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Atlas - Tu nais comme ça, tu vis comme ça, tu canes comme ça.

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(#) Lun 10 Fév 2014 - 22:34
Atlas Bonaparte Sørensen

âme égarée
Héritage Infortuné ♆ Sørensen, vestige nordique d'un père Danois dont l'ancêtre fût vraisemblablement un jour un fils de Søren. Appellation aux Origines Contrôlées ♆ Atlas, vient du grec, du scandinave aussi à ce qu'on dit, pour faire court c'est le type qui s'est retrouvé à porter la terre sur son dos. Toute la terre, la planète bleu, jusqu'à faire ployer ses vertèbres. Scoliose éternelle. Lui il porte pas le monde, juste sont propre globe, une tête bien assez lourde. Bonaparte relent francophone au goût d'empire qui vous rappelle le froid, le sang, Moscou, le code civil. Une idée de la mère sûrement, ambitieuse comme elle pouvait. C'était mieux avant ♆ 33 ans Première Bouffée d'air ♆ Un triste matin, il faisait gris, le travail avait duré toute la nuit quand son cri perça le brouillard, marmot braillard né dans l'entre du diable. Papa et Maman ♆ Papa Danois, homme du Nord, solide et fort. Maman monégasque, gracile et belle. Amour naissant, âme aventurière, envie d'aider, envie de voyager, il y perdit sa vie, elle y passa la sienne. Dans mon lit ♆ Il a toujours été contre toute forme de discrimination.  Degré de solitude ♆Suffisamment avancé pour être remarqué. Tromper l'ennui ♆ Doigts agiles, œil vif, esprit innovant. Sa voie, sa vie. Il ne sait faire que ça, maîtriser la matière la coupe, pour produire une étoffe portable, pour rendre beau n'importe quel morceau de tissu. Tombé dans le trou à rat ♆ depuis aussi longtemps qu'il s'en souvienne, depuis aussi longtemps qu'il ait vécu La nouvelle famille ♆ Devenu un blême Parasite

   

au-delà des dunes
Joli prénom ♆ Sarah   Pseudo pas beau ♆ Strawbale Nombre d'hivers endurés ♆ 17 ans Pierre précieuse préférée ♆ Le diamant, c'est ce qui a de plus solide, indestructible perv Compagnie de voyage ♆ C'est Nela qui m'a ramené par ici, et une fois que j'avais jeté un oeil, ben je pouvais plus résister Mot doux ♆ Parfait. Parfait. Bwa.  Degré d'addiction ♆ Je passerai tous les jours et puis j'essaierai de rp aussi souvent que je peux Sésame ouvres-toi ♆ OKAY PAR ADOLF Tête de cochon ♆ Andrew Scott Remerciements ♆ Merci à Tumblr, partenaire éternel Mot d'amour en plus ♆ Unicorn
On a encore tellement d'histoires pas croyables à vivre, si tu savais, mais je te le dis, des histoires que tu peux même pas imaginer, qui nous emporteront très loin, tellement haut en mode fusée  ▲ FAUVE
Le beau est toujours bizarre.
Souffle saccadé, corps poisseux, membres fébriles tu restes assis, apeuré par ton propre esprit. Tes yeux grands ouverts ne voient rien. Tu ne vois rien. Tu ne sais rien. Soumis à ton âme, encore prisonnier de ce rêve trop réel, encore à te battre pour trouver de l'air. Pour trouver ce poison qui te maintient en vie. Tu suffoques. Tu le veux. Plus que jamais tu en as besoin, pour t'apaiser, pour te sentir bien pour vivre, alors tu ouvres la bouche plus grand, plus vite, parce que peut être ainsi tu en attraperas quelques particules, parce que peut être ainsi tu l'atteindras. Finalement c'est le froid qui te ramène, c'est le frisson causé par la nuit qui te rappelle. Les doigts crispés sur les draps tu vois. Ta chambre, ton lit. Tu fermes la bouche alors que ton nez sent le bien aimé mal qui t'entoure, alors que le gaz s'insinue dans tes poumons apaisés. Tu ne meurs plus. Tu es là. Tu t'allumes ta clope et tu profites. Tu profites parce que c'était pas vrai, parce que c'était dans ta tête, parce que c'est fini, parce que t'es à nouveau dans les bras doux et protecteur du démon. Il veille sur toi. T'en fais pas. Inspire. Expire. Apprécie cet air qui un jour te fit défaut au point de le vouloir à nouveau. Inspire. Réjouis toi, du mélange avec le tabac. Souille ton être. T'es plus à un gaz près. Ton corps est gangrené, tu le sais, vendu au diable depuis le premier jour, alors profites de ta clope, les poumons que tu détruis c'est à Satan qu'ils appartiennent. Recouche toi. Dans ta sueur, dans ta crasse, dans ton mal être. Le sommeil viendra. Il reviendra. Il t'offrira peut être un défilé, un espoir que tu ne peux pas saisir, ou bien une jolie créature à enlacer dans ton pieu brûlant de ta propre fièvre. Imagine la mer, l'Europe, l'Asie tout ce dont on te parle, tout ce qui t'es étranger. Songe à tout ce qui n'est pas toi, tout ce qui est encore beau. Rappelle toi ce temps où tu étais synonyme d'espoir et n'avais peur de rien, était près à tout, préparé à rien. Tu voulais y arriver, tu pensais pouvoir. T'aurais pu. Dans un espace temps différent, mais on choisit pas. T'as tenté ta chance. Regrette pas. Ferme les yeux. Contemple l'obscurité. Laisse toi porter par le vide, écoute le néant. Inspire. Expire. Rendors toi. Espère un rêve, en craignant le prochain souvenir.
   

   
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(#) Lun 10 Fév 2014 - 22:35
Au joug depuis longtemps, ils se sont façonnés ; ils adorent la main qui les tient enchaînés.

l'étrange
Ça non plus tu l'as pas choisi tiens. Pas que t'ai choisi grand chose en fin de compte. Mais tu t'en plains pas. D'ailleurs ça fait longtemps que tu te plains plus. Tu te plains jamais, tu sais plus, t'as appris à le garder pour toi, l'utiliser, à transformer ta plainte en quelque chose de mieux, quelque chose qui en vaut la peine. Et même si tu sais plus quoi en faire tu te plains toujours pas. C'est comme ça. Tu portes le monde sans jamais le faire remarquer, tu ploies, t'es brisé alors tu te raccroches à ce que t'as. C'est pas un fardeau. Doit exister plus utile, doit exister plus lourd. Il t'a fallut un moment pour t'en apercevoir, tu sais d'ailleurs pas vraiment si t'es né avec, si t'en avais un autre et qu'il a évolué, si ça t'es juste arrivé un jour. Tu sais pas. Tu t'en tamponne un peu. Maintenant tu l'as, depuis une éternité déjà. T'as cru longtemps que ta mère avait juste particulièrement bon goût, que maman c'était dit que quitte à avoir mis bas dans un trou à rat elle pouvait bien te donner ça. Un minimum de classe, un minimum d'élégance. Un style sans défaut. Jamais. Tu diras pas que ça t'a déplut, ça t'a servi. Tu sais d'ailleurs pas si ça a découlé de ta passion, si ça l'a initiée. Peut être un peu des deux, un compromis bancale, mal ficelé mais efficace. Le démon a eu pitié, il t'a pris sous son aile, t'as jamais connu que lui, il pouvait bien te donner ça, te donner un talent. Celui de pouvoir réaliser ce que ton esprit imagine. Une technique sans faille. Une coupe toujours impeccable. Tu n'as jamais fait de faute de goût, jamais rien créé qui soit en dessous de parfait. Tu découpes, tu couds, tu ajustes, tu déchires. C'est comme ça. C'est la seule chose que tu sais faire, c'est ton espoir, la partie de toi que le diable n'a pas. T'as besoin de rien, entre tes mains un sac poubelle serait hype. C'était ton rêve. C'était ton but. T'étais si proche. T'avais réussi. T'étais sorti, tu serais reconnu. C'était trop beau. Maintenant tu peux plus alors tu erres. Heureusement y a Nela. Tu peux lui faire essayer les modèles que tu crées quand la nuit t'étouffe. Elle est belle dedans. Elle les porte bien. Tu sais pas si c'est elle ou toi, les deux sûrement. Désormais elle est ce que t'as plus, ce que tu pourras jamais avoir. Elle te dit jamais non. Elle accepte toujours en souriant de jouer au mannequin. Elle essaie tout. Sans jamais rechigner. Elle est ta fashion week.
(c) MORIARTY


São Poeira
Sao Poeira. T'y es pas arrivé. Tu l'as pas choisi. Tu l'as pas demandé. Y en a qui se sont perdus. Y en a qui se sont trouvé ici. Y en a qui sont venus de leur plein grès, d'autres qui y ont été traîné, la majorité a fini par le regretter. Mais ils sont tous à blâmer pour ça, c'est leur faute. Ils auraient pu l'éviter, faire un détour, tracer leur route sans s'aventurer dans cette ville. Toi non. Toi t'as pas eu l'occasion de choisir si tu voulais poser ton pieds sur cette terre décrépite. T'as jailli de l'utérus maternel sur ce sol maudit. Tu connais pas l'oxygène, pas vraiment, parce que c'est pas ton référentiel, parce que ta première bouffée d'air été empoisonnée. T'as pas compris tout de suite. Personne te l'a dit pas vraiment. Tu savais qu'il fallait pas aller trop loin, mais c'est normal, pour pas qu'il t'arrive malheur, pour pas que tu te fasses mal. Tu savais qu'il fallait pas sortir du village, mais c'est normal, t'étais un gosse, tu devais pas aller à l'aventure tout seul, tu devais pas inquiéter ta mère. Tu savais qu'il fallait rester en vu de maman, mais c'est normal, elle veille sur toi, si t'éloigne trop la protection de son amour diminue. Oh bien sûr, elle ne te quitte jamais, l'amour de maman est toujours là, mais il te protège mieux près d'elle. Mais t'étais gosse. T'étais curieux. Alors t'es sorti. On t'avais pas dit. On t'avait pas dit que t'allais suffoquer. On t'avais pas dit que tu te sentirais mal. Tu le savais pas. T'es né dans la cage, tu pourras jamais en sortir. T'as vu le jour prisonnier, esclave du démon. Tu pourras jamais voir le pays de Papa, jamais visiter la maison de maman. T'as essayé de sortir à nouveau, t'as réussi, toujours un peu plus. Un peu plus longtemps. Un peu plus loin. Mais tu sais que t'atteindra jamais l'indépendance. Tu sais que tu seras pas affranchi. Jamais. Tu t'en sors pourtant pas mal, mieux que beaucoup, t'y crois alors tu continues. T'y arrives bien. Jusqu'au jour où c'est trop. Jusqu'au jour où le contrôle t'échappe. Tu sens la vie s'éloigner. Comme al première fois. Tu t'étouffe. Et tu sais que t'en as envie, que t'en as besoin. Que tu dois y retourner. T'es trop faible, t'es trop loin. Heureusement qu'elle est là Nela. Heureusement que le diable t'envoie son plus bel ange pour te ramener à la maison. Cette maison que tu hais mais qui est la tienne. Tu la détestes même plus cette terre parce que t'as pas le choix. Ça changerait rien. Elle a tout vu, elle sait tout de toi. Elle a porté tes espoirs et ta décadence et elle te supporte encore alors que tu n'es plus qu'une coquille fêlée. Tu voudrais là haïr et pourtant tu l'a tellement aimée quand Nela t'y a ramené.
   
(c) MORIARTY

Toute forme créée, même par l'homme, est immortelle. Car la forme est indépendante de la matière, et ce ne sont pas les molécules qui constituent la forme.▲ BAUDELAIRE
Plus l'homme cultive les arts, moins il bande

Le bercement des nourrices, les câlineries maternelles, les chatteries des soeurs, transforment pour ainsi dire, en la pétrissant, la pâte masculine.

10:30 Un rapide coup d’œil à ta montre. Elle était belle ta montre. C'était ta mère qui te l'avait donnée. Elle était à ton père, mais il en avait plus besoin maintenant, l'heure était plus à l'ordre de ses préoccupations. Alors elle ornait ton poignée, bibelot scintillant qui faisait tache dans la brume qui t'entourait. C'était important l'heure. Pour toi c'était important. ça régissait tout. C'était ton repère. Tu refermas les yeux. Encore dix minutes. Tu combattais la migraine qui essayait de se glisser dans ton crâne. Tu la repoussais. Tu pouvais y arriver. T'étais un grand maintenant. T'étais plus un petit garçon. T'avais dépassé ta première décennie depuis cinq ans déjà. C'était pas rien et le morceau de métal orné d'un cadran à ton bras le prouvait. Papa serait fier de toi. Tu sentais ton cœur s'accélérer. Ton souffle se saccader un tout petit peu, puis se stabiliser à nouveau alors que tu restais assis, en tailleur, les yeux clos. Le malaise persistait, tu le sentais. Tu savais que tu ne pourrais pas le faire disparaître alors tu essayais juste de faire avec, de t'y habituer, de le supporter. Tes yeux s'ouvrirent brutalement alors que ton nom retentissait au loin. Nouveau coup d’œil à l'heure. Un quart d'heure. Tu souris. Naïf et fier, tu souris. Sautant sur tes pieds tu t’empressais de dévaler la colline en courant. Courant vers ta mère, courant vers de l'air. T'avais tenu un peu plus longtemps qu'hier, c'était bien. C'était important. Tu voulais pas être prisonnier, pas vraiment et puis il le fallait pour maman. T'étais obligé pour lui ramener des fleurs, elles étaient toutes moches celles qui poussaient dans le village. Celles que tu tenais dans ta main en revanche étaient sublimes, rayonnantes de liberté.

Elle les méritait bien maman les belles fleurs. Parce que maman aussi elle était belle. Elle était même très belle. Y en a qui diraient sûrement que t'étais pas objectif, que ton regard était pas neutre parce que c'était la tienne de maman. Toi tu savais que t'étais capable de vraiment voir à quoi elle ressemblait, tu savais qu'elle était pas aussi jolie juste parce qu'elle t'avais porté pendant neuf mois. Tu savais aussi qu'elle avait fané, petit à petit, tu l'avais vue. Tu la voyais. Ses yeux étaient tristes. Ses yeux étaient vides. Alors tu lui ramenais des fleurs pour la faire sourire, pour voir les pétales colorés se refléter dans ses yeux, les rallumer. Ça avait pas toujours été comme ça, tu t'en souvenais, quand t'étais petit maman souriait tout le temps, elle était heureuse d'être ici, d'aider, la crasse la dérangeait pas, elle s'en accommodait, elle avait pas prévu d'y vieillir mais tant qu'elle était jeune ça lui allait. Ça c'était quand y avait encore papa, c'était avant que le gaz sorte de la mine, avant que vous soyez prisonniers. De puis ta génitrice avait les yeux gris. Pourtant t'avais tenté de lui offrir la techni color. T'avais toujours su qu'elle était pas vraiment d'ici. Elle était pas comme eux, elle leur ressemblait pas, elle se détachait, se faisait remarquer. Pas juste parce qu'elle était charmante, pas juste parce qu'elle avait les cheveux dorés, et les yeux couleurs océan à ce qu'on t'avait dit. Tu l'avais jamais vu le fleuve océan, mais les messieurs qui parlaient à maman lui disaient toujours ça. Quand tu lui avais demandé elle t'avait dit que l'océan était un point d'eau immense. Elle avait même dit qu'elle t'y amènerai un jour. Que vous iriez tous les trois. C'était l'époque où vous étiez encore tous les trois. Mais les yeux de maman ressemblaient pas à l'eau d'ici, elle avait dit que c'était normal, que l'océan était différent. Et puis elle s'était aperçu de ce que tu pourrais pas faire, jamais, ce que tu pourrais pas voir, de ce pour quoi il était trop tard. Alors elle s'est fermée. Et elle a continué à t'apprendre. Tout ce qu'elle savait. Elle t'a donné une éducation étrangère à votre vie ici. Elle t'as enseigné l'histoire en te la racontant tous les soirs, la géographie sur une carte déjà imprégnée d'humidité. Elle t'a parlé en Anglais, en Français. Elle pouvait pas te sortir d'ici, elle pouvait pas faire de toi le fils que t'aurait du être, elle pouvait rien te donner de ce qui aurait du te revenir. Ton esprit elle pouvait le façonner, ton intellect elle pouvait le cultiver, elle pouvait faire que, cela au moins, ça ne soit pas perdu, elle pouvait faire de toi un érudit, un rejeton du diable à la mode européenne. Elle te disait même quelques mots en Danois. La langue de papa qu'elle disait. Mais papa elle en parlait jamais. Il te ressemblait un peu papa. Mais il était pas là, il était plus là. T'as jamais su pourquoi, mais un jour t'as pensé avoir compris. Un jour t'as vu un étranger rentrer, seulement ça s'est pas passé comme d'habitude, il a pas passé le test d'entré, il y est passé. Comme Papa. Tu caches la photo de Papa parce que quand maman la voit elle dégouline comme les nuages dans le ciel et tu trouves ça triste. C'est pas grave, t'es là toi. Tu vas t'occuper d'elle. Elle te transmet tout ce qu'elle sait, les légendes, les croyances, le savoir, la politesse, les manières et toi tu cherches à lui rendre sa couleur. Tu sais qu'elle pourra plus sortir, toi non plus. Tu sais qu'elle est pas d'ici. Qu'elle vous y a amené tous les deux, mais tu lui en veux pas. Tu lui en veux pas parce que vous êtes ensemble et que tu va pouvoir sortir un petit peu, que tu pourras lui ramener des morceaux de liberté cueillis dehors. Peut être même qu'un jour tu verras l'océan et que l'eau rendra le brillant des yeux de maman qu'elle a volé. Il manque que papa, mais c'est pas grave, quand tu parles danois tu le continues papa.


Le rire est satanique, il est donc profondément humain.

14:30. De l'air. Il te faut de l'air. Tu te redresses en sursaut. Tes jambes tremblent. Assis toi. Lentement. C'est bien. Tu respires. Doucement. Inspire. Expire. Tu répètes l'opération trois fois, jusqu'à ce que tes poumons aient renouvelé leur air. Un air qui ne leur suffit pas, un air pauvre et pur, un air que tu leur imposes. Ton rythme cardiaque est rapide mais fini par se stabiliser. Tu sais que la machine s'emballera à nouveau, tu sais qu'il faut rentrer mais tu souris. Tu viens de te réveiller en sursaut, en sueur, les mains fébriles et l’œil fiévreux mais tu souris. Tu souris parce que tu dormais tranquillement dans une chambre. Une chambre d'hôtel. Rien de luxueux. Rien d'exceptionnel. Une chambre dehors. Tu es sorti il y a 23h30. Le temps de rentrer tu auras passé 24h à l'extérieur. Alors tu souris. Tu souris parce que tu as passé déjà dix ans à faire la navette entre deux monde. Le monde réel et le tien. Tu te lèves et tu savoures le sol lisse et froid sous tes pieds, tu te délectes de l'air insuffisant que ton corps désavoue. T'as appris à supporter le manque, tout seul, comme un grand. Un coup d’œil dans la glace alors que tu asperges ton visage d'eau gelé. En réalité t'as envie de vomir, ton corps cri à l'aide mais tu fais semblant du contraire. L'homme qui te fais face est fin, trop peu bronzé, il a le teint pâle -c'est le prix à payer pour échapper aux griffes du démon pendant quelques heures- mais son œil brille. Pas seulement de température. Il brille de vie et d'espoir. L'espoir c'est toi. Ta mère aurait mieux fait de t'appeler comme ça. T'étais pas assez fort pour porter la planète bleu sur tes épaules, tu pouvais pas porter des endroits que tu verrais jamais de ta vie, mais tu pouvais la soutenir elle et surtout tu pouvais tenter de tenir debout. Parce que t'étais l'espoir. Parce que c'était ce que tu voyais dans le miroir terne d'un motel bas de gamme qui te semblait être le septième ciel. Parce que t'avais déjà passé dix années de ta vie à t'entraîner, et tenter le diable à développer ta résistance. Tu savais pas encore pourquoi, mais tu savais qu'un jour tu le saurais. Maman t'avais appris à rêver alors tu t'y étais accroché. Qu'est ce que t'avais d'autre ? Un tas de boue dans lequel te rouler ? Un village putride pour errer ? Non. Tu serais meilleur que ça. Toi tu t'en sortirais, et tu l'en sortirais aussi. Grâce à toi vous seriez libre. Tu savais pas encore comment, tu savais pas encore quand mais tu savais que tu pouvais le faire. Grâce à ton talent. Don du diable ou de ta mère il te suivait partout. Encore en cet instant où enfilant tes frusques tu ressemblais à un prince. Ton travail serait reconnu. Les collections que t'avais passé des nuits entières à dessiner seraient portées, adulées. Tu connaissais rien aux codes, rien à la mode, rien aux tissus. Tout ce que tu savais tu l'avais lu dans les deux exemplaires de magazines féminins que ta mère avait emporté avec elle, ou dans ceux qu'elle avait achetés à l'époque où vous étiez encore libre. T'en avais pas besoin. Enfant frêle aux manières impeccables et aux yeux malicieux ça t'avais déjà fasciné. T'étais doué. Quand t'avais découvert que tu pouvais sortir à nouveau, tu t'étais documenté. Un peu. Mais t'avais pas besoin des règles tacites européennes. T'avais les tienne. En fait t'en avais qu'une, universelle. C'était ta muse, ta fin. La beauté. Elle habitait tes doigts et ton esprit. Tu la croisais de temps en temps, dans une chevelure féminine, une carrure virile. L'inspiration te venait par cette quête éternelle du beau. Un beau qui rayonnait de toi. On dit que l'espoir fait vivre. Toi il te rendait beau. Ton existence n'avait pas d'autre but.

Un pieds à Sao Poeira et tu revivais. Tu haïssais cette ville. C'était tes chaînes, ton poids, le monde pesant sur tes épaules auquel tu ne pourrai te soustraire, jamais. Pourtant quand tu y revenais tu ne pouvais que l'aimer. Une fois que le gaz funeste avait titillé tes sens, une fois que le circuit de la récompense était activé, une fois que tu avais respiré tu ne pouvais plus t'y soustraire. Tu ne pouvais échapper au plaisir et à l'apaisement de humer la mort à nouveau. Leo ! Elle continuait de faire ça. A chaque fois que tu rentrais. Ce n'était pas vraiment nouveau pourtant, elle aurait du s'y habituer. Non. Elle continuait de courir vers toi, de t'affubler de ce surnom que seule elle employait et qui d'ailleurs était tellement capilo-tracté que seule elle aurait pu y penser. Parce que son esprit était vif, parce qu'elle ne pouvait plus t'appeler par le prénom qu'elle même t'avais donné en hommage à l'homme que cette terre avait pris en échange peut être bien de ta propre vie. Bonaparte qu'elle t'appelait. Napoléon Bonaparte. Célèbre général, empereur, homme. Elle t'avais conté la moindre de ses batailles. C'était tes histoires préférées quand tu étais encore un marmot braillard, les siennes aussi d'ailleurs. Napoléon. Léon. Léo. C'était pas plus compliqué que cela, c'était pas non plus davantage logique. C'était comme ça, c'est tout. Elle te sautait dans les bras, palpant chaque parcelle de ton corps ou presque, vérifiant qu'il ne te manquait pas un membre, que tu étais toujours là, toujours vivant. C'était chaque jour le même cirque. Mais elle souriait. Elle souriait alors ce n'était pas grave. Demain elle serait inquiète à nouveau. Elle te dirait que ce n'est pas sage, qu'il ne faut pas trop défier le vilain, qu'à toujours pousser trop loin tu ne lui reviendras pas. Tu partiras quand même et la boucle continuera. Jusqu'à l'occasion qui changera tout. La vingtaine passée tu pouvais tenir une journée entière hors du village sans désagrément insupportable, c'était encore dur mais tu y parvenais, cependant tu savais que plus tu augmentais plus les minutes étaient précieuses et dur à gagner. L'ascension se faisait lente. Mais tu y croyais. Tu croyais que tu y arriverais, qu'un jour tu trouverais une solution. Quelqu'un. Quelque chose. Quelque part. N'importe quoi. Une alternative. T'avais un avenir, tu le savais, il ne te restait qu'à suivre l'espoir, le temps sur tes talons.


Le Temps mange la vie

22:45. Une heure et quart que tu avais quitté la bulle nauséabonde qui te maintenait en vie. Tout était sous contrôle. Tout allait bien. Tu souriais. Projecteur braqué sur toi. T'y voyais pas très bien, ébloui par une ampoule trop puissante. Tes yeux criaient à l'aide mais toi tu souriais. T'avais pas besoin d'y voir. T'avais pas besoin de les voir. Parce que tu les entendais. T'entendais les applaudissements. C'était ton tour. C'était ton heure de gloire. Le moment de leur montrer à tous qui t'étais, ce que tu pouvais faire. Tu salues, avec élégance, avec classe. T'es le mieux fringué de la salle mais c'est normal, c'est comme ça, c'est toujours comme ça avec toi. Tu retournes t'asseoir. 22:50. Tout va bien. Tu as tout prévu, tout réglé. Ça fait des mois que tu planifies, des années même que tout est chronométré. Pour cette soirée. La soirée qui va changer ta vie. L'obscurité tombe. D'un coup. Et la scène s'éclaire à nouveau alors qu'assise à tes côtés elle te sers les mains avec excitation. Le premier modèle arrive. La musique démarre. Le show est en cour. Tu observes, tu savoures. Tu te nourris de cette perfection que tu as créée. Tu l'as créée pour ça, pour ce moment, pour ces quelques minutes où des femmes trop grandes et trop minces pourront les porter, les faire vivre. Ce pantalon est définitivement encore mieux taillé porté par l'apollon qui déambule sur le podium. Ta collection. Exposée, à nue, aux yeux de tous. Tu passes en dernier, t'es venu au dernier moment, pour économiser ton temps. Tu sauras bientôt, demain en fait, si tu décroches le sponsor, parce que ça te ferait pas de mal un peu de mécénat, d'or t'as que les doigts. La prestation se déroule à merveille. Pas de chute, pas le moindre faux pas, pas de pli, pas de mèche rebelle. Le tableau est somptueux et le silence de l’assistance en atteste. Tu as réussi. T'as sorti les chiffons du placard, pour que tout le monde les voit, tout les monde les aime, tout le monde les veuille. T'as trouvé la solution. T'as trouvé ton échappatoire, ta porte dérobée. Tu t'en sortiras. T'es pas l'espoir pour rien.

01:26. Tu refuses patiemment la millième coupe de champagne que l'on te tend. T'as pas encore eu le temps de vraiment théoriser l'effet de l'alcool sur ta résistance. T'as fais des expériences bien sûr, mais pas assez probantes et nombreuses pour en tirer une réelle conclusion. La part de chance et de hasard est trop importante, même pour toi Satan est trop imprévisible. T'as pas l'intention de faire le réel test ce soir, même pour du Champagne importé tout droit de France. Même pour Bonaparte tu peux pas. C'est trop important. C'est la chance de ta vie. T'as déjà presque un tier de siècle, la trentaine. Tu peux pas risquer cette opportunité, tu sais qu'il y en aura pas d'autre, tu sais que t'as le droit qu'à un seul service, il faut que la balle soit bonne. T'as pas le choix, t'as pas d'autre choix. Alors tu refuses les verres qu'on te proposes depuis plus de deux heures. Tu passes d'une conversation à l'autre. Tu te fonds dans la masse, produit européen perdu dans le Tartare. Ici t'es à ta place. Animal mondain, pour la première fois tu ne fais pas tâche. Tu épouses le décor, les discussions. En français, en Anglais, en Brésilien. Tu remercies les mannequins, l'une d'elle te glisse même quelques mots en danois. Tu souris. Ils te racontent leur monde. Ils te congratulent. Tu es le roi. Ils sont tous éblouis, tu sais que tu auras le contrat. L'espérance prend forme devant toi. Mais il se fait tard. Le léger malaise est persistant, et le mal de tête commence à pointer de temps en temps. Tu sais que tu géreras mieux ton temps en étant au repos. Tu n'iras pas à l'after. Tu risques trop gros pour déjà festoyer. La prochaine fois peut être, quand tu pourras tenir encore plus longtemps, quand tu auras encore grappillé quelques minutes aux poumons du diable. T'as réservé ta chambre déjà. Elle est belle, elle est propre. Y a une douche, c'est une cascade d'eau clair automatique, une pure merveille. Y a encore plein de choses que t'as jamais faites dans la vie, t'as jamais vu de koala, t'as jamais mis le pieds dans la mer, t'as jamais mangé chez Macdo. Mais tu vas goûter au luxe pour une nuit. Pour ta nuit. Il t'appelle sur scène. Toi et les autres, les autres créateurs, ils te saluent tous de la tête, ils te donnent une petite tape dans le dos. Ça veut dire bienvenue parmi nous. Ça veut dire que tu as passé le test. 01:49. Il commence son discours. Un bruit sourd retentit. Tu ne vois d'abord pas ce qu'il s'est passé. Tu n'entends pas les cris. Tu tombes au sol, la bouche entrouverte, sous le choc. Tu vois des ombres. Elles courent, elles se meuvent trop vite pour toi. Le son disparaît. T'es dans une bulle. T'as envie de vomir. Et puis tu la sens. La douleur. Elle te transperce. Tu la connais pas celle là, elle est nouvelle, elle te prend par surprise. Elle vient pas de tes poumons, pas de ta gorge, ni de ta tête. Ton bras. T'es tombé sur ton bras, ça doit être ça. Non. Pas seulement. Tu saignes, une marre rougeâtre se répand autour de toi. T'es sans voix, sans repère. C'était pas prévu. 01:58. Vieux réflexe. Comme si l'heure allait t'aider. Tu sens tes paupières s'alourdir alors que le son revient. Une sirène, douce, mais de plus en plus entêtante. Et puis un visage face au tien. On te parle. C'est flou, c'est vague, tu captes quelques mots. Respire. Conscient. Balle. Sang. Urgence. Aide. Et puis tu sombres. Tu sens des bras autour de toi. Tu sais pas de qui. Tu sais pas vraiment pourquoi. Enfin ça a sûrement à voir avec ta chute. Vraisemblablement. Tu te noies. Tu te noies dans les ténèbres. Mouvement de défense. C'était pas prévu. Alors tu gardes tes forces, pour la suite. Pour regagner le contrôle.

10:30. Bip. Bip. Bip. Comme un réveil qui rythme tes pensés, qui te martèle les tempe et te berce. Un réveil. Un de ces petits appareils que t'as vu une fois dans une pub dans un café, comme son nom l'indique ça sert à extirper les gens de leur sommeil. Mais là c'est pas un réveil. T'ouvres les yeux. Doucement. La lumière t'éblouis, elle agresse tes rétines. C'est pas un réveil. C'est ton cœur. Le battement régulier de ton cœur. Tu le vois, vert clair sur vert foncé, sur un écran, une télé bizarre. C'est pas un programme, juste ton rythme cardiaque, t'as déjà vu une machine de ce genre dans les experts, dans ta chambre d'hôtel miteuse. Tu peux donc établir le diagnostique de l'endroit où tu te trouves. Un hôpital. Bien. Le point positif c'est que tu dois être en ville. Ce qui signifie que tu peux avoir accès à un véhicule rapidement. Autre point positif : t'es au repos. Le repos c'est bien. Pas pour tout le monde mais toi tu es plus endurant quand ton cœur est calme, quand tu te ménages. Points négatifs ? L'air est trop pur, les murs trop blancs, t'es groggy, ils te laisseront pas partir facilement. Et... Merde. Bordel. 10:40. Tu devais signer le contrat à 10 heures. Non. Non. Ils peuvent pas te faire ça. Ils peuvent pas te faire ça. Tu commences à t'agiter dans ton lit. Un mal de tête te vrille le crâne. Peut être que finalement le repos que t'as eu a pas totalement compensé l'agitation de la veille. Une infirmière entre. Bien, elle va pouvoir t'aider, elle va pouvoir te renseigner. Tu te redresses brusquement sur le lit. Mauvaise idée. Un haut le cœur te prend et la jeune femme peut s'estimer heureuse que t'ai un minimum de contrôle de toi. Elle te dis de te recoucher, de te calmer. Non. Tu veux pas. T'as pas le temps. Tu lui expliques que tu dois partir, que c'est important. Enfin tu sais pas vraiment ce que tu racontes mais dans ton esprit c'est sensé vouloir dire ça. Tu lui demandes si l'heure est exacte. Tu l'attrape violemment par le poignée, il faut qu'elle te laisse partir, elle a pas le droit. Elle peut pas te garder ici. Elle peut pas te garder comme ça. A la place elle te plante une aiguille dans la peau. Ça pique. Et puis plus rien. Le noir à nouveau. Quelle connasse.

Nouvelle émergence. Plus douloureuse encore que la dernière fois. Ta tête est prête à exploser, tes poumons brûlent. L'air ne te satisfait plus. Abstraction. Tu dois faire abstraction. Tu peux tenir. Un coup d’œil au mur. L'horloge, où est l'horloge ? L'heure. Il te faut l'heure. C'est trop tard. Trop tard pour le rendez vous mais tu dois rentrer, tu le sens. T'as loupé ta chance mais t'y penses presque plus. Tu penses qu'à l'absence de repère temporel. Ils t'ont enlevé ta montre les vicieux. Ton seul repère, ton seul maître. Tu cries. Avant même de le réaliser tu cris. Tu cris à l'heure, au temps, il faut qu'on te le rende. Maintenant. Elles sont deux cette fois à arriver. Elles se méfient. Tu te débats alors qu'elles te touchent. L'heure. Tu veux l'heure. Que quelqu'un te la donne à la fin. 20:03. Elle le laisse échapper dans un souffle, un murmure faible qui sent la défaite, qui empeste la pitié. Elle te le concède. Elle le lâche à tes yeux. Parce qu'elles comprennent pas pourquoi t'es dans cet état, parce que t'as juste pris une balle dans le bras et que ton corps ne montre rien d'anormal mais que pourtant tu t'en vas, lentement. Alors elle te l'accorde. Parce que ça lui coûte rien au fond, parce qu'elle préfère ça aux quinquagénaires qui lui propose de jeter un œil à leur appendice.

Une balle dans le bras. Tu sais pas vraiment comment c'est possible. Objectivement quelle était la probabilité pour qu'un des invités d'honneur du gala soit un dealeur ? Et pas un dealeur de cours de récré, un vrai, de celui qui tient son réseau par là où ça fait mal, un de ceux dont on a peur ? Quelle était la probabilité pour que tu te retrouves au milieu de cette histoire de Cartel ? Elle était nulle. Parce que la probabilité pour qu'un adversaire du sale type décide de le finir en beauté le soir du gala qui allait changer ta vie était de moins de cinq pour cent, parce que la probabilité pour qu'un tireur entraîné rate sa cible était inférieur à un demi pour cent, parce que la probabilité que ce soit toi qui soit touché tendait vers 0. C'est ce que t'as compris du va et vient qui a troublé ton sommeil semi artificiel, c'est ce qui t'es parvenu de tout ce qui s'est murmuré autour de ton lit aussi pâle que toi. Tout aurait pu rester sous contrôle. Même avec la balle tout aurait pu rester sous contrôle, si tu n'avais pas subi autant le choc, si ton corps n'avait pas réagi aussi violemment à l'agression. Si t'avais pas été dans cette prison stérile t'aurait pu regagner la main. Ici t'étais impuissant. Mais tu devais partir. T'avais pas le choix, ça faisait mathématiquement plus de 24 heures que t'étais sorti. T'étais faible. Tu devais y retourner. Tu ne pensais plus qu'à ça. Obsession qui te gangrenait le cerveau. Minutes et Sao Poeira. Elle t'appelait, elle te demandait de revenir à la maison. Avant qu'il soit trop tard. Alors tu l'avais attendue. T'avais attendu qu'elle revienne. T'avais pas vraiment prévu que ça se passe comme ça. C'était un dommage collatéral, ta vie contre la sienne. Tu l'avais pas voulu mais c'est comme ça que ça c'était passé. Quand elle était entrée t'avais attendu, calmement, quand elle avait été assez proche de toi tu lui avais demandé l'heure, poliment, presque en souriant. 03:18. Bien. Maintenant ou jamais. T'avais mobilisé toutes les forces qui te restaient pour te lever d'un coup et la pousser avec violence contre le mur, avec plus de force que tu ne t'en pensais capable. Elle avait pas eu de chance, sa tête avait heurté le coin d'un meuble avant qu'elle ne touche le sol. Tu restais quelques secondes interloquée par la facilité avec laquelle on pouvait tuer un être humain. L'instant d'après tu vidais ton estomac. Parce que ton corps t'en voulais de l'avoir autant sollicité, parce que ton cerveau réalisait qu'il avait pris une vie. Mais t'avais pas de temps à perdre.

T'avais pas vraiment réfléchi. Tu savais même pas comment t'avais réussi à sortir de la chambre, sortir de l'hôpital. Tu te revoyais vaguement, tanguant, appuyé contre les murs, sollicitant une force que t'avais plus. Tu te souvenais juste que t'avais pas le choix, l'espérance avait déserté ton corps, désormais t'étais uniquement mu par la force du désespoir. Tu voulais pas mourir, tu voulais pas mourir ici, tu voulais pas mourir seul. Alors t'avais réussi. Enfin c'était pas fini mais c'était déjà ça. Tant bien que mal t'étais sorti de l'hôpital, hagard et perdu. T'avais pris le premier véhicule à ta portée. C'était une ambulance, pas ce qu'il y avait de plus discret mais tu t'en fichais. Ça avait des roues, ça avait un moteur, ça avançait, c'était tout ce que tu voulais, tout ce dont t'avais besoin. T'avais roulé un petit moment. Tu savais pas si ça faisait dix minutes ou cinq jours. Au bout de deux heures tu serais sûrement mort alors ça devait pas être si long. Tu savais même pas exactement si t'étais dans la bonne direction. T'espérais que si, t'espérais que l'appel du gaz soit assez fort pour te mettre sur la bonne voie. Sur la bonne route ou pas, ton cerveau lui avait pas été assez rapide pour te faire éviter la barrière. C'était pas bon pour ton timing ça. Pourtant tu bougeais pas un muscle, pas le moindre. Tu restais là, figé. Ta tête reposant sur le volant, tu sentais le goût du sang se diffuser lentement dans ta bouche. Ton crâne te semblait sur le point d'exploser et chaque bouffée d'air était un supplice. Si t'avais encore quelque chose dans ton ventre t'aurais sûrement pu te purger à nouveau. T'avais plus qu'à rester là, à attendre, sagement, dans la pénombre que la mort vienne. Qu'elle abrège ton agonie et t’emmène avec elle. Loin de tout ça. Qu'est ce que t'avais été con de croire que tu pouvais t'en sortir, de croire que tu serais meilleur que les autres. Sans que tu t'en aperçoives réellement elle était là. Sans prévenir, en un battement de cil elle avait ouvert la portière cabossée. Un ange, une créature divine envoyée par Satan pour te sauver. Tu lui aurais souris si t'en avais eu la présence d'esprit, à la place tu te contentais d'un grognement indistinct. Qu'elle sache que t'étais pas mort au moins. Elle était belle. Enfin pas que ce soit important. Elle avait pas l'air très bien, t'étais pas sûr qu'elle soit en état de conduire, en même temps toi non plus. Mais elle avait pleuré. Elle avait vomi. Toi aussi. Elle devait quand même avoir plus de ressources que toi parce qu'elle réussi à te déplacer sur la place passager. C'était en soit pas très dur d'être en meilleure forme que toi, t'étais plus qu'une loque, un corps un perdition dont la vie s'échappait un peu plus à chaque instant qui passait. Elle t'avait demandé où t'allais, avec patience, approchant son oreille de ta bouche pour capter ton murmure, celui qui causerait sa perte. Sao Poeira. Fallait qu'elle te ramène chez toi. Elle par contre ne devait pas entrer. Tu lui avais dit. T'avais insisté, malgré la fièvre tu t'étais un peu agité, grommelant et par moment criant presque, qu'elle devait pas te suivre, qu'elle pouvait te laisser pas loin mais qu'il fallait pas, surtout pas. Tu repensais à Nash et Antigone. T'avais pas eu le choix. Tu pouvais pas les laisser. T'avais hésité et puis tu les avais ramené, parce que tu pouvais pas les laisser crever. Elle t'avais haï pour ça. Sa haine ne serait pourtant jamais à la hauteur de ta culpabilité. Nash t'en avais jamais voulu, et c'était presque pire. T'avais déjà condamné deux âmes. Ça suffisait largement, c'était déjà deux de trop. Pas elle. Pas encore. Elle t'écoutait pas. Elle conduisait sans te regarder, luttant contre ses propres démons. Elle entendait pas tes mises en gardes désespérées. Elle continuait juste à suivre la route, à réduire le chemin entre toi et la délivrance, entre elle et la prison. Tu n'arrêtais pas de marmonner des avertissements incohérents espérant qu'elle entende, qu'elle percute. Non. Alors tu te calmais un peu, jetant un coup d’œil par la fenêtre, le soleil commençait à pointer un petit rayon faiblard. L'astre vital se levait tôt ce matin, il devait être cinq heure, vous étiez presque arrivés. T'allais continuer à protester mais à la place tu finis par perdre connaissance, protégeant le peu de vie qui restait en toi, ça serait trop con de mourir si près de l'arrivée, t'espérais juste qu'elle t'aurais entendu, t'espérais juste que ce serait pas le dernier levé de soleil qu'elle verrait en étant libre.


Il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils

Tu finis par ouvrir les yeux. Les rayons de soleil cuisant tombaient sur ton visage. T'étais pas mort. T'étais toujours pas vraiment vivant mais t'étais pas mort. Le feu qui consumait tes poumons s'était éteint. T'étais pas encore capable de te lever mais ça viendrait. Elle était là, à côté de toi, interdite. T'avais envie de lui crier dessus, t'avais envie de lui dire à quel point elle était stupide, qu'elle aurait pas du rentrer. Tu restais tout de même muet et stoïque, t'en étais pas encore vraiment capable, et puis t'allais pas lui gâcher ses derniers moments sans savoir ce à quoi elle était condamnée, t'allais pas la spolier de son innocence en lui exposant sa bêtise. Elle t'avait ramené à la vie quand tout allait contre toi, quand t'avais perdu le contrôle. Tu la sens, la culpabilité qui monte en toi, à nouveau. T'essaies de te dire que c'est pas vraiment ta faute, que tu l'avais prévenue, qu'elle a choisit, que t'y peux rien, que t'as voulu la dissuader. Sauf que si elle t'avait pas rencontré elle aurait jamais atterri ici. Tu lui avais volé son souffle et elle t'avais rendu le tien. T'avais une dette envers elle, pour toujours, et tu pourrais jamais la rembourser parce que tu l'avais vendue au Vilain.

Tu t'étais plus ou moins réhabitué à la vie à Sao Poeira. C'était pas facile mais tu t'en sortais. Au bout de trois jours de repos t'étais à nouveau sur pieds, mais tu pouvais plus sortir, plus jamais, tu savais pas si c'était vrai ou si c'était dans ta tête parce que t'avais failli y rester mais l'extérieur t'était fermé désormais. T'étais encore davantage prisonnier que tu l'étais auparavant. Tu semblais également constamment plus faible, t'avais plus de but, plus d'objectif, plus rien pour quoi te battre, t'arrivais même plus vraiment à dormir sans avoir l'impression de mourir à nouveau, tu dessinais des lignes de fringues que seul toi verrai jamais, qui seraient pas portées. L'espoir s'était mué en ressentiment. T'étais vide. Alors quand Primo s'était pointé t'avais accepté, sans hésiter. Primo tu le connaissais depuis longtemps. Vous étiez né la même année, dans la même ville et à vos quinze ans vous aviez ampli vos poumons de la même merde. A ce moment là vos chemins s'étaient séparés, il avait choisit l'obscurité quand t'avais pensé pouvoir te frayer un chemin tout seul du côté de la lumière. Alors aujourd'hui il t'offrait une nouvelle chance à ses côté. Primo il pouvait te comprendre, il était resté encore un peu plus longtemps que toi dehors, il savait ce que ça faisait de vaincre le temps mais en même temps d'aller trop loin et de presque y rester. Tu l'avais intéressé. T'avais de l'éducation, de la classe, t'étais pas trop mauvais pour parler. Il avait dit que tu pourrais lui être utile. T'avais pensé pourquoi pas, te rendre utile c'était tout ce que tu pouvais faire maintenant et puis puisque t'étais plus capable de sortir t'allais avoir besoin d'argent pour te procurer tout ce que tu pouvais plus aller dénicher toi même à l'extérieur. Ce travail était fait pour toi. T'avais pas besoin de te salir les mains, pas vraiment. Depuis que t'étais revenu t'étais plus le même de toutes manières, t'avais enfoui ta candeur, bien profondément, t'avais rejeté tout ce qui avait fait de toi un homme bon tout ce temps. T'étais pas devenu méchant, le monde était pas si simple, les gens étaient plus compliqués que ça. Il fut un temps où t'avais foi en l'humanité, où tu voyais le meilleur en chacun, à présent seuls tes défauts ressortaient, écrasant tout le reste, tu finis par devenir hautain et méprisant, aigri à la trentaine. Ton obsession pour le temps qui passait avait elle subsisté, ça et tes tendances maniaques. T'avais remisé la culpabilité, tu l'avais remplacée par du cynisme et de l'intérêt pour la mort, la facilité de la mort te fascinait. T'aurais pu tuer pour te faire de l'argent, mais pour quoi faire ? A Sao Poeira le gaz le faisait déjà à ta place. A la place t'allais utiliser ta tchatche, c'était pas plus noble, c'était juste moins salissant. Regarde toi un peu, ton égoïsme est devenu dévorant, tu trompes l'ennui qui te guette à chaque instant en t'amusant, que ce soit au dépend des autres ou pas.
   

   
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(#) Lun 10 Fév 2014 - 23:24
Bwoooo ce choix d'avatar parfait.
Bienvenue à toi   
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(#) Mar 11 Fév 2014 - 1:11
bon, mon cher ami, tout d'abord mes félicitations, le code est bon. perv par contre, comme écrit, il est obligatoire de remplir les premières informations entièrement avant de poster sa fiche. je te mets du côté obscur en attendant que tu fasses ça.
bienvenue, sinon.   
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(#) Mar 11 Fév 2014 - 19:22
Merci Isaï   
D'ailleurs MADS quoi   

Oh. Oui. J'avais posté ce que j'avais commencé pour pas le perdre vu que j'ai pas pu finir (a)
Je suis normalement en règle maintenant, j'vais pouvoir retourner à la lumière ?   
Merci sinon hein
Et puis j'peux rien refuser à Viggo  Rolling Eyes
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(#) Mar 11 Fév 2014 - 19:37
bienvenue ici, homme parfait
j'ai eu une attaque en te voyant donc ... je ne fangirlise plus de peur de refaire une crise

(MAIS SACHE QUE JE T'AIME !!! :han: )
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Bélial Chateminoy
SATAN M'HABITE
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♆ MALÉDICTIONS LANCÉES : 326
♆ PSEUDO : AMIANTE.
♆ AVATAR : DIEU DEPP.
♆ ALIGNEMENT MORAL : CHAOTIQUE MAUVAIS
♆ PERDITION : LES ANNÉES S'AJOUTENT ET DISPARAISSENT. LE TEMPS NE FAIT PLUS EFFET SUR SES TRAITS. TANTÔT ENFANT AUX MAINS BALADEUSES, ADULTE AUX SOURIRES CRASSES ET VIEILLARD AUX MOTS AIGRIS.
♆ ÉGARÉ : DANS L'ANTRE DE SATAN.
♆ ENNUI TROMPÉ : GOUROU SATANISTE. CHIEUR, FARCEUR, EN MISSION POUR LUCIFER POUR FAIRE DE VOTRE VIE, UN ENFER.

(#) Mer 12 Fév 2014 - 13:42
OH DIEU ANDREW SCOTT (oui je lui voue un culte depuis moriarty et alors )
et puis j'adore le début et le pseudo perv (napoléon :han:)
donc ouais j'suis pas contre un styliste personnel pour m'habiller le matin aussi
bref, bienvenue. hâte de voir la suite perv

♆♆♆♆♆♆ ♆♆♆♆♆♆ ♆♆♆♆♆♆

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(#) Mer 12 Fév 2014 - 20:56
Merci à tous les deux
C'est que vous êtes pas mal hein perv

Nan mais Andrew Scott, ce mec est trop
Oh. Contente que ça te plaise, j'espère que la suite ira aussi (a) et puis Atlas il demande que ça de faire des fringues pour les autres. Il ferait une fashion week à Sao Poeira s'il pouvait   

Mais moi aussi je t'aime Scar   Rien que ce pseudo et puis comment résister à tes avances ? perv


Oh. Et je voulais signaler aussi que je partais demain soir en Allemagne et je reviens lundi. Normalement je devrais m'en sortir sans délai mais au cas où ça sera pas que je suis morte  perv 
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(#) Jeu 13 Fév 2014 - 10:10
Goddamn. L'avatar, le pseudo.   
Bienvenue à toi, il me tarde d'en savoir plus   
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(#) Jeu 13 Fév 2014 - 15:38
ANDREEEEEEEEEEEW !  :han: :han: :han: c'bon, j'me calme. :smoke: bienvenue !
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(#) Jeu 13 Fév 2014 - 17:37
c'est mon prénom préfèré atlas, j'voulais le donner à mon dc, mais pas grave j'ai trouvé mieux
bienvenue belle tête.
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(#) Ven 21 Fév 2014 - 19:02
le nom, l'avatar

bienvenue
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(#) Dim 23 Fév 2014 - 12:29
Bienvenue   Je vais me la jouer grégaire mais je bave aussi   :beat: 
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(#) Dim 23 Fév 2014 - 15:42
Merci à tous.
Contente de voir qu'Andrew vous plaît perv

Alcide >> Mouhahaha. perv Genre t'as pu trouver mieux qu'Atlas ?   
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(#) Dim 23 Fév 2014 - 15:59
T'es la mieux de la Terre Et Atlas c'est le plus chouuuu.
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