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la mort à nos trousses.

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(#) Jeu 13 Fév 2014 - 19:33
anatol rojas

âme égarée
Héritage Infortuné ♆ Rojas ; je ne sais pas, au fond, s'il est mien. Il résonne dans ma tête avec l'écho d'un poids lourd qui cogne sans cesse, toujours plus fort. Il couvre les autres noms, les écrase dans la moindre gêne. Rojas, il est fort, puissant, massacre les autres, pour franchir mes lèvres. Rojas, il est marqué à ma mémoire, impossible de s'en détacher. Rojas, ce sont deux prunelles qui fixent, noires, injectées de sang, et la vie qui s'en détache un peu trop lentement. Appellation aux Origines Contrôlées ♆ Souvenir, là, dans mes pensées ; le visage aimant d'une mère qui aborde un sourire trop beau, trop pur pour être vrai. Le sensation de ses doigts, contre ma joue, et de ses lèvres rouges qui murmurent Anatol, presque tendrement. Il y a elle, aussi. Elle, celle qui ne quitte pas mes pensées. Je me souviens, d'une fille en larmes, vêtue d'une robe tâchée de sang, qui hurle le même prénom à s'en fendre la voix. Il était à qui, tout ce sang ?  C'était mieux avant ♆ Les souvenirs s'entrechoquent. Bonjour, je m'appelle Diego et j'ai 35 ans. Sofia, 21 ans. Paul, 65 ans. Anatol, il avait quel âge, celui-là ? Peut-être vingt-six, ou alors mille ans. Première Bouffée d'air ♆ Ici, là-bas. Je ne sais pas, je ne sais plus. À quoi bon poser ces questions, de toute manière ? Les réponses ne changent rien, à la vie. Je ne sais pas. Ceux connaissant la réponse sont morts depuis longtemps, maintenant. Papa et Maman ♆ Ici, je crois. Ou alors, un peu plus au Sud. Je me souviens du chaud contre ma peau, le soleil qui claque trop fort et la peau qui rougit, avec le temps. Je me souviens d'une chaleur semblable à celle-ci, il me semble. Sable et soleil, ce sont les souvenirs qui marquent le plus, dans tous les cas. Dans mon lit ♆ Il les aime grande, avec les os qui font touches de piano. Il les aime petits, avec la barbue dense, au menton. Il les aime ronde, avec la voix qui porte trop fort. Je sais pas, je sais pas. Taisez-vous, bon sang ! Il n'y a que les souvenirs qui dansent et rien qui ne se passe, dans mes tripes, dans mon coeur. J'ai trop connu, trop vécu ; il n'y a plus rien. Les corps ne font que porter mon prochain repas, jusqu'à la mort.  Degré de solitude ♆ Veuf. Abandonné. Sans coeur. Lâche. Marié ? Divorcé. Victime de mon premier amour. Tout ça, à la fois, si bien que rien, au final. Tromper l'ennui ♆ Corbeau au perché à la tour de radio, j'écoute les mots et bois les paroles au travers du silence. J'observe dans l'ombre et prends tout de vous, alors que vous n'avez droit qu'à un peu de mes mots. Tombé dans le trou à rat ♆ Depuis trop de vies, trop d'âmes. Depuis longtemps, surement, à voir les souvenirs qui se noient, dans ma tête. Ou alors, peut-être ai-je mangé trop vite. Je ne sais rien.   La nouvelle famille ♆ Salaud.


au-delà des dunes
Joli prénom ♆ Mel   Pseudo pas beau ♆ NEOTAMÈRE Nombre d'hivers endurés ♆ bientôt 21, c'est la mort Pierre précieuse préférée ♆ celle de tes yeux perv Compagnie de voyage ♆ ma démence.  Mot doux ♆ oui bon, on se calme pour les mots doux. Degré d'addiction ♆ la désintox est à envisager, tu vois ?  Sésame ouvres-toi ♆ OK PAR MOI Tête de cochon ♆ Willy Cartier Remerciements ♆ tumblr parce que j'ai pas maté, et puis eden memories Mot d'amour en plus ♆ mais arrête avec tes mots doux
Je suis fatigué patron, fatigué de devoir courir les routes et d’être seul comme un moineau sous la pluie… Fatigué d’avoir jamais un ami pour parler, pour me dire où on va, d’où on vient et pourquoi… Mais surtout je suis fatigué de voir les hommes se battre les uns les autres, je suis fatigué de toute la peine et la souffrance que je sens dans le monde… ▲ LA LIGNE VERTE
voleur d'âmes

Je ne sais pas, je ne sais rien. Mes pensées sont là, si entremêlées les unes contre les autres. Sont-elles à moi, simplement ? Je ne sais pas. Les souvenirs sont là, présents et trop nombreux, se bataillant entre eux, au creux de ma tête. Je vois le sourire d'une fillette vêtue d'une robe blanche, qui tend les doigts vers moi. Je vois un homme dans une tombe, si près de la mort. Je vois le ciel, noir, et des tornades qui dansent. Je vois la neige, trop froide, contre ma peau. Qui suis-je ? Les voix hurlent et les réponses se mélangent. Je ne sais pas. Je n'entends que le silence, au travers de tout cela. Qu'un silence trop lourd, comportant tous les cris, à l'intérieur de lui.

Je ne sais pas grand chose.

Aujourd'hui, le soleil est chaud et l'eau des dunes est fraîche.
Il y a un peu de vent, aussi, juste une petite brise, assez pour faire naître un frisson, contre la peau des gens; un bon frisson.

Les gens sourient, alors j'essaie de faire de même. J'ai des souvenirs par millier du geste, que ce soit sur mon visage - est-ce réellement le mien - ou alors celui des autres. Je ne sais pas comment faire, pourtant. Une simple ombre prend place contre mes traits, et le visage reste vide. Le visage est vide, néant de tout, car il y a trop de choses, à l'intérieur. Trop de vies, trop de morts. Je ne sais pas. Les mots s'évadent au travers d'un bordel considérable et je fronce des sourcils, parfois, incapable de me comprendre moi-même. Ce ne sont pas mes mots. Je ne parle pas comme ça. Il me semble, dans tous les cas. Je ne sais pas.

Suis-je réellement Anatol ? La question résonne et je ne trouve pas la réponse.
Peut-être bien qu'elle n'existe pas, tout simplement.

Je suis là ; non, ils sont là. Je les sens, au travers de mon être. Les âmes qui dansent et qui hurlent, en permanence. Qui hurlent si forts que, au final, il n'y a que le silence, trop lourd, trop calme. Ma vie est calme. Je suis calme. Un ombre qui longe derrière les malades, la faucheuse qui attend le dernier souffle, pour le capturer entre ses lèvres, le protéger. Je suis le fantôme des âmes volées.

Je suis les champs Élysées, dans les enfers.

Je suis le calme, le silence. Je suis l'indifférence qui porte trop de choses, en son sein. Les vies qui se percutent et les hurlements qui soufflent trop forts. Je suis perdu, dans mes propres souvenirs. Incapable de classer quoique ce soit, de comprendre ce qui est à moi, et ce qui ne l'est pas. Je suis sans mouvement, attentif à tout, cherchant des réponses sans le faire, réellement. J'ai abandonné depuis longtemps.

Je me contente des choses que je sais.

Aujourd'hui, il y avait un nœud, dans mes cheveux. J'ai mis des fruits, dans mes céréales. J'ai vu un chat manger une souris, sous un perron, et j'ai pensé à la femme que j'ai épousé, celle avec qui j'ai été pendant près de cinquante années. Une grimace orne mes lèvres. Elle me manque ; où est-elle ?

Je ne sais plus ce qui est à moi, dans ma tête.


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(#) Jeu 13 Fév 2014 - 19:33
mille et une vies

l'étrange
Le début de l'histoire, je ne le connais pas. Je ne connais pas grand chose, quelque part. Où se trouve le commencement, le milieu ou alors la fin, je ne peux le dire. Tout est confus, dans ma tête, et les âmes - les lueurs dans les prunelles - semblent être ma seule certitude, tout mon univers, mes pensées, souvenirs et sentiments, à la fois. Rien est à moi, mais tout est à l'intérieur de moi. Je vole ce qui n'est pas mien, à ceux qui, dans la mort, ne peuvent plus garder ces choses pour eux. Je prends souvenirs et sentiments. Je prends les images floues, les sentiments nostalgiques et les coeurs brisés, sans y comprendre quoique ce soit. Ombre, je suis les condamnés, ceux qui ne peuvent supporter l'air des environs. Je fais rat à être ombre, à attendre la mort, pour grignoter leur peau, leur âme. Je me penche, les genoux qui s'échouent contre le sable, et je garde les yeux grands ouverts, pour capturer, pour ne pas laisser le papillon de vie s'enfuir. J'en ai besoin, pour vivre. Je crois. En ai-je de besoin ? Des âmes que je dévore, qui calment les hurlements, à l'intérieur de moi, un instant. Je ne sais pas. Je crois. J'en ai l'impression, tout au moins. Ils ne sont jamais assez nombreux, à l'intérieur de moi. Les souvenirs sont trop floues, les émotions trop loin. J'ai besoin des sentiments, à défaut de pouvoir avoir les miens. Je suis vide. Une coquille vide, oui, qui, à l'aide des autres, essaient de se remplir. Et tout se bouscule, sans que je ne puisse contrôler quoique ce soit. Vieillard un jour, fou le suivant. Je me perds, au travers des personnalités mortes, sans trouver la mienne, sans trouver mon histoire. Je pourrais, des heures durant, conter de nombreuses histoires, mais la mienne, elle s'efface et quitte mes doigts, lentement. C'est le vent, et je ne le capture pas. Personne ne le peut.
(c) EDEN MEMORIES


São Poeira
Le sable est chaud, sous mes pas. Il a cette odeur de souffre, de souffrance, oui, qui gratte mes narines et fait froncer mes sourcils, un instant. Il fait chaud et j'ai l'habitude, je crois. J'ai le souvenir de quelque chose de bien froid, pourtant, contre ma peau. Quelque chose de blanc et de doux, de gelé, qui tombe du ciel. J'ai envie de sourire, à y penser. Il y a un visage qui prend place, par la même occasion ; des prunelles noire et pourtant, pleines de chaleur. Un soupire glisse hors de mes lèvres et je penche la tête, pour ne pas sentir la caresse trop forte du soleil, contre mes traits. J'ai cette impression, au fond de mes tripes, de connaitre le monde entier alors qu'au final, je n'ai que le sable bouillant, sous mes pieds. Je ne connais que cette ville, je crois. Je ne sais pas réellement. Il me semble que des bouts de monde me sont accessibles, par les pensées, mais les souvenirs ne semblent pas m'appartenir. J'ai l'impression, souvent, que je suis fait pour être ici, pour arpenter les rues et manger les âmes qui se perdent, qui veulent aller ailleurs que dans cet enfer. On ne sait pas grand chose, de ce village. Plusieurs questions sont sans réponses, et la plupart des gens se voit à faire des suppositions. Ce village, il est un peu comme moi, au final. Plein de choses en même temps, de par les mots des gens, mais peut-être pas réellement ça.
(c) EDEN MEMORIES

On ne se rencontre qu’en se heurtant et, chacun portant dans ses mains ses entrailles déchirées, accuse l’autre qui ramasse les siennes. ▲ FLAUBERT

lucas

Il y a un bébé qui pleure. Il pleure fort, trop fort. J'ai mal à la tête. Il hurle, encore et encore, telle une sirène qui ne se tait pas. Il crie trop fort. Mes doigts se serrent, les pensées se font denses, dans ma tête. Il doit se taire. Pourquoi il ne se tait pas ? Où est donc la mère. Mes pupilles vagabondent tout autour, mais je ne la vois pas. Elle n'est pas là. Je suis seul, accompagné du bébé. Ma carcasse se détache du fauteuil alors qu'il hurle un peu plus fort, dans sa chambre. Comment peut-il faire ça ?  Les bébés, ils sont supposés être adorables, faire de jolis sourires et baver un peu trop, parfois. Les bébés, ils sont supposés dormir, une fois au lit. Il ne comprend pas, selon moi. Mes doigts se serrent alors que mes pas claquent, contre le parquet. Le plancher est trop usé, trop vieux. La maison complètement est sur le point de tomber. L'argent manque, le bébé prend tout. Il prend ma vie, ma liberté. Le bébé hurle et pleure, prend tout ce qu'il me reste. Il prend ma tête. Je perds la tête, face à ses hurlements inlassables, et ma retenue se fend en deux. Les deux parties sont trop loin, maintenant, pour être recollées. Mes prunelles observent l'enfant qui pleure, le visage noyé au travers de ses larmes et de sa morve. Il est hideux. Je n'en veux pas. Qui voudrait de ça, après tout ? Personne ne veut d'un enfant comme ça.

Il est fin, le sourire qui orne mes lèvres. Je souris doucement, oui, avant de tendre les doigts vers lui, caressant sa joue presque tendrement. Il se calme un peu, avant de recommencer de plus belle. Le sourire ne disparaît pas ; la seconde main s'empare d'un ourson un peu trop grand pour lui, juste là. Je le serre entre mes doigts, sent la douleur qui glace mon sang. Qu'importe. Qu'importe. L'ourson danse un peu, sous ses yeux, mais l'enfant pleure toujours. Il ne sait faire que cela.

Mes traits se crispent un peu, et l'ourson rencontre l'enfant. Winnie l'ourson prend Jean-Christophe dans ses bras, un peu trop fort. Le petit pleure encore, mais les bruits sont étouffés. Bébé manque de souffle, papa sourit un peu plus fort. Le bonheur, il gonfle dans mes veines, toujours plus fort. Le nirvana approche, l'extase est là. Le petit fait de moins en moins de bruit.

La porte claque. « Mon amour ? » Winnie l'ourson perd vie, en entendant la voix. Mes doigts le libèrent et mon coeur fait tempête. Le bébé respire, un peu bleu des lèvres. Il est ailleurs, perdu dans l'inconscient, peut-être. « Je -J'arrive ma chérie ! » Dernier œillade au petit, avant de quitter la chambre en silence.

Le bébé ne pleure plus.


charlotte

Elle s'appelle Charlotte, mais elle se fait appeler Cha. Chaque soir, la lueur des lumières tamisées longe contre sa chair dénudée, sous les pupilles dilatées, assoiffées des ivrognes assis aux tables. Elle danse pour quelques billets, pour payer le loyer et nourrir l'enfant qui repose, à la maison. Elle danse dans l'espoir de retourner aux études et d'avoir droit à une vie qui lui appartient, un jour et pour offrir un avenir meilleur à sa petite fille. Charlotte aime parler avec moi, autant que j'aime parler avec elle. Elle a ce sourire sur les lèvres, cette innocence dans les yeux, lorsque je la traîne vers les cabines privées. Elle m'a dit qu'un jour, un homme a voulu s'en prendre à elle et elle en a la cicatrice, à l'intérieur de sa cuisse. Cha a un peu hésité alors, lorsque je lui ai proposé, la première fois. La peur a dansé dans ses prunelles et j'ai soufflé tout bas, en posant ma main sur la sienne « je veux juste parler, ma belle. j'attends pas ta voix, avec toute la musique, autour de nous. » Elle a mordu l'une de ses lèvres - je me suis masturbé, plus tard, en pensant à ça - avant d'hocher de la tête et d'accepter.

Charlotte a le corps un peu en courbe, preuve de la vie qu'elle a porté, il y a moins de deux années. Charlotte a une voix basse, douce, comme les ailes d'un ange. Elle murmure ses mots d'une voix basse, comme si elle avait peur, au fond, qu'on en vienne à les lui voler. Charlotte passe ses doigts dans ses cheveux, quand elle rit, car elle a cette habitude de pencher sa tête vers l'avant et il lui cache la vue. Charlotte a les yeux qui brillent, comme les plus belles des étoiles, et on a l'impression d'être important, pendant un instant.

Elle est belle, pas comme une déesse, mais comme une femme se doit de l'être. La vie a marqué son être et elle porte son corps fièrement, sans la moindre gêne. Elle fait ce qu'elle peut pour survivre, et elle m'offre le plus beau des sourires.

Charlotte, mon premier amour.

Le sang de Charlotte est rouge, comme ses lèvres. Il tâche mes doigts, qu'importe l'eau que j'y glisse, pour les nettoyer. Charlotte a le sang rouge, attirant, comme son corps. Charlotte avait les yeux qui brillent, pour un homme mauvais, pour elle. Charlotte a arrêté de danser, car elle est tombée amoureuse, elle s'est fiancée.

Je cherche mon coeur, dans le corps sanglant de Cha. Je n'y trouve que le sien, vide de tout battement pour moi. Son coeur ne bat pas, pour moi.

Charlotte ne m'aime pas.  


antonin

Je sens la mort, derrière moi. Il n'y a pas de surprise, après tout, vu le lieu. La chaleur bouffe ma peau et le soleil fait fondre mes espoirs. Chaque jour semble être une douleur, une cicatrice en trop, contre ma carcasse. Je n'ai pas la force, l'envie de rester ici. Je sens la mort à mon âme, qu'importe ma survie, face à ce foutu gaz. Je la sens qui glisse contre ma peau, comme cet homme, là, qui suit mes pas, en silence. Je sens ses yeux qui me dévisagent, au travers du silence trop lourd ; il attend ma mort, le geste qui change le monde, tout entier.

Mon monde, tout au moins.

Mais il y a trop de gens, ici, tout autour. Il y a trop de gens pour voir, trop de prunelles qui désirent se perdre, pour se noyer dans le malheur d'un autre, simplement. Mes yeux baissent, se perdent contre le sol. J'observe, là, en silence, les grains de sable. Il y a des points, contre la peau de mon bras. Des marques de la drogue, de l'illusion que j'ai voulu créer, me perdre, mais rien ne change.

Une illusion, ce n'est pas une vie ; je ne comprends pas comment des gens peuvent s'accrocher à une telle chose, une chose qui prend fin trop rapidement, et le mal, par la suite, qui se voit plus grand, plus présent.

En enfer, il n'y a pas la moindre lueur. Juste le feu, trop fort, qui essaie de brûler ma carcasse le plus longuement possible. De me marquer jusqu'à l'os, pour que je cris, que je pleure en silence, incapable de faire quoique ce soit.

Je ne lui laisserais pas ce mérite.

De toute manière, il y a sa faucheuse, derrière moi. Sa faucheuse qui suit mes pas, pour happer mon âme et la faire brûler, dans les profondeurs.

Dans les profondeurs, oui, là où il fait si noir que les flammes de l'enfer, pourtant vives, grandes, on ne les voit pas.

La faucheuse, elle est là, oui, lorsque j'enfonce la lame dans ma gorge, presque avec trop de force. Elle est là, avec ses mains froides, presque douces, qui se posent contre ma peau. Ses prunelles sombres se plantent dans les miennes, alors qu'autour, le noir se fait grand, toujours plus froid.

Elle est presque trop douce.


joseph

Le temps file entre mes doigts ; j'ai beau les tendre, les refermer et prier en gardant les yeux fermés, il ne reste pas. Le temps part, me quitte comme mon souffle et ma vie, comme tout le bonheur qui peut être présent, dans mon pauvre coeur. Ô pauvre coeur, si vide, depuis quelques jours, depuis trop de temps, maintenant. Comment peut-on survivre dans un pareil monde, sans sa moitié ? J'ai les pieds qui arpentent la terre et pourtant, j'ai l'impression de me perdre, de ne plus reconnaître les sentiers, le monde tout autour de moi.

J'ai 83 ans et je suis seul. Mon coeur bat sans raisons. Je ne comprends pas. Il bat, mais il n'y a plus personne, à l'intérieur. Qu'un fantôme qui s'efface doucement, et qui se voit remplacer par les larmes et la tristesse. J'ai 83 ans, et j'ai été marié pendant près de cinquante ans. J'ai encore la bague, là, à mon doigt. On dirait un poids qui ne me quitte pas. Un poids qui ne veut pas disparaître. Je ne suis pas seul, pourtant. Ma belle est là, allongée sur un lit confortable. Un lit confortable dans une boite, oui, où elle dormira à jamais.

Je grimace, à essayer de contenir mes larmes. Je sens l'un de mes fils poser sa main contre mon épaule. Les tressauts sont un peu plus forts, mais les larmes ne coulent pas. Elle n'est plus là.

Près de cinquante ans d'amour. Et elle n'est plus là.

Mon coeur est dans cette boite, avec elle. Je suis avec elle, dans ce cercueil qui sera en terre, dans quelques heures. Je suis vieux et je craque de tout part, de mon âme, de mon coeur et de mon corps. Je craque et j'attends, sage, que la mort vienne à son tour pour moi.


seth

La curiosité rogne ma carcasse comme la démence coule dans mes veines. Tu es là ; juste là, au bout de mes doigts. Mon souffle reste court alors que tes mots résonnent dans la pièce, dans ta chambre. Tes mots que je bois tout entier, sans la moindre pensée, sans le moindre préjugé. Je prends tout de toi, tout ce que tu souhaites m'offrir. Le silence, glissé le long de mes lèvres, ne s'évade pas. Il y a cette peur de parler, au fond de mes tripes ; cette peur de briser cet instant et de ne pas avoir droit à la suite.

Alors je bois les mots, incapable de produire le moindre son ; mon souffle est court, contenu du mieux, pour ne pas te déranger, au travers de tes mots. Ils sont précieux ; je les récolte de mes prunelles et de mes oreilles, observe tes lèvres qui se mouvent et capture la moindre syllabes que tu prononces, pour moi. Ton histoire ; ta folie. Elle fait frisson, contre ma peau, alors que dans ma tête, l'obsession tendre, presque trop brusquement. J'ai le souffle court et les étoiles qui brillent, sombres pourtant, au creux de mes iris. Continue, Jack. Raconte tout  ; raconte moi l'histoire tout entier, pour que je vois ce côté de toi. Le coeur bat un peu plus vite sous les mots qui s'assemblent, les phrases qui se créent, alors que, quelque part en moi, il y a une compréhension, qui se fait. Une peur qui ne prend pas place. Les images se dessinent dans ma tête ont beau être horribles, tes gestes sans coeur, il y a une partie de moi qui comprend, et qui approuve. Un silence digne qui reste là, et mes prunelles qui restent fixes, alors que tu parles.

Je bois tes mots, je ne juge pas.
Je suis là, simplement, prenant ce que tu m'offres.

Il n'y a pas que tes mots que je vois, entends. Il y a ta confiance, dans tes yeux, qui va vers moi. Je souris un peu, aborde aucun mouvement. Je laisse les mots venir, te laisse les prononcer sans demander, sans pousser. L'aveu des meurtres résonne dans la pièce, peut-être bien pour la première fois. Je ne sais pas ; je ne vois que la signification de la chose, du geste, de l'échange. Une ouverture entière sur ton être, la réponse muette aux questions qui dansent, là, dans mes yeux.

L'importance que tu m'accordes, pour me dire cela.
L'importance que je t'accorde, pour écouter, sans le moindre jugement.


sofia

Il n'y a pas de solitude, ici. Pas de moments intimes, à l'abris de tout  ; même prisonnière des draps souillées, les jambes ouvertes et douloureuses, la respiration sifflante d'un homme dans mon cou, je ne suis pas seule. Ils sont là, dans ma tête. J'entends les pleurs des autres filles, ainsi que les cris, au travers des murs. Je ferme les yeux, fort, et pince mes lèvres. Je n'ai pas envie de leur offrir mes gémissements. Je n'ai pas envie de leur offrir mes larmes. Ils ont mon corps, mais pas mon esprit. Ce n'est qu'un corps ; ils n'y trouveront pas de plaisir. Le sexe est un monstre. Un monstre qui transforme l'homme en bête immonde. Je garde les lèvres scellées alors, qu'importe les marmonnements de l'homme. Qu'importe ses coups, ses claques, contre ma peau déjà marquée, bleue par les autres hommes, les autres coups. Je sens les larmes, contre mes paupières fermées, mais elles ne coulent pas. Elles n'en ont pas le droit. Qu'ils prennent mes courbes, mes seins ou alors ce foutu trou, ce nid d'amours, de spermes et de crasses, entre mes cuisses, autant qu'ils le veulent. Qu'ils prennent à ne plus pourvoir donner quoique ce soit.

Leur sexe est immonde.
Le sexe est immonde.

Il danse, contre mes reins. Son pas est cassé, ses mouvements brisés. Il ne sait pas comment faire. C'est un porc. Les porcs ne savent pas ce qu'est l'amour. Je ferme les yeux, fort, et pense à d'autre chose. Je pense à Sven, de mon pays natal. Sven et ses yeux grands et sombres, et son sourire, presque trop apaisant. Je me souviens du rougissement sur ses joues, lorsqu'il touchait le bout de mes doigts. De ses mots doux et de ses promesses de mariage, sans avoir poser un baiser sur mes lèvres, pourtant. J'en oublie les coups cassés et les grognements ignobles, au creux de mes oreilles. J'en oublie les souffles haletants et les mains gigantesques et sales qui agrippent ma chair pour mieux la marquer.

Mes yeux s'ouvrent, alors que le poids se fait lourd, contre ma peau. L'homme murmure des mots sans le moindre sens, en portugais. Je ne comprends même pas sa langue. Je n'en ai rien à faire. Son corps est sale. Le mien aussi.

Il n'y a rien de beau, dans cette danse.


abel

Je suis petit. Trop petit, peut-être. Les souvenirs sont flous, je ne sais plus. Il y a des choses qui ne tournent pas ronds, il me semble. Les gens sont malades et l'argent est moins présent, à la maison. Maman a perdu son sourire, un peu de poids, aussi. Papa a les sourcils froncés, souvent. Ils sont toujours froncés, ses sourcils, si bien qu'il fait peur, parfois. J'essaie d'aider, mais on me dit être trop petit. Maman a du mal à respirer, souvent. Elle pose une main contre son coeur et arrête son mouvement. Papa l'observe, mais ne dit rien ; il a de la difficulté à parler, au gré des heures. J'ai onze ans, je crois. Onze ans, oui. J'ai fait des traits sur la porte de ma chambre, pour m'en souvenir. Papa soupire très fort, lorsqu'il les voit, mais il ne dit rien. Les choses ne vont pas bien, je crois.

La nuit, maman tousse fort, et elle crache du sang. Papa dort, simplement. Il grogne et frappe, parfois. On dirait qu'il devient fou ou qu'une bête a pris place, en lui. On dirait qu'il n'est plus lui-même. Je ne comprends pas grand chose, face à tout ça.

Le temps passe.
Peu d'heures, peu de jours, et brusquement, maman ne va pas bien.

Il y a quelque chose qui brille, dans ses yeux. J'entends une voix, petite, et maman n'ose pas parler. Elle m'observe et on dirait que la lueur, elle m'appelle. Ma bouche est ouverte, un peu, sous la surprise. Maman est faible, et mes yeux se font plus grands. La lueur grandit, grandit, et puis s'éteint. Dans mes yeux, une autre prend forme, beaucoup plus grande. J'entends maman, dans ma tête. Je la sens, dans mes veines. Ses souvenirs se mélangent aux miens, et je vois papa, quand elle l'a rencontré pour la première fois. Je la sens toujours, parfois. Même lorsque papa l'enterre, que je hurle pour l'en empêcher, je l'entends, je la sens. Papa ne me croit pas ; il me dit de me taire, et peine à remplir le trou de terre. Il est fatigué.

Quelques jours plus tard, je vole la lueur de papa, aussi. Le corps ne bouge plus, comme celui de maman, et pourtant, j'ai l'impression qu'il est toujours là. Je n'ai pas besoin de sa voix, pour me conter des histoires. Je vois, là, dans mes pensées, mes souvenirs, les événements de sa vie.

Je vois un bébé qui ne pleure plus.



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(#) Jeu 13 Fév 2014 - 19:38
oups, j'ai le zizi tout dur.
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(#) Jeu 13 Fév 2014 - 19:39
on peut s'en servir pour remuer la soupe, au moins ? pour qu'il ait une utilité
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(#) Jeu 13 Fév 2014 - 19:46
trop de mocheté ici ! je m'en vais ! Arrow

huhu, salut toi perv
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(#) Jeu 13 Fév 2014 - 19:50
Ma voilà traumatisée par ta signature   Je te remercie pas !!!!!!!!!!!!!!   

Mais bon, hâte de voir tout ça quand même perv
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(#) Jeu 13 Fév 2014 - 20:01
c'est toi le moche, oui

oh doc, pardon je te cacherais les yeux, la prochaine fois perv
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(#) Jeu 13 Fév 2014 - 20:06
tu pues, mais t'es beau. perv rebienvenue. :smoke:
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(#) Jeu 13 Fév 2014 - 21:14
Vous êtes beau, mais vous faite un peu peur.  :**: 
Trop de sublime dans vos persos - de torture aussi  Rolling Eyes 
Re bienvenue
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(#) Ven 14 Fév 2014 - 0:54
t'es magnifique. :**:
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(#) Ven 14 Fév 2014 - 1:05
je sens très bon
y'a pas à avoir peur voyons, nash
t'es pas mal non plus, alcide
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♆ MALÉDICTIONS LANCÉES : 464
♆ PSEUDO : AMIANTE.
♆ AVATAR : CILLIAN MURPHY.
♆ ALIGNEMENT MORAL : CHAOTIQUE BON
♆ PERDITION : FABRICATION DE SOUVENIRS.
♆ ENNUI TROMPÉ : FIGURE PATERNELLE DES ENFANTS VOLEURS. SAINT PATRON DES ORPHELINS. LES BONNES INTENTIONS SE SONT ÉRODÉES AVEC LA POUSSIÈRE. IL LEUR A TOUT APPRIS, LES DOIGTS MAGIQUES POUR DÉTROUSSER SANS SE FAIRE ATTRAPER, LA SOLIDARITÉ DANS LE BUTIN QU’ILS PARTAGENT ET MÊME LES VICES AU CREUX DES DRAPS.

(#) Sam 15 Fév 2014 - 3:59
mais dis donc il a une grande bouche celui à droite
tu me mangeras pas, jolie faucheuse
même si t'ouvres tes jolis grands yeux
non mais l'autre  
et pis non pas de cartier pour toi
(sur ce jeu de mot pourri, je m'éclipse Laughing)

♆♆♆♆♆♆ ♆♆♆♆♆♆ ♆♆♆♆♆♆


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(#) Sam 15 Fév 2014 - 17:17
bienvenue à São Poeira
la vie est finie, mais tu survis.


j'ai fait la promesse de ne pas te faire un message pervers.
alors, je me lance.

je suis amoureuse d'anatol autant que je suis amoureuse de toi.   j'espère que tu feras pas trop de misères à ce petit parce qu'il est formidable et jack est nul pour réconforter les autres. j'ai hâte de le voir à l'oeuvre puis réserve moi un joli rp, t'as pas le choix (comme c'est étonnant.)
fais nous rêver mon lapin.   
puis bon jeu.  Hope 

Il y a ce sourire, là, si grand, si laid, sur ses lèvres gercées par les morsures et le sang versé. Il t'observe, là, le torse ouvert, le coeur entre ses mains, maintenant. Plus rien ne t'appartient  ; tu es à lui tout entier, maintenant, qu'importe ce que tu choisis de faire. Ses ongles, si abîmés, s'enfoncent dans ton pauvre coeur et y glisse son venin. La malédiction est lancée ; te voilà captivé.

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(#) Dim 16 Fév 2014 - 4:29
j'vais essayer de pas trop le faire souffrir  
  
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