qu'au final, ça nous faisait plus jouir qu'autre chose.
C'est grâce à cette grande famille que j'ai retrouvé un semblant d'équilibre, que j'ai pas sombré dans l'désespoir de ma solitude. J'me suis mis à frapper Alma, quand elle voulait que j'reste avec elle pour la soirée. Et j'ai fini par ne presque plus revenir, trop occupé à leur tailler des pipes pour un peu d'héro. Ils auraient très bien pu m'tuer s'ils le voulaient. Je n'en avais rien à foutre. J'étais capable de tout pour eux. Du pire et uniquement du pire. L'meilleur, on le connaissait même plus, avec le temps. Je marchais sur leurs pas, prêt à détruire la terre entière s'il le fallait. J'me sentais vivant, pour une fois, réellement. J'avais une utilité, même si les autres la trouvait sale. On passait notre temps à baiser et se faire baiser. Et quand il s'agissait pas d'notre groupe, on baisait les autres, à quatre pattes, à coup de poings dans la gueule. Ils gerbaient leurs tripes sur nos chaussures et ça nous faisait sourire, comme de grands cons. J'ai appris à détester la terre entière. À ne porter de confiance qu'à moi-même et à eux. Parce que eux, jamais, oh non jamais, ils ne me laisseraient tomber. Ils n'étaient pas de la vermine comme la justice pouvait le prétendre. Ils étaient bien plus que ça.
À mes yeux, à vrai dire, ils étaient tout. Absolument tout.
J'étais un chien d'plus attaché au bout de leur laisse. Un chien qui avait la rage. Une soif de revanche.

Cleb.
Il est revenu, ce connard. C'était un mercredi, je crois, un mercredi de pluie. Un mercredi qui chialait la scène qui se déroulait dans notre appartement. Cleb était là, avec son sac, les cheveux mouillés, à supplier Alma de le reprendre. Cette conne au grand cœur l'a accepté au bout de cinq minutes de négociation. J'ai rien dit sur l'moment, j'crois que j'étais trop sur le cul de le voir revenir après toute cette absence. J'voulais pourtant lui gueuler comme un crevard, le jeter par la fenêtre mais j'ai préféré retourner au lit et m'défoncer. Les premières semaines, j'fuyais l'appartement. Je pouvais pas supporter d'le voir dormir dans notre canapé.
Mais Alma s'est barrée et les choses se sont enclenchées. Ma rage a frappé.
Ma rage a attrapé ce putain de flingue après des cris rageurs. Planté dans l'entrée, j'l'ai menacé de le tuer s'il venait à me quitter une nouvelle fois. Et si par malheur je venais à le rater, la balle, elle s'enfoncerait dans mon propre crâne. J'avais envie d'le faire culpabiliser, une bonne fois pour toute. Qu'il se morde les doigts et se rende compte de sa bêtise colossale. Je voulais le voir ramper à mes pieds et s'excuser comme un clébard. Je rêvais de lui casser les dents à coup de pieds dans la tronche. Pourtant, les larmes aux yeux, j'ai fini par lâcher l'arme et m'approcher de lui. J'savais parfaitement ce que je faisais à ce moment là : je détruisais ce qui nous détruisait.
Mes lèvres se sont posées sur les siennes, ont manqué de s'y brûler. Sa main contre mon sexe n'a fait que faire grimper la température. Et ces degrés de trop ont fait naître l'inévitable. Un nouveau sentiment, mélangé à la rage, encore plus redoutable que tous les autres.
Au final, ce connard n'a fait que reprendre l'emprise qu'il pouvait avoir sur mon être. Le filet s'est refermé sur moi et à nouveau, je n'ai plus fait que le regarder, lui.
Alma est revenue, et elle a compris.
Ça s'voyait comme le nez au milieu de la figure de c'qu'elle disait.
Ses cris prenaient toute la place dans l'appartement. Ses cris qui voulaient nous séparer, tous les deux, Cleb et moi. Elle disait, les larmes aux yeux que je pouvais pas lui faire ça. Qu'on avait pas le droit de lui faire un tel coup de pute. J'ai peut-être eu de la peine, à un moment. J'crois même que j'aurais été capable de retourner avec elle, pour le faire payer à Cleb et retrouver un peu de ma tranquillité. Mes cris s'entendaient même pas, pour une fois, non ils étaient détruits par ceux du frère et de la sœur. J'ai regardé la bataille, un peu comme un con, incapable de bouger, trop défoncé pour ça, certainement. Du moins, jusqu'à ce que le corps de la jolie ne s'écrase violemment. Jusqu'à ce que les vingt et un grammes de son âme ne se perdent dans l'air. J'ai pas eu le temps de les rattraper, ils étaient déjà dans les nuages. Et les larmes de Cleb, elles rêvaient d'envie de couler. J'ai gueulé sur lui, comme un putain de malpropre jusqu'à l'aider à nous débarrasser du corps.
J'ai pris le même chemin que lui, par peur de me retrouver seul en prison. J'lui ai dit que j'en avais rien à foutre de lui, sous le coup de la colère. J'ai murmuré tout un tas de saloperies pour qu'il cesse ses regards insistants. À la mort d'Alma, j'ai passé la soirée avec Heinrich, singe volé dans un cirque. En plus de la secte, il était mon plus beau compagnon.
Lorsqu'on l'a abandonné, une fois dans l'avion, j'ai chialé comme une merde, dans les chiottes. J'ai versé toutes les larmes de mon corps à l'imaginer seul dans ce grand parc. Heinrich, il était un peu tout c'que j'avais. Il était la seule marque de douceur que j'avais dans ma vie. Et même ça, j'ai pas été foutu de le conserver. Ça me fait une raison de plus pour détester Cleb, après tout. Une parmi tant d'autres. La triste vérité c'est que j'suis incapable de lui parler en soutenant son regard. J'suis même pas foutu de respirer le même air que lui. Peut-être parce que je l'aime plus que je ne le déteste et ça, putain, c'est inadmissible.
Encore moins depuis qu'on crève ici comme deux cons au Brésil.

Et aujourd'hui, j'veux juste me sentir vide. Contrôler c'vieux cœur défoncé à la dynamite des sentiments. Parce que l'amour, la fidélité, le respect, tout ça.
Mais putain … c'est à chier.


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(#) Lun 11 Nov 2013 - 19:46
 
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♆ MALÉDICTIONS LANCÉES : 464
♆ PSEUDO : AMIANTE.
♆ AVATAR : CILLIAN MURPHY.
♆ ALIGNEMENT MORAL : CHAOTIQUE BON
♆ PERDITION : FABRICATION DE SOUVENIRS.
♆ ENNUI TROMPÉ : FIGURE PATERNELLE DES ENFANTS VOLEURS. SAINT PATRON DES ORPHELINS. LES BONNES INTENTIONS SE SONT ÉRODÉES AVEC LA POUSSIÈRE. IL LEUR A TOUT APPRIS, LES DOIGTS MAGIQUES POUR DÉTROUSSER SANS SE FAIRE ATTRAPER, LA SOLIDARITÉ DANS LE BUTIN QU’ILS PARTAGENT ET MÊME LES VICES AU CREUX DES DRAPS.

(#) Mar 12 Nov 2013 - 4:41
han non heinrich, c'est trop triste,  
adolf voulait le recontrer  

♆♆♆♆♆♆ ♆♆♆♆♆♆ ♆♆♆♆♆♆


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(#) Mar 12 Nov 2013 - 16:25
il rencontrera Heinrich²  -il pourra lui apprendre des tours quand il s'fera chier Arrow -
cleb  
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♆ MALÉDICTIONS LANCÉES : 464
♆ PSEUDO : AMIANTE.
♆ AVATAR : CILLIAN MURPHY.
♆ ALIGNEMENT MORAL : CHAOTIQUE BON
♆ PERDITION : FABRICATION DE SOUVENIRS.
♆ ENNUI TROMPÉ : FIGURE PATERNELLE DES ENFANTS VOLEURS. SAINT PATRON DES ORPHELINS. LES BONNES INTENTIONS SE SONT ÉRODÉES AVEC LA POUSSIÈRE. IL LEUR A TOUT APPRIS, LES DOIGTS MAGIQUES POUR DÉTROUSSER SANS SE FAIRE ATTRAPER, LA SOLIDARITÉ DANS LE BUTIN QU’ILS PARTAGENT ET MÊME LES VICES AU CREUX DES DRAPS.

(#) Mar 12 Nov 2013 - 16:27
fais gaffe, il va t'le voler Laughing heinrich et adolf c'est une grande Histoire (avec un grand H -pan-) What a Face

♆♆♆♆♆♆ ♆♆♆♆♆♆ ♆♆♆♆♆♆


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(#) Mar 12 Nov 2013 - 18:02
What a Face 

juste l'histoire est  .
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(#) Mer 13 Nov 2013 - 14:47
le voler ? j'ai eu la naïveté de penser à une garde alternée.  -sinon t'auras le maître sur le dos, en plus Arrow-

alciiide, mon mignon.   merci
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(#) Mar 19 Nov 2013 - 18:20
sèche tes larmes, je suis là perv
tu veux quoi, là, hm ? lance des cris ? des trucs ? tu sais faire que ça  il sait faire que ça, le petit ange. mais bon, cleb va pas s'en plaindre  même qu'il ira chercher un merveilleux singe que pour ange  et qu'il va travailler fort fort pour nourrir sa pauvre femme au foyer Arrow pff en tous cas, t'es mieux de finir les deux parties qui restent, tu vois, parce que j'ai bien envie de rire, moi, en lisant le don de ce petit  
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