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(#) Jeu 6 Fév 2014 - 1:16
Elle avait les yeux bleus. Un bleu laid, un peu décoloré, tirant sur le gris qui tire sur le noir, aussi. Les yeux bleus, comme les cieux qui crient, crachent et hurlent. Un bleu qui bouffe l'âme et qui fait taire la douleur, en dedans. Qui fait taire d'un silence lourd, trop lourd. Le silence des cris trop sanglants, trop vivants, trop hauts et forts pour être perçus proprement. Elle avait les yeux bleus, les lèvres rouges et les joues roses, par les idées qu'elle pouvait bien voir fleurir, dans ses pensées. Elle avait ce sourire, là, au coin de ses lèvres. Elle avait mon vomis à la figure, déjà. Parce qu'elle a cru, innocente, que j'étais un charmeur, un sauveur. Qu'elle ne s'est pas indignée, quand je suis rentré dans la maison. Qu'elle a souri simplement, qu'importe les battements de son coeur, féroces. Elle a cru voir un ange alors que sous ma crinière, il y a les cornes du démon.
J'ai serré les dents, comme j'aurais aimé serré sa gorge. J'ai souri, simplement ; autant profiter, tant que les cris ne sont pas encore là. Quelques secondes à peine, minime, pour jouer le jeu. Assez pour savoir où elle cachait ses objets, les trucs précieux.
Sulli et Pretty étaient ailleurs, dehors, pillant d'autres maisons.
Ses doigts se sont posés sur mon bras ; elle avait cette lueur, ces yeux de chat. J'ai serré des dents un peu plus, la rage au ventre. Parce qu'elle ne voyait pas, tu comprends ? Elle ne comprenait pas, qu'importe les couleurs changeantes, là, dans mes prunelles.
Je suis à toi. Tu es à moi.
Elle n'est que poussière, au travers de tout ça.
Et pourtant, ses doigts glissaient doucement, là, agrippés à mon bras. Elle rêvait du prince charmant et voyait le grand amour, déjà. Elle a dit « ils sont là, prends les biens, on s'en va » Elle a serré ses doigts contre mon bras, son coeur battant, fort, si fort, dans sa poitrine.
Il y avait de l'espoir, dans ses yeux. L'espoir d'un avenir, d'un quelque chose. D'une connerie.
J'ai planté un couteau dans son coeur. Elle était bête de croire que je pouvais être à elle, m'intéresser à elle, alors qu'il y a toi. Croire qu'elle était au dessus de toi et qu'elle méritait la moindre miette de mon coeur.
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(#) Dim 16 Fév 2014 - 4:45
Ce soir, il fait noir. Mes doigts sont gelés, un peu comme mes pieds. Il fait bien trop froid. Il n'y a pas assez de couverture, dans ce trou à rat. Il fait froid et les gens sont malades, déments, tous dépendant de quelque chose qui rit, tout bas, dans la tête ou dans les tripes. J'ai l'impression d'être une crasse, quelque chose de misérable, dans la vie des gens. Les défauts semblent plus grands, avec la tête pleine. Les défauts se font de plus en plus nombreux, comme les douleurs et les évidences. J'ai mal, bordel. J'ai la tête qui sait plus quoi faire, et mon monde qui se brise, tout entier. Drogue à la con. Elle bouffe mes veines, mon être. Elle s'efface et toi, putain, toi, t'es toujours là. T'es là, dans ma tête, comme la marque des seringues qui s'efface pas, contre ma carcasse. Les draps sont froids et ma peau bouillante. J'ai l'impression de nager au travers de mes putains de larmes, de me noyer dans ma propre connerie, dans cet enfer. Qu'est-ce que j'fous là, bon sang ? Ça fait mal, trop mal. Les évidences sont trop marquées et la douleur trop grande. J'ai la tête qui se perd, ou alors, je l'ai déjà perdu. J'me perds tout entier, dans ma tête, et j'ai le coeur qui va à l'envers. Le coeur qui tient plus la route, ouais, dans un pareil enfer. J'supporte pas, bon sang, d'avoir les idées claires, Y'a le passé qui prend place toujours plus grand, et mes erreurs qui prennent la place des marques, contre mon pli de bras. J'suis pourri, bon sang. J'suis qu'une foutue pourriture, incapable de faire quoique ce soit de bien. J'suis perdu dans ma tête, dans mon bordel, incapable de m'en sortir. Et là, j'vois. J'vois que j'me berne, putain, et que les sourires, les rires, ils sont pas vrais.

J'ai pas envie d'être ici, Ange. Sors moi, bon sang. Sors moi de ce putain de trou. Pourquoi j'suis là de nouveau, de toute manière ? Le centre c'est terminée depuis une foutue éternité. J'ai les bras clean et le corps trop vide, j'ai le sourire faux et le mal qui ronge, en dedans. Mais putain, j'arrive à tenir. Non ? J'arrive à tenir la route, à sourire comme un con, face à la vie, et à faire le mec qui va bien. Alors bon sang, pourquoi j'suis ici, de nouveau ? Pour voir les plaies, pour voir les marques que j'peux bien avoir, à la peau comme à mon âme. J'tiens pas, bon sang. J'supporte pas, bon sang, la foutue solitaire de merde. Elle ronge mon âme, et il reste rien. Il ne reste rien. J'serais prêt à supporter Alma de nouveau, à sortir son corps du bronx et à lui faire du bouche à bouche, si j'pouvais fuir la solitude et les foutus démons dans ma tête, de cette manière. J'écouterais ses paroles à la con, les mêmes conneries qu'elle me disait, encore et encore, quand elle venait me voir, parfois, en cure. Ici, ouais... Elle te l'a dit, ça ? Qu'elle venait, un grand sourire sur les lèvres. Qu'elle me contait votre putain de vie de merde, pour voir à quel point c'est bien, sans moi. À quel point t'es foutrement bien, sans moi. C'est con, t'sais, mais j'y crois encore. Que c'est mieux, sans moi. Que j'aurais du crever dans ce foutu centre de merde, que les docs se rendent compte que de mon truc au coeur un peu en retard, tout ça.

J'fais que des merdes, tu l'sais aussi bien que moi. J'souris pour sourire, pour me faire croire autant que pour faire croire les autres, au final. J'ris pour rire, pour oublier les cris dans mes têtes et les tremblements, au bout de mes doigts. Pour oublier les foutus peurs dans mon coeur, et les conneries qui poussent, dans ma tête. J'souris et j'ris, j'porte les gens dans mes bras, j'efface les pleurs, même, parfois. Pour oublier. Pour penser aux autres, et pas à moi. Pour penser à eux, les sauver, et croire que j'pourrais peut-être aller mieux, ensuite. J'souris et je les berne comme je me berne.

Mais les lumières fermées. Le coeur, bah, il s'ouvre, et les larmes, elles coulent. J'ai mal, et je suis un incapable. Incapable de respirer, sans les gens. Incapable de me sauver, alors que j'essaie, pourtant. J'essaie, bordel, dans mon coin, dans le moindre bruit. Ici, dans cette cure. Enfin, là-bas - j'dois être dans un foutu rêve, là - j'ai essayé. J'ai fermé les yeux et j'ai essayer d'avancer. Pourtant, y'avait sa foutue voix. La voix d'Alma, dans ma tête, qui résonnait encore et encore. Ses mots et son sourire, l'évidence qu'elle semblait porter, comme si c'était la foutue parole divine. On est bien sans toi, Cleb. On a pas besoin de toi. Ton boulot est fait, j'ai pris ta place, disparais, maintenant. Meurs ici, si tu veux, ou alors va voir maman et papa.

DISPARAIS.

La sueur dégouline contre ma peau, contre les couvertures et le matelas, alors que j'me redresse brusquement. Il fait noir, et j'entends le bruit du vent. Retour en enfer. J'en souris presque, bordel, de savoir que je suis ici. Que je suis plus là-bas, dans ce centre de merde. Que c'était qu'un putain de rêve et qu'il est plus là maintenant, que c'est fini. Les mots d'Alma, ils résonnent encore un peu, dans ma tête. Ils résonnent toujours, malgré le coup que j'ai bien pu lui donner. Les yeux fermés, je vois son sourire se dessiner. Alma, elle a toujours eu ce talent-là. Celui de me détruire. Alma, la voix obscure, dans ma tête.

Y'a un semblant de sourire qui prend place, un peu, sur mes lèvres. Je sais pas réellement si j'y crois, s'il vient de moi, ou alors s'il est pour le noir, la nuit, tout autour. Le coeur se calme, du moins. Il bat un peu moins vite et le poing disparaît. Il disparaît contre mon corps, mais reste là, dans mon âme. Un noeud coulant autour du coeur. Le souffle qui est trop lourd, entre mes lèvres.

J'ferme les yeux, un instant. À peine, assez pour effacer les images et les pousser loin. Les ranger dans cette pièce que j'ai créé dans mon coeur, ma tête, et que j'ouvre jamais. La porte à un sens. La porte qui fait peur, où les coups se font entendre, souvent. J'y mets tout à l'intérieur, un peu brusquement, avant de fermer la porte de nouveau et de fermer les yeux un peu plus fort, et d'effacer ça. De plus y penser, et d'espérer, quelque part, que la porte, bah elle flanche pas. J'suis bon qu'à ça, de toute manière. Sourire pour croire et me faire croire, et oublier ce qui se trouve là-bas. À oublier les problèmes et les peurs, ils en viennent à disparaître. J'ose y croire. J'ose y croire, bon sang. C'est la pire connerie du monde, mais ça a marché putain, jusqu'à maintenant. Alors...alors pourquoi pas là ?

Elle est forte, cette putain de porte. C'est pas un moment, pour me lâcher.

J'ferme les yeux un peu plus fort, le noeud coulant trop serré, contre mon coeur, à penser à une pareille éventualité. J'essaie de - de pas penser à ce qui pourrait arriver. J'essaie d'oublier le fait que peut-être la porte bah..elle a déjà lâché. J'essaie de remplir une pièce qui déborde déjà trop et j'suis plus capable. Plus capable, bon sang, de gérer tout ça. Les doutes et les peurs restent pris entre mes doigts, pourtant, alors que j'cherche ta foutue chaleur, entre les draps.

Ils sont froids, pourtant.

Mes yeux s'ouvrent et j'observe à côté, le regard un peu fou, mais surtout perdu, brisé.
T'es même pas là, Ange. Les draps, ils sont vides.
Y'a la voix d'Alma, dans ma tête, qui susurre dans un ricanement que l'vide, il vient de moi.
À essayer de faire croire aux autres qu'on est fort, qu'on peut gérer, on a personne, quand on en vient à craquer.

C'est pas que toi. J'ai beau ouvrir les yeux grands, y'a personne. Personne, dans le noir.
Noir de coeur. d'âme.
La porte est ouverte et y'a des trucs qui m’entraînent à l'intérieur.
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(#) Ven 23 Mai 2014 - 3:51
Le coeur tangue. Il ne fait que cela, depuis des jours durant.
Il tangue à gauche, s'échoue au travers des sentiments brisés, des douleurs accumulés.
Il tangue à droite, fait face au vide. Au vide de toi, qui reste là malgré ton absence. Il tangue vers le vide, trop présent. Le vide de ton être qui résonne encore et encore, autour de moi.
J'ai un sursaut, la nuit. Les yeux qui s'ouvrent grand et le coeur qui bat un peu trop fort. Mes doigts qui se referment brusquement, contre les doigts. Mes yeux, grands ouverts, qui cherchent ton ombre, au travers du noir.
Mais tu n'es pas là. Et moi, je ne suis même pas chez moi.
Je suis là, étendu sur un canapé un peu trop vieux, les ressors remontant dans mon dos, un peu trop fort.
Je pourrais faire l'enfant et pleurer un peu fort, Songe viendrait me prendre dans ses bras ou encore mieux, Hushpuppy ce petit ange. Je pourrais dormir dans les bras d'une princesse, d'un ange qui n'a pas encore perdu ses ailes, mais j'aurais peur de les arracher, au cours de la nuit.
De les arracher comme j'ai arracher les tiennes, une plume à la fois.
Tu sais, Ange. Tu sais, j'serais prêt à faire notre chemin tout entier à l'envers, pour retrouver la moindre de tes plumes. Prendre un peu de colle comme maman faisait si bien, et puis les coller à ton dos, pour que tu puisses voler de nouveau. J'sais pourtant que ça, j'le ferais pas. Même si j'en avais la possibilité, j'serais incapable de faire quelque chose du genre. Parce que j't'aime trop. Parce que j'ai pas envie de te voir t'envoler, même si ça signifie ton bonheur. C'est mal ? Ça fait de moi un monstre, tu crois ? Vouloir te garder dans mes bras, jusqu'à ce que tu sois étouffé de moi. Te serrer fort, pour que ton coeur cesse de battre et finisse par calquer son battement sur le mien, tout simplement.
J'y pense depuis quatre jours, tu sais.
C'est long, quatre jours. Beaucoup trop long, certainement.
96 heures.  5760 minutes. 345 600 secondes.
Enfin, un peu plus que ça, j'dirais. On doit être proche des 350 000 secondes maintenant.
Je préfère pas savoir, tu vois ? Oui, tu vois.
Toi aussi, tu dois pas réellement vouloir compter.

Mes lèvres s'pincent et j'bouge, au milieu des draps. J'entends le clic de l'horloge qui résonne, dans la maison. J'entends que ça, parce que mon coeur il se refuse de battre, sans toi dans les parages. Il veut juste pas.
Moi non plus, j'veux pas.
Okay, j'retire tout Ange. J'veux pas partir. J'peux revenir dans tes bras ? J'y ai laissé pas mal de choses. Ma vie, mon bonheur surtout. Mon âme toute entière, mon coeur aussi.
Y'a pas de cleb, sans ange. Peut-être qu'Ange peut continuer, peut-être qu'il peut aller mieux, mais Cleb, il en est incapable. Il a besoin d'Ange, de son ange, pour aller bien.
Songe, elle dort. Elle dort, et elle est pas là, du coup, pour m'empêcher de faire une bêtise.
Quatre jours maintenant qu'elle me surveille, comme si j'étais un enfant.
Hier, j'ai failli naviguer pendant des heures, sans l'intention de pas revenir.
Chaque heure, j'ai failli hurler ton nom, te chercher dans le village comme un fou.
Chaque nuit, j'ai été incapable de dormir, mais trop confus encore pour avancer.
Pas cette nuit. Cette nuit, j'ai les idées claires, le corps qui tremble par le manque de toi, près de moi. Alors... Alors, j'me bouge. Je quitte les draps. Je quitte le canapé, simplement. Je quitte la cabane, les lèvres pincées et un regard un peu hésitant, derrière moi.

Il fait froid, dehors. J'espère que tu dors pas à l'extérieur, Ange. J'espère que t'es quelque part, bien au chaud. Et pourtant, j'peux pas m'empêcher de te voir. De te voir dans les coins, dans les ruelles. À chaque pas, derrière chaque ombre, je te vois. Je vois ton corps, un peu brisé, un peu poussière. Je vois ton cadavre, comme tu m'as promis, au travers des cris. Et j'fais que trembler un peu plus, face à ça. Mon pas accélère et le coeur, il reprend presque vie. Il a peur, pour toi. J'ai peur merde, pour toi. Même quand t'es au creux de mes bras, j'ai peur qu'il t'arrive quoique ce soit de mal.
Je t'aime, Ange.
Je t'aime et j'vagabonde dans la nuit, à la recherche d'un peu de toi. J'ferais le tour de ce foutu village un millier de fois, s'il le faut. J'chercherais dans les coins les plus sales, pour un petit bout de toi, par ici ou alors, par là. Parce que j'ai besoin de toi.
J'ai besoin de toi comme on a besoin de vivre, de respirer et de manger. C'est surement pour ça que j'en ai rien à foutre, de l'heure ou de la nuit. Que je retourne là où se trouvait la cabane et que je crie ton nom, une fois, deux fois, trois fois, avant d'aller toquer à la porte des cabanes aux alentours, jusqu'à ce qu'on me réponde. « Désolé Cleb, je l'ai pas vu depuis votre dispute. » « Il avait pas l'air bien, c'était assez violent votre truc. » « Il a pas bougé pendant des heures, tu sais. j'ai cru qu'il était mort. » « J'ai voulu l'aider, mais il a hurlé. » Sourire compatissant, main sur l'épaule. Les portes qui se ferment, les unes après les autres. Aucune trace de toi, où que ce soit.
J'avance encore, pourtant. J'avance et je traverse le village, j'hurle ton prénom.


▬ ange. Ange. ANGE.
TA GUEULE MON GARS, ON EST EN ENFER, LES ANGES ÇA EXISTE PAS.
▬ TA GUEULE TOI, MON ANGE IL EXISTE ET J'DOIS LE TROUVER, TU VOIS.

Je cherche, les yeux ouverts malgré le noir, trop lourd. J'hurle ton prénom à m'en défoncer la gorge, qu'importe les mecs qui voudront me défoncer la gueule, parce que j'crie trop fort.
J'hurle à minuit le soir, perdu au travers du noir.
J'en ai rien à foutre des gens, autour. Des cons qui hurlent de me taire et des putes, qui essayaient de me choper au passage. J'leur accorde deux mots, le temps de leur demander si elles savent où tu peux bien être. Elles sont trop défoncées, et la plupart du temps, elles se contentent d'hausser des épaules, avant d'dire que si j'veux une pipe, elles sont meilleures que toi, pour ça.
J'grimace, j'm'éloigne.
C'est pas une pute, que je veux. C'est ange.
Mon Ange.
L'enfer m'a kidnappé mon ange, et moi, j'ai brûlé ses ailes, il peut pas s'envoler, simplement.
Les heures passent et les déceptions s'additionnent. Je trouve pas. T'es où, Ange ? J'te trouve pas, dans la noirceur de la ville. Le ton de ma voix en vient à se faire un peu moins fort, au fil des minutes.

ANGE. ANGE. ANGE.

Une porte grince, celle d'un van. Mon pas s'arrête, et j'entends, J'entends, là, ses cris. Les cris du singe, qui bouge dans les bras d'un inconnu de manière furieuse, avant de s'en sauver et de venir dans mes bras, brusquement. Y'a un truc, à mon coeur. Un battement, je crois. L'ombre du moins, dans tous les cas. Et un rire cassé, surtout, à mes lèvres. Un rire brisé alors que j'la serre fort, dans mes bras. Putain, poupoune. Elle m'a manqué. Notre bébé, Ange. pourquoi elle est là, avec un inconnu. Elle pleure si fort, bon sang. Elle pleure si fort, on dirait qu'elle a besoin de toi, elle aussi. Elle me réclame, mais j'entends que ton nom, encore et encore, dans ses gémissements de pauvre bébé.

Mes yeux s'tournent vers le gars, au fond d'un moment. Grand, le crane rasé et le sang qui brille, contre ses plaies. Il a pas l'air sain. Il doit pas l'être, pour ce que j'sais sur les gars dans son genre. « Comment tu l'as eu, tu connais Ange ? » Ses sourcils s'froncent, un peu comme les miens. J'crois voir un truc dans ses yeux, mais lui, il doit voir la couleur de l'inquiétude qui fait un spectacle, au fond des miens. Il finit par grimacer, après quelques secondes de silence. Il passe ses doigts contre son crane, et puis il se pose, simplement. « Toi aussi, t'sais pas où il est ? » Il claque sa langue, et ses mots résonnent. J'sais pas. Lui aussi, il sait pas. Il sait pas où t'es. Personne sait ; tu l'sais, toi ? « Le singe, il -  » Mes mots s'coupent. J'ai pas envie d'demander, j'ai pas envie d'savoir. Les mots, ils s'évadent Il secoue la tête, le gars. Il a compris, je crois. Dans ses yeux, un truc que j'veux pas lire. Un truc qu'il veut pas accepter, non plus. « J'l'ai trouvé. Y'a quelques nuits, il était là, d'vant mon van. Il a du le laisser là, comme ça. » Mes lèvres s'pincent, et ma gorge se noue. Bordel de merde. Pourquoi, Ange ? T'as fait quoi ? T'es rendu où ? J'ai fait quoi, merde. Pourquoi j'ai fait une connerie pareille.
Mes bras s'resserrent, contre le singe. Ses petites pattes s'agrippent contre mon t-shirt et il pose sa bouche contre ma peau, comme pour y déposer des baisers, me calmer. « Okay. » J'hoche de la tête, plusieurs fois.

Okay, j'ai merdé.
Okay, quelque chose va pas.
Okay, pitié aidez moi.

Le skin sourit un peu, avant d'me faire signe, de sortir une clope et de me la tendre, simplement. Je l'observe un instant, les sourcils froncés, avant de m'avancer. J'sais pas qui c'est. J'sais pas d'où tu le connais. Pourquoi tu lui as laissé le singe. Et si c'était...« Darko ? » Le mot est craché, un peu brusquement. Le gars, il grimace simplement, me dévisageant un peu plus fort. « Sur ma liste rouge. Gram. » Il tend les doigts, pour serrer ma main. Je l'observe sans bouger, les sourcils toujours froncés. J'sais pas si j'dois le croire. J'veux juste savoir où tu te trouves, c'est tout. Il sourit un peu plus et baisse les doigts, en souriant un peu plus, fatigué. « J'aidais la brindille. 'fin, j'essayais. Il s'occupait d'mes poules. » Mes yeux louchent vers les enclos, autour du van. Les poules dorment, j'arrive à en voir quelques unes. Oui, les poules. Tu m'en as parlé, de ça. J'me souviens, les étoiles dans tes yeux. Tu les aimais, ces poules là. J'hoche de la tête sagement, avant d'avaler et de prendre place à côté de lui, simplement. Poupoune reste accrochée contre mon t-shirt, même si je la tiens plus. J'prends la cigarette et je l'allume, en prends le venin pour me vider la tête, un peu. Mes yeux s'tournent vers le ciel ; il est vide d'étoiles, ce soir. Il est vide de tout, depuis que t'es plus là.
Silence, pendant quelques minutes. Poupoune a le temps de s'endormir, avant que le skin ouvre la bouche de nouveau. « Il est un peu con, mais il t'aime mon gars. » J'tourne mes yeux vers lui, le dévisageant en silence. Il m'observe pas, retirant la crasse sous ses ongles d'orteils. Il m'fait sourire un peu, il m'rappelle comment on était, avant tout ça. Comment on .était léger, un peu, et surtout con. « J'sais pas où il est. J'imagine que toi non plus, à t'entendre gueuler. » Il lève les yeux, me dévisage, la mine sérieuse. « J'chercherais, pour le trouver. Il doit pas être loin, le p'tit. » J'hoche de la tête, encore. J'ai la gorge nouée, le noeud trop serré, dans les tripes. J'sais pas qui c'est, ce gars. J'sais pas pourquoi il fait ça, pourquoi il accepte d'aider, simplement. J'dois encore l'observer en chien de faïence, incapable de lui faire totalement confiance.
J'te vois juste, dans ma tête. J'te vois mort, quelque part.
Il doit le voir, dans mes yeux. Y'a une main qui s'pose contre mon épaule, et une bière qui s'tend vers moi, simplement. Il sourit un peu, juste assez pour dire un truc, sans ouvrir de la bouche, et j'prends la bière, les larmes un peu cassées, au coin des yeux.
J'suis tellement désolé, Ange.
Merde, j'ai tellement, tellement merdé.
J'prends une gorgée de bière, avant d'murmurer un merci. C'est bien après tout, de croire. Pourtant, j'vois bien dans ses yeux. Il te voit déjà mort. Moi aussi, quelque part. J'sens déjà l'odeur de ton cadavre et mon coeur se lève. J'noie mes idées dans la bière, alors. J'fume un peu plus, pour créer un brouillard.
On doit avoir l'air de deux cons, à boire.
À boire notre peine, à te penser mort.
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