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Samuel | Salut.

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(#) Mer 2 Avr 2014 - 17:40
Samuel Pérez

âme égarée
Héritage Infortuné ♆ Le paternel portait un nom des plus commun pour cette partie du monde; Pérez. Maintenant, son rejeton se trouve dans cette même normalité à cinq sur dix dans l'échelle du moyen. Le moyen de la moyenne. Appellation aux Origines Contrôlées ♆ La mère voulait que son fils s'appelle Józef, le père, Manuel. Finalement, c'est Samuel qui est tombé. Simple, biblique, ça a mis tout le monde d'accord. De toute manière, Józef Pérez ça aurait fait trop de z. C'était mieux avant ♆ Il a la mâchoire marquée et, de loin, ses traits tirés donnent un premier constat : il doit avoir la trentaine, ou alors, ne pas en être bien loin. Puis, on perçoit l'étincelle dans son regard ou pire, il se met à sourire. On change d'avis; ce gars-là, il est pas majeur, certain. Fatalement, le verdict tombe. Merde. Vingt-quatre ans. Vingt-quatre ans et pas foutu de dire s'il a l'air d'un enfant qui fait vieux ou d'un vieil enfant. Première Bouffée d'air ♆ S'il n'a jamais eu envie de fêter son anniversaire parce qu'il n'en avait rien à foutre, Samuel sait que c'est le jour des morts, le deuxième jour de Novembre, il a bien appris sa leçon. Papa et Maman ♆ Le père était argentin, la mère, polonaise. Difficile de savoir si c'est la Foi ou l'amour du travail bien fait qui les a fait qu'ils se sont liés. Sûrement un peu des deux. Dans mon lit ♆ Samuel se plait à dire qu'il n'en a rien a faire même si on ne lui a jamais laissé trop le choix. "T'es sympa comme gars" c'est ce qu'on lui dit. C'est pas ce qu'on balance à quelqu'un qu'on veut mettre dans le lit, ou réciproquement. De toute façon, maintenant, c'est trop fatigant. Degré de solitude ♆ Il y a eu quelques histoires, pas bien longues. Plutôt courtes. Pour autant, Samuel n'est pas complètement seul. Il est le bon pote. Rien de plus. Célibataire. Tromper l'ennui ♆ Maintenant que la prof est enfermée, il a pris le relais. Pas besoin d'avoir de grandes études pour apprendre aux autres à déchiffrer et compter. En plus, il les aime bien, les gamins. Il se fait payer par pièce ou par troc, parfois, il donne des cours bénévolement pour ceux qui ont rien à filer. Alors, forcément, il ne peut pas vivre que de ça. Pour assurer sa bourse, il est nettoyeur. Pas de détritus, mais de gens. Il est payé pour retrouver les corps de ceux que l'on a perdu, où qu'ils soient, et quel que soit leur état pour les donner au fossoyeur. Comme quoi, y en a qui croient encore en un dieu ou autre pour donner des pièces et s'assurer que leurs proches soient mis en terre. Il pose pas de question, mouchoir sur la bouche, il va chercher ( enfin, sans chipoter ni être réfractaire aux trips louches, si quelqu'un peut expliquer comment ce macchabée a terminé sur le toit, à poil, une bouteille d'alcool dans le cul, ça serait sympa ). Il lui arrive de récupérer des trucs utiles sur les cadavres, ça ne leur servira plus (pour le cas précédent, y avait pas grand chose à récupérer. Ouai. La bouteille était vide).Tombé dans le trou à rat ♆ Le compte est simple: depuis toujours. Né parmi les rats, pas forcément mieux, sans être le pire. La nouvelle famille ♆ Le salaud sue, s'esquinte, il n'y a rien d'autre à faire quand on continue de croire, quelque part, que ça va aller.


au-delà des dunes
Joli prénom ♆ J'ai un prénom de gâteau.   Pseudo pas beau ♆ Mon chien l'a mangé mais, dans le doute, c'est Boule de Fuite. Inconnu au bataillon. Nombre d'hivers endurés ♆ Une vingtaine Pierre précieuse préférée ♆ Émeraude  Compagnie de voyage ♆ J'avais vu le lien du forum sur un tumblr dont j'ai oublié le nom parce que j'oublie toujours les noms. Puis, j'ai voulu m'inscrire plus tard sur le forum, et j'avais aussi oublié le nom. Alors j'ai fouillé dans l'internet, j'ai sué, j'ai retrouvé le tumblr et le forum que dont j'ai noté le nom sur un post-it en revanche ... j'ai oublié le nom du tumblr, encore. Mot doux ♆ J'aime bien le glauque, le contexte en général une fois que j'ai réussi à le comprendre. Il est transpirant, porteur de toux rauques et de poussière, c'est cool. Par contre, le design qui bouge de partout, c'est vicieux. J'suis bien resté dix bonnes minutes à jouer à tout faire déplacer en mettant ma souris dessus. Degré d'addiction ♆ Mettons un modeste cinq sur dix parce que j'aime la moyenne des moyennes. Sésame ouvres-toi ♆ Enfermons-nous mélancoliques sauf cas exceptionnel. Lever de rideau. (malgré de longues relectures, j'ai l'impression de n'avoir rien capté au code et je m'en excuse)Tête de cochon ♆ Kieran Culkin Remerciements ♆ (crédits des images) bannière de ademain sur tumblr, avatars de MORIARTY Mot d'amour en plus ♆ Paraît que sur les forums à avatars réels, les scénarios sont beaucoup plus importants qu'ailleurs [Newbie inside]. J'ai pas osé y toucher, désolé, cognez pas le boulet, on dit que ça se soigne. Et je vous envoie de l'amour, dans un clown.
Dans la pauvreté, vous pouvez conserver la noblesse innée de votre coeur; dans la misère, personne n'en est jamais capable. ▲ DOSTOÏEVSKI
R.A.S.
Il a toujours été là sans l'être. Le type, pas besoin de lui porter le moindre regard; il fait partie de paysage. L'a pas le physique joli ni le charisme. L'est pas non plus imposant. Il s'écrase dans son coin, la tête légèrement rentrée dans les épaules et il attend, avec l'air du bovin qui regarde passer les camions. C'est l'ombre silencieuse qui observe juste, vanné. Puis, quand vient le moment, son regard se met à scintiller de cette putain d'étincelle. La réplique part alors toute seule, claquant comme un coup de feu. Samuel ne parle pas et quand il s'y risque, il faudrait lui faire fermer sa gueule. La répartie cynique, ça le connait. On lui donne des airs supérieur avec ses remarques qu'il ne retient pas, moqueur. On lui offre d'être un je-m'en-foutiste. Que c'est qu'un pauvre crétin trop con pour avoir un cœur. Quand il faut le secouer, il hausse les épaules. Samuel a l'air de s'emmerder quand quelqu'un lui raconte ses problèmes. Sale gamin gâté. Pourri au point de faire un doigt d'honneur aux autres. Qu'est ce qu'il y connait, lui, aux emmerdes et au trou sans fond de la misère ? Fils à papa ou maman, quelle différence ? Il se permet de reprendre les conneries des autres alors qu'il ne vaut pas mieux. Tête à claques, qu'il retourne chez lui et nous épargne sa sale tronche de moralisateur à deux balles. Samuel en a déjà reçu, des coups, pour une malheureuse phrase. Il réplique pas, l'enfoiré, comme s'il valait mieux que ça. Il laisse pleuvoir les poings, un jour, il ne pourra plus se relever. Dès fois, ça calme, qu'il renvoie rien ou alors, ça empire. Pendant ce temps, il a l'air de s'en foutre, d'avoir mal, ou que ses os finiront par céder. Une fois que c'est passé, rien ne l'empêche de sourire. Les cons, c'est toujours les plus heureux. Ce genre de trucs doit l'occuper, c'est sûrement le plus important, de pas s'ennuyer.

Pourtant, il n'a pas l'air plus mal quand il est dans son coin. On pourrait croire qu'il s'adapte. Ou bien qu'il est à un tel niveau de dédain que ça n'a plus d'importance. Ça doit être ça, ouai. Mais, tous les jours, il est à son poste à l'école. Marrant qu'un salaud pareil veuille s'occuper de plus jeunes. Il doit se sentir fier, la ramener, pour se faire mousser. Bah, non, il reste à rien dire de plus qu'à l'ordinaire. Quand on y pense, c'est vrai qu'il s'est jamais vanté de quoique ce soit. C'est qu'il est trop con pour y penser, on a trouvé, ça empêche pas qu'il fasse arrogant. Il doit les faire pleurer, les gamins. Ah, on sait que non, maintenant. Il parait même qu'il a des potes, ce Samuel. Putain, parce qu'il y en a qui arrivent à le supporter ? C'est encore pire, niveau raillerie insolente. Les gens sont maso, sérieux. Il sait pas parler normalement, Samuel, faut qu'il balance la pique. On dirait qu'il se moque, qu'il en a rien à carrer pourtant, ce salaud, il reste là, il pose même la main sur l'épaule. Même si les mots gentils, il les a oublié, il balance des claques verbales. Y'en a que ça fait aller mieux. Il est peut-être pas si con, Samuel, en fait.


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(#) Mer 2 Avr 2014 - 17:43
Jamais de titre avant la fin.

l'étrange
C'était un couche-tard, Samuel, avant. Il disait qu'il n'avait pas besoin de dormir, dormir, c'est pour les vieux, et puis, étant ado, ça faisait cool de se dire qu'après deux heures de sommeil, il était d'attaque pour la journée. Sauf qu'il comptait pas les jours où il se levait tard, aussi, avec plaisir. Le diable, lui, ne l'a pas loupé. Samuel a le teint pâle, presque jaune, à cause de cette merde. Ses yeux sont enfoncés dans ses orbites et les cernes qu'il se traine ne mentent pas. Il a beau essayer de se coucher, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, fermer les yeux, rien n'y fait. Au début, il a cru que c'était juste des crises d'insomnies normales, qu'au bout d'un moment, ça rentrerait dans l'ordre. Le temps a passé, et lui, toujours plus épuisé s'est rendu à l'évidence: il ne pouvait plus dormir. Alors, le repos qu'il pouvait obtenir en somnolant a commencé à lui manquer. Puis les rêves de son inconscient endormi et même ses cauchemars. Malgré le fait qu'il ne puisse plus pioncer, son corps se fatigue comme normalement. De cette manière, Samuel a appris a économiser son énergie. Il ne se presse plus, il bouge lentement, il évite le surplus d'efforts parce qu'il sait qu'il pourrait tourner de l'œil. Il a l'air de somnoler perpétuellement, trop lent. Au moins, c'est pas lui qui risque de piquer du nez à son boulot. Le plus drôle dans l'histoire, c'est qu'il a un lit, chez lui. Un vieux matelas défoncé sur lequel il aime bien s'allonger et fermer les yeux. Dans le noir, il se repose, à défaut de dormir. Samuel a même commencé à avoir peur des symptômes qui précèdent l'évanouissement, quand il en fait trop. Il veut dormir mais, en même temps, il craint d'y parvenir.
Peut-être qu'il ne se réveillera plus jamais.
(c) MORIARTY


São Poeira
Pour comprendre comment il a été pondu là, il faut remonter à plus vieux. Quand le couple Pérez a déboulé dans ce trou perdu, avec leur petit Juan Marino ou juste : Juan. Qui sait pourquoi, cette ville était pour eux leur eldorado, mieux que leur vieux village argentin. Et ils ont travaillé, ils se sont brisés le dos pour que leur fils ait le meilleur avenir possible. Pour autant, Juan n'a jamais pu quitter cette ville. Il était devenu policier, à l'époque où il y avait un peu d'ordre. Il aurait pu être mieux mais, il avait la passion. Un beau jour, une petite blonde est tombée. Kaszia Gniewek, une polonaise, est venue s'enterrer dans cette ville, elle aussi, elle avait la passion, elle était institutrice. La femme voulait que même les plus démunis puissent avoir accès à l'éducation, Juan, que les habitants puissent se sentir en sécurité. Un beau couple aux yeux pétillants d'idéaux le tout saupoudrée d'une grosse poignée de foi chrétienne. C'était le genre de personnes à accueillir les gens dans le besoin à la maison sans rien demander. Des Saints, ouai, voilà. Et après les Saints, il y eut Samuel. Ce trou perdu, c'est toute sa vie entre les cailloux et le fleuve. Mais, comme la plupart des jeunes, il a des envies d'escapade. Samuel, il aurait voulu voir le monde, partir loin. Le diable a rit et l'a chopé par les cheveux. Tu bougeras pas gamin, comme tout le monde. Il est pas fou Samuel, il a vu ce qui arrive à ceux qui essayent de glisser entre les griffes du Malin, alors, il reste. Il relativise. De toute manière, il a des choses à faire ici-bas, aux portes de l'enfer. Maintenant que ses parents ne le peuvent plus, c'est à son tour d'apporter un peu de lumière.
(c) MORIARTY

Dans la pauvreté, vous pouvez conserver la noblesse innée de votre cœur; dans la misère, personne n'en est jamais capable. ▲ DOSTOÏEVSKI
Il flotte, le ventre à l'air.
Ses yeux courraient sur l'écriture maladroite devant lui quand son attention fut captée par un fébrile mouvement, un peu plus loin, timide. Samuel reposa la feuille devant lui en levant le nez : « Oui ? »
Hésitant, le môme chuinta « Gian bouge plus. J'crois. »
Face à ces paroles, plusieurs autres têtes se tournèrent en direction du dénommé tandis que le professeur quittait sa chaise, sans un son sur le sol défoncé, et se penchait sur le bureau, avisant le petit être. Ses traits n'avaient montré aucune variation tout le temps que dura l'inspection, entre le sérieux et l'ennui morne, son faciès habituel. Certains des élèves se pliaient sur leur table ou hésitaient à se lever pour s'approcher. Il était vrai que Gian n'avait pas l'air en grande forme ces derniers temps. Le brun avait songé à un tracas plus qu'à un réel problème, néanmoins, il s'était montré vigilant. Mais, cela n'avait vraisemblablement pas suffit, à moins que ce ne fut tout simplement le moment venu. Un faible soupir s'échappa de ses lèvres quand ses épaules montrèrent un léger affaissement.
Une petite voix chuchotait : « Il est mort ? » Samuel s'en alla attraper sa veste après s'être lentement redressé et en recouvrit précautionneusement le misérable bocal de fortune pour éviter que ses élèves se trouvent déconcentrés par le minuscule poisson. De toute manière, il ne faisait pas frais. Le professeur fit glisser son regard sur la classe :
« Bon, j'commence par vérifier le travail de qui ? »
« Tu vas l'enterrer ? » le gamin se reçu un coup de coude « T'es con. Un poisson, ça s'enterre pas. »
« Le manger alors ? »
Samuel tapa doucement dans ses mains pour ramener le calme
« Je m'en occuperai, n'vous souciez pas de ça. Et; Marcel. »
« Hm ? »
Il tapota du bout de l'index sur l'ardoise du garçon « J'ai le regret de t'annoncer que cette lettre n'fait pas partie de notre alphabet. Regarde. » L'homme désigna le tableau « Fais plus attention au modèle, pour ne pas confondre. »
L'ambiance était revenue à son statut le plus studieux et le cours prit fin sans autre perturbation. Comme à son habitude, Samuel rappela aux plus jeunes de veiller à rentrer en groupe puis, il quitta à son tour les lieux d'éducation ou du moins, leurs vestiges. Il avait toujours cette sensation perpétuelle de ses pieds trainants sur le sol tandis qu'il marchait. Pour autant, les semelles de ses godasses ne faisaient pas plus de bruits que ça dans les gravas. Dans ses bras, la forme du récipient sous le tissu et le sac solidement accroché à ses épaules. Sans se presser, Samuel rentra néanmoins avant que le vent ne se lève. Enfin déchargé, l'instituteur prit quelques minutes pour se laisser tomber lourdement sur son matelas défoncé. Il souffla. Ce n'était ni son lotissement respirant à la fois humidité et sécheresse ni le fait qu'une de ses volailles avait malencontreusement "disparu" qui le dérangeait. Le climat du coin de l'avait jamais dérangé, nativement habitué et pour le second cas, c'était le risque de tout les heureux en possessions de quelques animaux. De ses mains, il frotta son visage avant de les laisser retomber contre son ventre et tourna son visage en direction de la table. Ce p'tit poisson, il l'avait trouvé perdu au milieu d'autres, au marché, encore frétillant. Trop petit pour servir de nourriture à qui que ce soit, Samuel avait demandé à le récupérer avant qu'il ne clamse. Il ne servirait à personne de toute façon. Dans un vieux récipient en verre, l'animal s'était progressivement remit et le fils Pérez s'était retrouvé à l'embarquer avec lui, tous les jours, à l'école. Tant et si bien que cela ne surprenait plus personne qui le croisait. Les gamins l'aimaient bien. En plus, ça donnait un peu de vie, Samuel se souvenait que, quand il était môme, il y avait un poisson aussi, dans sa classe. Le simulacre de bocal ainsi recouvert donnait l'impression d'une parodie funéraire.

Il croyait que l'appeler Gian lui aurait porté chance.

Il lève son doigt face au monde, face aux cons. Il est l'un d'eux.

« Shht ! Maman va nous entendre ! » malgré sa tentative de prévention, le gamin lui-même s'agite sous le drap, lancé dans la bataille. L'autre cesse brusquement ses attaques, soufflant « Et pas ton père ? »
« Elle a des antennes. »
Un moment de silence s'en suit puis, les garçons se recroquevillent, les mains plaquées sur leur bouche. Ils se retiennent de rire en imaginant la mère qui se lisse les antennes avec ses pattes, comme le font les fourmis. Ils en pleurent, même, près de s'étrangler, blottis dans leur bastion de tissu rigide. C'est progressivement que les rires étouffés se calment, l'instant est un cocon. Quelque chose doux et chaud à la fois. C'est pas la meilleure des vies, pourtant, ils sont heureux, ces mômes. Et, quand Samuel repose sa joue contre le matelas, il ne pense pas aux problèmes que peuvent avoir certains, ni à ceux qui plient sous le poids de la mine, même s'il est né là, qu'il pourrait être l'un d'eux et qu'il faudra travailler dur pour avoir mieux. Non, ce n'est pas encore le moment de songer à ça, il sourit. Samuel a sept ans. Son ami, c'est bien le seul qu'il fait venir chez lui. C'est fusionnel. Sans se ressembler ni porter le même nom, il le considère déjà comme un frère. Doucement, il tire une des boucles noires de son copain entre ses doigts « Tu peux presque t'faire une moustache. » et ils se marrent encore.

Ça n'avait pourtant pas si bien commencé. La première fois qu'ils se sont parlés, ils se sont jeté l'un sur l'autre avec hargne, comme des animaux. Ils se seraient bien crevés les yeux si leurs mères ne les avaient pas séparés. Quelques claques bien senties, ils s'étaient fait réprimander : « Pourquoi vous vous battez ?! »
Les deux gamins, la joue douloureuse se sont regardés avec une grimace puis, ils ont haussé les épaules à l'unisson. Ils avaient déjà oublié.

La lumière éclaire la chambre lorsque la porte s'ouvre sur la silhouette sèche. Les corps se figent, la respiration coupée. Cependant, la femme n'est pas dupe et croise les bras avant de lâcher dans un soupir « Vous ne dormez pas. » Si, face à certains animaux, faire le mort semble être une bonne solution, ça ne prend pas avec Kaszia. Ses yeux gris savent lire l'âme, Samuel en est persuadé. Tout comme il est certain qu'elle est capable de les voir, malgré le drap fermement rabattu sur leur tête. Elle ne se fait jamais avoir et c'est normal; elle est mère en plus d'être institutrice. L'estomac noué, le fils sort le bout du nez de sa cachette, précautionneusement, comme face à un serpent frétillant. Elle est peut-être en colère. Quand il voit son visage, il se détend immédiatement, elle n'est que fatiguée et, du bout des doigts, s'en va appuyer sur l'épaule de l'autre garçon. Dès le moment où ils échangent un regard, ils ne peuvent se retenir de pouffer. Ils se souviennent des antennes. La femme lève les yeux au ciel. Elle n'est pas une mégère, néanmoins, comme tous les gamins, Samuel craint les colères de sa mère. Peut-être même plus que son père. Si celui-ci fait la loi dans la ville, les champs de guerre de sa mère sont l'école et la maison. Elle possède une présence et sait se faire respecter malgré sa frêle carrure de petite blonde. Samuel les connait déjà par cœur, les signes du courroux. Il les a déjà vus, comme cette fois où un étranger a pris sa mère pour une russe. Ses traits se sont tirés et le ton de sa voix est devenu sec à faire frémir, froid. Elle est fière, Kaszia, de sa nationalité. Et malgré son altruisme, elle a un problème avec les russes. Samuel ne comprend pas, ce sont des histoires d'adultes. Des soucis plus vieux que lui, qui datent de quand elle était dans son pays. Des choses qui ne le regardent pas, il s'en fout. 

Son père, c'est le plus doux, alors qu'il est fait comme un baobab géant. Samuel a hérité de ça, il est solide, même s'il sera jamais aussi grand. Juan Marino, et plus souvent juste Juan, c'est un sourire. Un sourire et des muscles. Samuel ne s'est jamais senti plus en sécurité qu'à ses côtés. Il est l'inébranlable et le gentil à la fois. Son père, c'est un super-héros. Le garçon ne lui dit pas, parce qu'il ne sait pas faire. Ça le met mal à l'aise. Il préfère de loin hausser les épaules et ne pas y faire attention. Alors, quand ils vont à l'église, comme tous les dimanches, et qu'on le prend à part pour lui dire « Tes parents sont des anges, n'oublie pas. » Samuel les regarde, très fort. Mais, il ne les voit pas, les ailes et les auréoles de lumière. Il voit seulement ses parents.

Et ça lui suffit.

Puis le diable est venu faire le ménage parmi les humains, titillant les anges. A cette époque, ils se font des plus en plus nombreux, ses camarades de classe, à pleurer leurs parents. Samuel a neuf ans. Ensuite, la classe commence elle aussi à se vider, progressivement, comme un tuyau qui fuit en gouttant. Les gamins ne comprennent pas plus, ils ont peur. Samuel serre les poings en se mordant l'intérieur de la joue jusqu'à sentir le gout métallique sur sa langue. Il doit rester fort, le père de son ami, un mineur, est l'un des premiers à partir. Il doit rester droit pour soutenir le fils des Carlo qui ploie et pleure. Juan est très occupé, Kaszia va apporter autant d'aide que possible auprès des souffrants quand il manque de docteurs. C'est au tour du père de Samuel dont on rapporte la dépouille, un soir. Il s'est brusquement écroulé, comme d'autres avant lui, prit de convulsions. Même le plus grand des arbres est tombé. Pour autant, le garçon ne verse pas la moindre larme, il ne veut pas, comme sa mère, qu'il regarde à présent avec des yeux d'homme. Elle se tient forte et il l'imite. Pour autant, il sait qu'à l'intérieur de son corps frêle, elle pleure.
Il le sait parce que lui aussi.

Bientôt, la mère Carlo rejoint son mari et l'ami, le frère, de Samuel vint s'installer à la maison suite à cet évènement, lui qui n'a désormais plus personne d'autre vers qui se tourner. Seulement, ce n'est plus pareil. Si, avant, les garçons aurait sauté de joie de rester sous le même toit plus longtemps, à présent, cette proximité possédait ce gout amer de non-retour. L'ami ne rentrera plus chez lui, retrouver sa famille et Samuel ne dit rien quand, la nuit, il sent les doigts de l'autre garçon sur son bras serrer au point que le contact se fait douloureux. Il se tait, tandis qu'il tremble. Il a autant peur que lui. Peur de voir qui tombera ensuite, peur d'être le prochain. Samuel commence à se dire que Dieu est un connard.

Il est beau, l'optimiste, le crétin, le magicien.

Le temps passe et les garçons grandissent. Ils grandissent si vite lorsque le monstre les poursuit. On sait combien il raffole des enfants, celui qui les attrape à la cheville pendant la nuit pour les trainer entre ses griffes. Alors, il s'immisce dans leurs chairs, tantôt violemment, parfois avec la douceur d'une caresse. C'est de cette manière que Samuel n'a pas compris que le diable l'avait déjà attrapé. Trois ans. Trois putain d'années que le sommeil le quittait progressivement, peut-être plus. Maintenant, Samuel a quinze ans et il ne dort plus. Kaszia s'inquiète pour son fils mais, ne peut rien faire. L'Ami, pareillement. Celui-ci essaye de rester le plus longtemps éveillé pour accompagner le brun dans ses longues nuits interminables.
« Tu veux qu'on fasse quoi ? »
« Toi, tu dors. Je vais m'occuper. »
Le frère d'âme rit, Samuel lève les yeux au ciel :« J'vois pas pourquoi je te dis ça en fait. Dans deux minutes, tu vas ronfler. »
« T'es con, j'ronfle pas ! »
« Ah. Parce que tu fais semblant pour m'emmerder ? »
U.C.


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(#) Mer 2 Avr 2014 - 17:50
ohmondieu, un professeur le choix est superbe, je trouve, et puis l'avatar quoi
j'adore c'que j'ai bien pu lire du personnage jusqu'à présent, et j'ai bien hâte de voir la suite
bienvenue ici Hope
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(#) Mer 2 Avr 2014 - 18:05
Bienvenue à toi !
Bonne chance pour ta fiche   
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(#) Mer 2 Avr 2014 - 18:09
Han Bienvenue.
J'aime bien le comment tu  nous as trouvés, ça m'a fait rire   

Mais oui, j'adore aussi ce que tu as écris, puis j'adore ta plume, elle est belle.  
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(#) Mer 2 Avr 2014 - 18:52
bienvenue !   
bonne chance pour la suite   
tu m'as fais rire    

j'aime le début, vite la suite  
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(#) Mer 2 Avr 2014 - 19:18
Merci de l'accueil et des compliments (j'commence déjà à plus me sentir dans mes chaussettes). Et tant mieux si ça vous fait rire. Y a un proverbe avec une histoire de filles qui rient et de lit. J'sais pas si ça peut s'appliquer ici, m'enfin.

J'suis sur la suite. Elle arrive

 
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(#) Ven 4 Avr 2014 - 0:58
Bienvenue à toi joli professeur, bon courage pour la suite de ta fiche surtout !
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(#) Sam 5 Avr 2014 - 0:39
Merci bien, jeune homme (même si je ne suis pas bien vieux non plus, certes) ! Petits pas petits pas, ça avance Hope 
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(#) Sam 5 Avr 2014 - 12:10
Bienvenue sur le forum   Bonne fichette :D
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(#) Lun 7 Avr 2014 - 19:57
Bienvenue
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(#) Dim 13 Avr 2014 - 0:52
temps écoulé

le sang a giclé
Larmes de sang, là, qui dégoulinent le long de ses traits. N'entends-tu pas ses cris d'agonie, les âmes qui se voient alors meurtris ? Il fait l'enfant, le pauvre Satan, de ne pas toucher ton âme, de ne pas s'amuser avec toi. Il te voit, là, au travers de la foule, t'éloignant doucement, t'effaçant presque tendrement, et il ne l'accepte pas. Connais-tu seulement la sentence, pour rendre le démon aussi triste, aussi humain ? Dix larmes de sang ont déjà été versés, si tu n'es pas là d'ici quatre nouvelles larmes, il sortira les crocs, il sortira le fouet, et ton âme, brusquement, sera détruite à néant. Ce que Satan n'a pas, n'existe pas.


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