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♆ MALÉDICTIONS LANCÉES : 464
♆ PSEUDO : AMIANTE.
♆ AVATAR : CILLIAN MURPHY.
♆ ALIGNEMENT MORAL : CHAOTIQUE BON
♆ PERDITION : FABRICATION DE SOUVENIRS.
♆ ENNUI TROMPÉ : FIGURE PATERNELLE DES ENFANTS VOLEURS. SAINT PATRON DES ORPHELINS. LES BONNES INTENTIONS SE SONT ÉRODÉES AVEC LA POUSSIÈRE. IL LEUR A TOUT APPRIS, LES DOIGTS MAGIQUES POUR DÉTROUSSER SANS SE FAIRE ATTRAPER, LA SOLIDARITÉ DANS LE BUTIN QU’ILS PARTAGENT ET MÊME LES VICES AU CREUX DES DRAPS.

(#) Mer 16 Oct 2013 - 12:59
Adolf Dariá Aue

âme égarée
Héritage Infortuné ♆ Un seul son, comme une seule voyelle lâchée au vent. Un écho au loin, très loin d’ici, de l’autre côté de l’atlantique, en Allemagne de son origine. Du moins, c’est ce qu’il en dit. Appellation aux Origines Contrôlées ♆ Il n’a pas la moustache non, il n’a pas la chevelure grasse, il n’a pas les aspirations d’artiste, il n’a pas sa volonté destructrice, il n’a pas son racisme, volonté d’exterminer tout un peuple, un génocide. Pourtant, il reste Adolf, un autre, un nouveau, moins connu, à jamais dans son ombre. C'était mieux avant ♆ C’est le gamin qui apprend ses tables, trois fois six, quatre fois huit. Vingt-quatre années à vagabonder. Vingt-quatre années que le temps essaie de l’abîmer. Première Bouffée d'air ♆ Comme toutes les histoire, ça commence par un pauvre con, un connard des temps modernes pas fichu de se protéger pour se taper la pute du quartier. Quelques mois plus tard, Maman a écarté les jambes pour autre chose que de se faire fourré et il était né. Énième gamin non désiré, futur rebut de la société. Aussitôt né, déjà abandonné. Papa et Maman ♆ La catin trainait sur le trottoir de rio, le salaud se disait aryen, planqué dans les roches argentines. Il avait ses idées racistes pleins l’esprit et les croix gammées tatoués sur la peau. Dans mon lit ♆ Il écarte les cuisses pour quelques billets. Trois secondes au paradis pour une éternité en enfer. Homme ou femme, tant qu’ils paient à la fin. Degré de solitude ♆ Il en est fou, il a son nom tatoué au creux des reins, son prénom pendu aux lèvres, ses yeux qui se remplissent d’étoiles. La liberté. Tromper l'ennui ♆ C’est la Liberté au sein nu brandissant le drapeau pour guider le peuple. C’est la catin que vous avez baisé hier soir. C’est le salaud qui vous a volé les pièces qui trainaient dans votre pantalon. Tombé dans le trou à rat ♆ Trois années qu’il est prisonnier, que lentement son esprit est en train de se déglinguer, il ne sait pas combien de temps il pourra encore le supporter. La nouvelle famille ♆ Adolf aime se croire libre, mais il n’est rien d’autre qu’un parasite, il donne son corps au plus offrant, dérobe le reste à des passants.


au-delà des dunes
Joli prénom ♆ Lydie, la plus jolie. Pseudo pas beau ♆ AMIANTE, le sale truc qui vous fera crever. Nombre d'hivers endurés ♆ Dix-sept ans, mes pauvres gens. Pierre précieuse préférée ♆ Le diamant, bien évidemment. Compagnie de voyage ♆ Neoexpress, plutôt confortable, je recommande. Mot doux ♆ Putain de staff incompétant. Degré d'addiction ♆ Mort prochaine par overdose. Sésame ouvres-toi ♆ Je suis Dieu. Tête de cochon ♆ Harrison Tea & Benthe de Vries Remerciements ♆ le bouffeur de vie et moi. Mot d'amour en plus ♆ je m’aime.
Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie, N'ont pas encor brodé de leurs plaisants dessins Le canevas banal de nos piteux destins, C'est que notre âme, hélas ! n'est pas assez hardie. ▲ BAUDELAIRE
au parfum de la liberté
Adolf, il a été heureux, un jour. Il en a gardé les traces, les morsures, un peu partout. Il a aimé la vie, comme elle le méritait, comme la plus belle des amantes. Il y a trouvé un souffle, une direction, un sens. Il lui souriait, lui murmurait des mots doux. Adolf n’a jamais eu grand chose, pas de toit pour s’abriter, pas d’argent pour manger, pas d’amour à embrasser, peu de famille ou d’ami pour s’inquiéter. Mais Adolf, il savait se contenter de la seule chose qu’il avait. À ses yeux, elle était la plus belle chose que l’on puisse jamais posséder. Dans un monde enchainé par les politiques, les médias, les crises, les impôts, les factures à payer. Adolf, il avait sa liberté. Il allait et venait comme il voulait. Il débarquait pour disparaître. Sans jamais devoir rien à personne, sans jamais un adieu, sans aucun dessein. Sans destination, on ne peut jamais se perdre. Adolf, il avait la bohème au creux de l’âme, la ballot sur le dos, la cigarette au coin des lèvres et la curiosité au bout de la langue. Il a voulu tout voir, tout essayer. Des fruits exotiques, des viandes parfumées aux drogues à peine expérimentées. Adolf il n’en a pas l’air, mais il en a beaucoup vu. Adolf était le vagabond des grands chemins. Adolf n’avait pas de manières, pas de point d’attachement, il errait. De temps en temps, il s’immisçait dans votre existence, comme des mauvaises herbes qui pousse dans vos jardins. Il y semait les graines du chaos, les arrosait pendant un temps, agriculteur bien pensant. Il les regardait germer, avant de s’éclipser. Vous avez beau lui courir après, jamais vous ne le retrouverez. Ni adresse, ni numéro, ni courrier. Adolf était hors du temps, il ne vivait et n’existait que dans l’instant. Il était l’éphémère, l’insaisissable, qui vous filait entre les doigts chaque fois que vous pensiez le tenir. Il vivait comme il le voulait. Il semait le trouble, parce qu’il le pouvait. Adolf se fichait de tout, surtout de vous. Qu’on l’aime, qu’on le déteste, il s’en fout. Adolf, avait le sourire facile, le rire éclatant. Nuit et jour, qu’on l’entendait si souvent, ce rictus charmant quoique peu rassurant. Adolf ne se prenait pas la tête, ne réfléchissait ni aux conséquences, ni aux représailles. Il séduit pour séduire, cogne pour cogner, s’enfuit sans aucune culpabilité. Il vivait chaque instant comme si c’était le dernier.
Mais, la vie s’est soudain lassée de l’aimer,
La vie a décidé de bien le baiser,
Elle l’a exilé au milieu de nulle part, privé de sa liberté.

Adolf il n’est pas fait pour vivre en communauté. Il est le défaut de fabrication, le vice inhérent à éliminer. Il a l’esprit trop abîmé pour s’être trop longtemps défoncé à la liberté. Alors Adolf gît là, âme en peine, ombre de lui-même. Fauve en cage qui gronde pour être libéré. Il crève un peu plus à chaque instant, il pourrit de l’intérieur. Il se meurt. Et à force, de chercher à s’échapper, de s’éloigner de ce village qui veut sa sépulture.
Un jour, il ne pourra plus.
Un jour, il ne reviendra plus.




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(#) Mer 16 Oct 2013 - 13:05
distorsion des chimères

l'étrange
Elle est belle, Dariá, ou celle qui se fait appelé comme ça. Elle a la lueur maligne dans ses prunelles couleur ciel. La folle chevelure brune qui se dresse sur le crâne. Décoiffée savamment. Biche farouche. Animal sauvage. Le sourire est espiègle, les lèvres sont bien remplies. Le menton fin. Elle est là à portée de doigts. Les courbes de son corps de femmes. Les jambes longues et fines sous son bassin. On devine tout sans rien voir de ses vêtements. Elle observe quelque chose pas loin, l’air surpris. Adolf arbore le même air ébahi, devant la jolie jeune fille de l’autre côté du miroir. Il cligne des yeux. Elle cligne des yeux. Il bouge. Elle bouge. Le doute n’est plus possible. La jeune fille, c’est lui. Lentement les vêtements se défont. Les seins sont là, pas vraiment énormes, mais pourtant. La main droite s’aventure plus bas, au creux de ses reins. La sensation est étrange, certainement pas déplaisante et pourtant. Léger vent de panique. Il n’est pas fille, non. Il est garçon. Il n’a jamais été trop confus dans sa sexualité, ce n’est pas le moment de commencer. Les yeux se ferment. Elle tente de se calmer. Visualiser son ancien corps. Les muscles fins, le torse plat. La magie opère, les seins se rétracte, le sexe grandit. Adolf est redevenu lui.
(c) AMIANTE

São Poeira
Elle est son cauchemar, le boulet à ses pieds, bien trop lourd à porter. Elle a la place spéciale dans son cœur, comme la chose la plus détestée. Elle est la main autour de son cou en train de l’étrangler. Elle est le poignard dans son dos qui avance sûrement vers le cœur. Elle est la maladie vicieuse qui le ronge de l’intérieur. Elle est le poison affreux qui se répand. Elle est la folie qui le gagne, lentement et sûrement. Elle est le début de sa fin. São Poeira. Il crache le nom. Il en vomi les syllabes. Une à une. Il en mastique les lettres entre ses lèvres, pour y incorporer tout le dégoût, la rage, le sentiment d’impuissance. Il donnerait n’importe quoi, son âme qu’importe, pour y échapper. Pour ne plus jamais avoir à y retourner. Il n’est pas fait pour rester coincé. C’est un animal sauvage, qui a besoin de sa liberté. Il ne déteste pas São Poeira, non. C’est bien plus que ça. Il l’exècre de tout son être. Il en hait les moindres recoins, le plus petit grain de sable. Et surtout le gaz, véritable instigateur de tous les maux. Oubliez l’héro, on a trouvé mieux pour vous rendre accro. Dès les premières bouffées vous ne pourrez plus vous en passer. La mort, imminente, sourit dans l’ombre, vous venez d’être emprisonnés dans sa géante toile d’araignées. Il essaie souvent, de partir. Toujours plus loin. Toujours plus longtemps. Rien à faire. L’affreuse le ramène toujours entre ses griffes.
(c) AMIANTE
Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ; Mon paletot aussi devenait idéal ; J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ▲ RIMBAUD

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes raisons réunies
J’écris ton nom
Elle crie, Maman. La beauté délavée, sa brune chevelure emmêlée. Sa peau à découvert et ses jambes écartées. Elle crie sous les coups de Papa. Papa et son crâne rasé, papa et ses croix gammées, gravés sur le corps, marqués dans son cœur à tout jamais. Son haleine fétide, trop forte, trop alcoolisé, trop violente qui s'écrase dans le cou frêle de Maman. Il lui crache des mots inconnus, des insultes venues d'ailleurs, de sa lointaine patrie d'Allemagne. Mais Maman ne comprend pas, elle n'a jamais compris grand chose de toute façon. Non, elle n'a jamais fait partie des brillantes du tas, de celles qui s'en sont sorties et qui sont loin, très loin d'ici. Elle aurait aimé elle aussi, porter des jolies robes au bras d'un beau mari. Mais Maman elle n'a que les pires, les vieux, les moches, les brutes. Maman elle a Papa, le néo-nazi en transit. Celui qui l'a cueillit pour quelques soirs, sur le trottoir. Et Maman elle ferme les yeux, elle s'accroche aux billets verts, oui. Et Maman, la douce catin, elle obéit. Elle le laisse la prendre sans protection, sans précaution, elle le laisse cracher son venin, sa haine empoisonné, elle le laisse décrocher ses coups sur son corps déjà violacé. Elle ne peut pas vraiment faire autrement, Maman, elle ne peut que crier. Crier aux secours qui ne viendront jamais, à l'enfant qui veut pas s'extirper.

C'est comme ça qu'Adolf est né,
Dans les cris, la violence et la haine,
Dans les draps sales et bien souillés,
C'est comme ça qu'il a été fait.

Il est parti, Papa. Il est rentré là-bas. Il a disparu avec l’écho de son rire gras. Le crâne nu et les bottes noires qui claquent sur le macadam. Il n’a jamais pris la peine de lui dire au revoir. Il a laissé Maman abandonnée sur son trottoir. Et elle s’y traine encore sur ce coin perdu de Rio. Avec le moins possible de tissu sur le dos. Aussitôt baisée, aussitôt oubliée. Papa l’a égaré dans ses souvenirs alcoolisés, dans ses erreurs d’une jeunesse trop opprimée, dans les méandres de sa violence affichée. Maman l’a dilué dans ses seringues d’héro, contre la peau brûlante d’autres hommes. Mais Maman n’avait pas prévu que Papa lui laisserait un souvenir. Un petit monstre, là, au creux de son ventre. Une créature tout aussi vile que son Papa. Il s’est caché dans son corps pendant une bonne demi-douzaine de mois. Maman en déni qui ne veut pas y croire. Maman qui se retrouve avec un petit bébé dans les bras. Elle n’a personne pour l’aider, elle n’a personne pour s’en occuper. Et même si Maman n’est pas des plus intelligentes, elle sait au moins qu’elle ne doit pas appeler Papa. Mais c’est trop, c’est beaucoup trop et Maman, elle panique.

Alors Maman, elle l’a abandonné là,
Sur les escaliers de l’orphelinat.
Et plus tard, bien plus tard,
Adolf partira aussi, comme Papa.

Il a le cœur qui bat fort, Adolf. Les yeux qui courent partout, dévorent tout. Après être resté des années derrière une vitre, le monde est là, enfin, juste sous ses doigts. Adolf s’est enfui, hors des quatre murs de l’orphelinat. Du haut de ses huit ans, Adolf se sent libre pour la première fois. Et il adore ça. Il marche, se faufile entre les rues, entre les passants. Il ouvre de grands yeux écarquillés, leur grande lueur émerveillée. Son esprit qui essaie de tout enregistrer, les sons, les couleurs et les odeurs. Tout semble lié, connecté, aller et venir, se chercher. Il se glisse dans la foule, presque invisible. Jusqu'à ce que quelque chose accroche son regard. Une chevelure brune qui se traine au vent, son joli sourire éclatant. Luana avait sept ans, dans sa main il y avait des sortes de rubans. Des bracelets rouges pour une sorte de parc d’attractions. On ne soupçonne pas de fraude une paire d’enfants aussi mignons. Alors, ils jouent, ils rient, ils s’amusent comme les bambins qu’ils sont. Hors du temps, dans une infinité d’instant présents. Deux âmes dans leur innocence. Ils s’envolent loin de ce quotidien harassant. Loin de la pauvreté, de la crasse dans la rue, loin des draps froid abandonnée, des murs trop épais. Dans un petit coin de paradis, enivrés de la douce odeur de liberté. Dès la première bouffée qu’il ne pouvait plus s’en passer. Irrémédiable drogué. C’était la première fugue d’Adolf, mais certainement pas la dernière. Les années passaient et elles s’allongeaient. Il explorait, il surprenait Luana, il s’aventurait hardiment là où il n’était encore jamais allé.


Sur chaque bouffées d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom
Il est revenu, Papa. Un beau jour, juste comme ça. Les croix gammées cachées sous le costume et le chapeau, un sourire faussement charmant. Elle est là pourtant, la ressemblance, si flagrante. Le père et son fils qui vient tout juste d’avoir quinze ans. Et le sourire se fait inquiétant, pendant un instant. Les papiers sont déjà là, éparpillés sur le bureau du directeur de l’établissement. Il est content, il va en avoir un de moins à s’occuper. Il va laisser Papa l’emmener. Il ne parle pas beaucoup, Papa. Quelques mots lâchés à peine, plus ou moins chaleureusement, plus ou moins faussement. Jusqu’à ce qu’ils entrent dans la grosse voiture noire, où un autre crâne rasé l’attend. Ils conversent tout deux dans une autre langue, de l’allemand probablement. Ils ne roulent pas bien longtemps, seulement jusqu’à l’aéroport. Il fait sale, Adolf avec ses vieux vêtements. Mais il s’en fout, il est trop occupé à regarder toutes les machines, les engins, les écrans. Une bouffée d’excitation qui grimpe dans ses poumons, il va voler pour la première fois. Les yeux perdus à travers le hublot, il n’écoute pas vraiment Papa. Papa et ses discours racistes, Papa et ses règles à n’en plus finir. Adolf en est déjà abruti. Il passe le temps à regarder le monde défiler sous ses pieds. Ils arrivent enfin en Argentine. Adolf ne parle pas plus espagnol qu’il ne parle allemand. Il comprend seulement un peu plus certainement. Alors il se laisse faire, il enfile les vêtements qu’on lui donne, il abandonne ses cheveux sur le chemin.

Débardeur noir et pantalon militaire,
Crâne rasé et bottes ténèbres,
Adolf devient le digne fils de son père,
Et un nouveau camarade pour ses pairs.

Il a du mal à s’intégrer, Adolf. Il ne se fait pas à cette vie. Bariloche, petite ville nichée au creux des montages, repère à néo-nazis. Il leur ressemble, pourtant, en apparence, la peau blanche, le crâne nu avec le swastika tatoué. Mais Adolf il est encore le bâtard de Friedrich, l’enfant de la catin et Papa. Il n’aime pas ici, trop de règles à obéir, trop de gens pour le surveiller, trop de haine à recracher. Adolf sait bien qu’il ne va pas rester. Alors, avant de partir, il va essayer de s’amuser. Il veut secouer l’essaim pour tous les énerver. Et pour la première fois depuis un bon mois, un sourire se glisse sur ses lèvres étirées. C’était la fille du voisin, la fille du maire, elle s’appelait Lore. Lore et sa blondeur. Elle n’était pas particulièrement jolie, loin d’être laide. Pour l’occasion, elle était parfaite. Adolf y est allé doucement. Il a pris son temps, vicieusement. À coup de sourires, des mots échangés, mais surtout du temps, beaucoup de temps. Il l’a fait rire, Lore. Il s’est enrobé de jolis mots, d’une pincée de danger, un rien d’excitant. Il l’a fait tomber dans ses bras, puis un peu plus tard, dans ses draps. Papa était ravi, il ne rêvait pas meilleur parti pour lui.

Friedrich parlait déjà avec son père,
De robe et de futures possibles fiançailles.
Si obnubilé qu’il n’a même pas remarqué,
Que le fils en question n’était pas si intéressé.

Il grogne, Achim. « Putain Adolf, pas ici... » Mais sa voix se meurt dans sa gorge. Elle s’éteint contre le souffle du brun. Mais son corps le trahit, il cherche le sien presque désespérément et leurs lèvres qui s’accrochent. « Je t’ai dit de pas m’embrasser, bordel. » Y’a cette boule dans son estomac, une certaine appréhension, beaucoup d’excitation. « Retourne-toi. » Murmure à son oreille. Les souffles qui s’accélèrent. Achim, presque malgré lui, qui obtempère. Ses mains froides qui défont son pantalon. « Putain, t’es con ou quoi, y’en a un qui pourrait arriver. » Achim a beau protester, gesticuler tout ce qu’il veut, Adolf ne l’entends pas. Il le plaque contre l’arbre à la lisière de la forêt. Il joue avec lui, un tendre instant. « T’es qu’un putain de connard Adolf, j’suis sûr que t’as déjà baisé Lore, tout à l’heure. » Il ne voit pas non, le petit sourire d’Adolf derrière lui. Il le sent seulement qui vient de le prendre. Achim et Adolf n’ont jamais été amis. Achim a été le premier à cracher sur Adolf quand il est arrivé ici. Jusqu’à ce que quelque chose change, qu’ils se mettent à baiser. C’est si cliché, le gay refoulé homophobe pour le cacher. Achim, il aurait mieux fait de continuer à le frapper. Achim, il n’aurait jamais dû faire confiance à un bâtard. Mais il est déjà trop tard. Les coups de reins qui se font de plus en plus rapides et le plaisir qui grimpe, trop haut, trop fort. Il ferme les yeux et ne voit pas Lore ni Friedrich qui les regardent pas plus qu’il ne voit les quelques autres venus avec. Non, il les voit que trop tard, les regards médusés qui se tiennent là. Adolf qui est déjà parti, Adolf qui s’est enfuit. Achim réalise que cette fois, il l’a vraiment bien baisé.


Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom
Il est déjà loin, Adolf. Quand Achim a remonté son pantalon, quand il est à terre, le nez en sang les bottes noires qui lui rouent le corps, par les nazis remis de leur surprise. Adolf est encore plus loin, lorsque qu'un petit cri de Lore rappelle qu'il en manque un à tabasser, que des têtes se relèvent, que des regards scrutent les alentours déjà désertés. Adolf avait tout prévu. Toute sa vie enfermée dans un petit sac à dos, dans un endroit bien précis, à la lisière des bois. Contrairement à Achim, Adolf les a entendus venir, les crânes rasés qu'il avait lui-même attirés. Il est parti bien vite, juste le temps d'un sourire. D'un baiser envolé à tous ses crétins ébahis. Il a couru, il a galopé, sinuant les troncs des arbres, au cas où on l'aurait suivi. Maintenant, tout ça est fini. Sa cadence s'est calmée, il est sorti des environs de ce lieu maudit. Adolf a réussi à s'enfuir. Son pas s'éloigne sur les chemins. Sa silhouette engloutie par la nuit. Adolf marche, sans savoir il va. Mais il part. Les yeux levés, il n'a que les étoiles pour se guider. Dans ses poches, seulement quelques billets qu'il a pu dérobé. Il n'a guère pris assez à manger et à boire pour plus de quelques jours. Mais Adolf il s’en fiche, après être resté autant de mois en compagnie de nazis. Il saura se débrouiller. Le chapeau de Papa pour cacher la croix gammée. Éternel souvenir de ces mauvais moments engravés. Adolf veut pourtant faire une croix sur ce passé.

Combien faut-il de temps pour faire repousser,
Assez de cheveux sur un crâne rasé ?

Il s’en va vagabonder, Adolf. Au gré des envies, par tous les chemins. Il ne sait pas bien où il va, pas de cartes ni de boussole pour le guider, peut-être qu’une vague idée de l’étoile polaire pour lui indiquer le nord. Adolf, il a les poches trouées et le ventre vide, il faut y remédier. Mais travailler, c’est une atteinte à sa liberté, c’est s’accrocher lui-même des chaines aux pieds, il refuse catégoriquement de s’y plier. Alors Adolf ruse, dérobe aux passants ce qu’il ne peut pas gagner autrement. Occasionnellement, il écarte les jambes. C’est souvent sale, ignoble à en gerber, les rides, le gras, les atrocités. Les pervers, les salauds, les esprits les plus dévoyés, sordides à en faire pleurer. Mais Adolf s’est habitué, il a les yeux tellement voilés par la boue qu’il ne verrait pas la lumière mise sous son nez. Taupe trop longtemps coincée dans l’obscurité, la crasse a fini par s’incruster, dans sa peau, dans sa chair, sur sa langue, jusque dans les moindres méandres de son esprit. Alors, Adolf se fond dans la masse, dans cet enfer caché des villes. Il est la mauvaise herbe, le rat grinçant, la vermine rampante. Il est la lie de l’humanité, tellement bas dans la hiérarchie sociale qu’il est difficile de l’y apercevoir. Et pourtant, malgré les conditions dégueulasses, les corps hideux qu’il se tape, les pipes au détour des ruelles mal famées, l’horreur qui s’est enracinée. Adolf, il ne baisse pas totalement les bras, il n’abandonne pas, il ne se laisse pas totalement aller. Il a encore ce sourire presque innocent, ce joli sourire de l’enfant, cet improbable sourire aberrant. Ce pauvre sourire qui ne tient à rien.

Rien, si ce n’est que ce petit fil d’espoir,
Tantôt cheveux, tantôt chaines solides.
Sa liberté, cette fréquence incertaine de la vie.

Elle est déjà bien installée, l’aspiration de la liberté. La folie s’est faufilée sans mal dans le corps offert de l’enfant. Elle s’est infiltrée partout, elle a empoisonné les artères et les veines, jusque dans le moindre pore de la peau, toutes les connexions du cerveau. Son passage marqué au fer rouge, à jamais imprimé sur sa chair. Elle est pire drogue que l’héro, la coke et toutes leurs copines. Elle a trouvé son plus grand fidèle dans le pauvre orphelin. La liberté, cette passion folle qui anime ses reins. Elle est le souffle qui le transporte, les chaussures qui le portent. Elle est la boussole invisible, l'ultime appel du vide. Elle le guide comme un chien, elle le mène à travers champs. Et Adolf marche, il marche longtemps, il parcourt les villes, il parcoure le temps. Il apprend la langue, les mots crus, les mots violents. Les insultes, les jurons, les horreurs. Les dents qui se plantent dans sa chair, la salive dans sa gorge, la saleté de son intérieur. Il marche des mois durant, le bel errant. Il s'arrête de temps en temps. Dans les villes, les plus jolies, les plus sales comme lui. Il respire la crasse, le corps qui se prélasse dans la boue. Il y reste quelques temps. Des petits instants, le temps de se faire quelques ennemis, le temps de foutre en l'air les attaches, de briser les chaines de ces pauvres gens. Le temps de baiser les vieux pervers, les dégueulasses, les gros lards, les boutonneux, les timides, les "hétéros", les salauds. Tout y passe. Adolf, la salope d'une nuit, le voleur de vos économies.


Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom
Ils s’envolent, les jours. Ils décampent à tire d’ailes. Adolf ne les voit plus passer, les jours, les mois, les années. Il marche, ivre de sa liberté. Il ne connaît jamais l’heure qu’il est. Évanoui dans la chaussée d’une petite rue de Buenos Aires. Riant follement contre le pavé. Les yeux éclatés, de rouge, d’écarlates, du sommeil qu’il n’a jamais rattrapé. Il a oublié, ce qu’il avait mangé hier. Le trou de l’aiguille dans son bras. La pilule qui s’est glissé dans la bouche. Et quelque part au loin, très loin de sa migraine, il y a les pas, les pas des policiers. Et le corps qui s’est miraculeusement levé, alors que tu pensais qu’il ne pouvait plus fonctionner. Les jambes qui le portent encore quelques instants. Les muscles qui hurlent pour leur délivrance. Adolf s’écroule contre un mur de pierre. Les flammes dévorent ses poumons. Nausées au cœur. L’estomac se tord. Il n’a que le temps de se pencher sur quatre pattes avant de régurgiter, le peu qu’il a bien pu avaler. Ignorant la gorge irrité de la quantité de bile qui vient d’y passer. Adolf est de retour dans les limbes. Il rouvre les yeux, nez à nez avec son vomi. Le corps complètement endolori. L’impression de s’être pris dix années sur ses épaules, tombé d’un coup, tel une enclume sur son dos. Les vêtements tellement crasseux qu’ils lui collent à la peau. Plus cadavre que vivant. Il peine à bouger le moindre petit doigt. La gorge asséchée, l’estomac qui crie famine. Glorieuse mort que celui étalé dans son vomi.

Il survivra pourtant, envers et contre tout,
Quitte à ramper et s’introduire dans la maison d’un pauvre étranger,
Il aura pris une jolie chemise noire et une douche méritée.

Il a des hauts et des bas, dans son périple. Les instants difficiles, les minutes agonisantes, l’estomac retourné, la saleté trop bien incrustée. Le gouffre, là, tout près. Adolf a bien cru y passer. Tomber dans les bras tendus des abîmes à ses pieds. S’envelopper dans le cocon de l’obscurité aveuglante. Tendre câlin de la mère qu’il n’a jamais eu. Il ne connaît pas non, la douce chaleur de l’affection. Il ne comprend pas, la notion même de l’attachement. Le voilà tout ébranlé, de la petite fille qui saute à son cou. Petit rayon de soleil, l’îlot de joie de Sao Paulo. Carla l’a récupéré dans la rue, brûlant, fiévreux, tordu de douleur. Carla a mis les serviettes froides sur son front après l’avoir installé dans le canapé de leur petit appartement à elle et sa maman. Carla et ses cheveux de jais et son rire éclatant. Carla a éloigné les démons pour un petit moment. Quelques semaines flottantes, comme hors du temps. Adolf s’occupe de Carla des heures durant. Il lui raconte les histoires venues d’ailleurs, quelques contes qu’il a pu inventer. Et peut-être que c’est un peu trop beau pour durer. Et peut-être qu’Adolf a trop peur d’avoir envie de rester. Un matin lorsqu’elle s’est réveillée. Carla n’a plus trouvé Adolf sur son canapé. Elle a su très vite que probablement jamais elle ne le reverrait. Carla a senti son petit cœur se serrer, alors que sa mère caressait ses cheveux avec un pâle sourire.

Ils sont tous comme ça, ma chérie.
Ils partent tous à la fin.
Tous des lâches.

Elle est de retour, la bouteille à la mer. Le passant égaré, le gamin de ces rues, l’enfant de Rio. Le chien est retourné à sa niche. Il en flaire les odeurs familières, retrousse les babines quand aux nouvelles. Ses yeux vont partout, scrutent et cherchent. Les différences, les changements. Combien de jours se sont écoulés depuis le jour où il a été arraché à son semblant de foyer ? Adolf ne les a pas compté. Il a oublié. Cela fait bien quelques années. Il a finit par revenir, bien qu’il s’est promis de repartir. Adolf, le nomade sans chameau, l’éternel vagabond. Finalement, le voilà sur la même plage, un mince espoir au creux des prunelles. Il scrute le sable, à sa recherche. Elle, la seule peut-être qui n’ait jamais compté. Il a vu les longues chevelures brunes défiler, chercher les yeux bleus qu’il n’a jamais oubliés. Au moment où il allait abandonner, se persuadant qu’elle est passée à autre chose, elle est apparue, comme par miracle. Elle était encore de dos, mais il savait que c’était elle. Comme Luana savait que c’était les mains d’Adolf qui bandaient ses yeux, le temps de son petit jeu. Il y a bien eu les quelques secondes d’hésitation, le cœur qui a battu un peu plus vite. Et si Luana avait changé, si elle se mettait à crier, à hurler les reproches de ces filles abandonnées. De quel droit débarquait-il comme une fleur ? Heureusement l’inquiétude se dissipa bien vite et les sourires sont nés sur les deux visages, comme si Adolf n’était jamais parti, comme si le temps écoulé n’avait jamais existé. Plus de fêtes foraines pour s’infiltrer. Ils ne restent que les deux enfants, les deux grands gamins, que la tempête a bien voulu laisser. Ils se racontent, les années qui sont passées, les nuits qui sont tombées. Adolf revient dans la vie de Luana, jusque sous son toit. Ce n’est pas bien grand, ni luxueux, on entend même le frère qui baise à coté, mais Adolf n’en demande pas beaucoup pour être heureux.


Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom
Il est nu, João, la première fois qu’il le voit. Adolf s’est relevé, Luana endormi, lui déjà réveillé. Il a du mal à dormir trop longtemps, maintenant. Félin aux sens aiguisés, toujours une oreille à l’affût du danger. À la nuit entière, il préfère les siestes opportunes. N’importe où, n’importe quand. Il a vite ouvert les yeux quand le silence est revenu. Quand manifestement, l’homme a jouit, que la pute s’est tue. Il s’est levé Adolf, mue par la même envie de pisser. Il s’étire, bondit gracieusement hors du lit, pour ne pas réveiller la silhouette endormie. Il récupère une cigarette qu’il a dérobée à un gros chauve transpirant dans son costume cravate, ce matin en arrivant. Un sourire se glisse à ses lèvres en imaginant les perles de sueur qui perleraient sur le front de l’affreux paniqué de ne plus trouver ses clopes adorées. Adolf arrive sur le toit du voisin, la fumée au creux des lèvres. Il se laisse quelques instants de silence pour observer, le fessier d’abord, puis le crâne rasé. Ça lui rappelle son temps à Bariloche. Vague sentiment de dégoût. Il finit par faire remarquer sa présence d’un claquement de porte. Si Adolf n’avait pas le nez dans la crasse depuis si longtemps, il aurait peut-être senti l’affreuse odeur de la bête. Mais au point où il en était, il n’était pas vraiment sûr d’être le plus propre des deux. Il s’en fout, après tout. La cigarette échange de bouche. C’est le prix à payer pour utiliser ces toilettes sauvages, puisqu’il paraît. Il ne prend pas la peine de répondre, aux insinuations. Il croit connaître le genre, de toute façon.

Même s’il parlait, il ne l’écouterait pas,
Il se contente de reproduire son sourire gras
Et de reprendre sa clope avant de pisser.

Ils hurlent, le frère et la sœur. Festival de cris, les gorges s’échauffent, dialogue de sourds. C’est à celui qui fera le plus de bruit pour se faire entendre. Sa tête qui cogne contre le mur, douleur lancinante, sa vision qui se brouille. Balancé, ballotée, victime de choix alors que pour une fois, il n’a rien fait. João leur ressemble, à ces salauds aux crânes rasés qu’il a laissés derrière lui. La même rage les secouait souvent. La même manière de n’écouter que la bête qui gronde en eux. Il l’avait dit à Luana pourtant, ne lui dit rien, ce n’est pas la peine, on volera assez d’argent pour te faire subir un avortement. Mais Luana n’a pas écouté, Luana n’en fait toujours qu’à sa tête. Famille d’égoïstes. Elle veut porter le parasite pour neuf mois de malheur avant de s’en débarrasser à prix d’or. Elle a déjà trouvé le couple, des petits vieux qu’ont trop de fric à jeter à la fenêtre, emblème du Brésil émergent. Alors Adolf subit, les cris, la rage, les coups. Il attend que ça se passe, le col de son haut froissé dans le poing de l’affreux. Insanités de l’uns face aux pleurs de l’autre. Adolf se demande bien dans quoi il a débarqué. Il avait fait en sorte de ne pas rester trop souvent. Espaces de quelques jours à plusieurs semaines, entre deux visites. Finalement, au moment où les dents se serrent pour le coup qu’il a vu venir, les cris de la belle ont raison du monstre. La tension redescend d’un cran. Le t-shirt est lâché, Adolf retourné à sa liberté.

Évidemment, qu’il n’a pas enfanté le gosse,
Il vous dira qu’il n’est pas le genre de Luana,
Mais il sait au fond, qu’il ne sera jamais Papa.

Il n’aurait jamais dû dire oui, Adolf, s’il avait su. S’il avait su, il aurait décampé, à toute vitesse. Il se serait évanoui dans la nature. Il aurait finit son périple dans l’Amérique, il serait dans le Nord jusqu’aux Etats-Unis, là où les rêves finissent réalité. Il se serait embarqué pour l’Europe, pour l’Afrique, pour l’Asie. Il aurait tout vu, tout découvert, tout goûté. Il serait mort probablement, enfiévrée par une quelconque maladie sexuelle qu’il aurait attrapé, à force de baiser des inconnus pour de l’argent. Ils disent que c’est le prix à payer. Il aurait crevé, inconnu au bataillon, vaillant soldat jusqu’au dernier souffle. Si seulement, il avait su. Il ne serait pas venu. Il n’aurait pas eu à subir le sable qui s’écrase sur son visage, les cris assourdissants du petit monstre bébé et son comparse au crâne rasé. Le dérangé qu’on a laissé au volant. Il a regretté un instant, Adolf, de ne jamais avoir pris la peine d’apprendre à conduire. Quelque part, au fond de lui, Adolf le savait, quelque chose allait foirer. Même lorsque l’enfant fut délivré et qu’il était l’heure de rentrer. Il aurait dû se douter que ça viendrait de João. C’est de sa faute, à João et sa putain de queue. Sa bite de tous les malheurs qu’il aurait dû voir venir, dès le premier soir. Foutu connard.


Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom
Ils prennent le dessus, les instincts de survie. La peur, au creux de son ventre, de mourir. Il est trop jeune, oui. Il n’en a pas assez vu. Il ne le mérite pas. Adolf s’accroche encore un peu. Il essaie de vivre dans ce trou à rat. Dans cette prison à ciel ouvert. Au milieu de la vermine. Il essaie, pour Luana aussi. Il y a bien la curiosité, un nouveau corps à explorer. Une certaine euphorie, une envie tout essayer. Des nouveaux plaisirs, des sensations à découvrir. La jouissance du beau sexe. Et puis, il a vu les regards de l’affreux, sur ses nouvelles formes. Il lui en veut, Adolf. Il lui en veut terriblement de l’avoir privé de sa liberté. C’est une partie de lui qui s’est envolé. Il n’est plus que l’oiseau blessé, à qui l’on a arraché les ailes. Lui qui naguère était si beau, prince des cieux, condamné à errer au sol. « Adolf, sale pute. » Il ne devrait pas, non. Elle ne devrait pas se retourner. Elle a un client à satisfaire. Et pourtant, pourtant le regard dévie, s’accroche au corps luisant encore, après l’effort. João qui en baise une autre, les yeux rivés dans les siens. Elle s’arrête, presque malgré elle, comme hypnotisée. Elle est obnubilée. João qui va et vient dans le corps offert. Les gémissements, les cris de la poupée soumise. Et brusquement, y’a une chaleur inattendue qui l’envahit. Elle sent le désir qui ne devrait pas naître entre ses reins. Il a envie du monstre, l’immonde qu’il devrait haïr.

Elle a envie de sa violence.
Il a envie de le rendre fou,
Tout comme lui.
Elle part, elle fuit.

Il a cédé, finalement. Il n'a surpris personne vraiment. Elle a bien joué, des mois durant. Allumeuse, faussement innocente. Elle se prélasse, à moitié dénudée, juste sous son nez. Effleurer la bête, tout doucement. La souris qui nargue le chat. Elle a jubilé devant l'envie qui monte, les tensions qui arrivent à leur comble. Elle a son visage en tête parfois, lorsqu'elle crie pour un autre, qu'elle jouit, les jambes écartées pour deux trois billets. Le petit jeu vicieux était perdu d'avance. Adolf le savait, João le savait. Et pourtant, elle avait décidé de prolonger la partie, le plus longtemps possible. Jusqu'à l'instant fatidique. Les ongles qui accrochent à la peau, quand il la prend pour la première fois. La haine ainsi mêlée au désir, dans ce cocktail explosif. Elle le veut encore, entre ses reins, plus fort, plus vite, plus loin. Et João lui donne tout ça et plus encore. La violence jouissante, le sexe sauvage. Le sang qui dégouline sur leurs corps, les bleus inscrits sur les peaux. Des nouvelles raisons de le détester. Le haïr encore et encore entre deux baises. La rage toujours, au travers de leur gorges. Hurlements. Violence. Sexe. Cercle vicieux. C'est mauvais pour les deux. Ça pourrit leur esprit déglingué. Le monstre aux yeux verts qui les guette, chacun de leur côté. Ça se finira mal, il le sait. C'est la destruction mutuelle assurée. Sous Luana et son regard désespéré.

João, l'horrible obsession,
Une nouvelle chaîne qui emprisonne ses pieds,
Il finira par clamser d'overdose comme un putain de camé.

Il devient fou, Adolf. Il vire taré, dérangé. Il en peut plus d’être ainsi coincé. Prisonnier de murs invisibles. Les autres ne comprennent pas non. T’es bien chanceux, qu’ils disent. T’aurais pu crever, tout de suite, foudroyé, comme tous ceux là, qui trainent dans la fosse. T’as survécu, Adolf, tu devrais être fier. Il leur rirait bien au nez. Finalement les cadavres, il les envie, ils n’ont pas eu droit à sa longue agonie. Il aurait préféré, oui. Mourir tout de suite, plutôt que de traîner dans un semblant de vie. Il a bien essayé, de se laisser dépérir, de partir. Il la veut, sa dernière danse avec la liberté. Partir avec elle sur un rythme endiablé. Jusqu'à l'évanouissement, mourir asphyxier, les yeux injectés de sang. Et pourtant, il n'a pas réussi. Pas encore. Il reste des fils, minces et fragiles qui le retiennent encore. Et surtout la peur. Alors, il échoue de nouveau, sur le sable à la limite de São Poeira, à l'article de la mort. Le nez en sang, les derniers mètres franchis en rampant. Il comatera toute la semaine qui viendra. Et il recommencera. Jusqu'à disparaître pour de bon. À moins qu'on ne l'achève auparavant. Finis le, João. Regarde le, sur ses genoux, il ne demande que ça.

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Liberté




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(#) Mer 16 Oct 2013 - 16:11
 
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♆ MALÉDICTIONS LANCÉES : 464
♆ PSEUDO : AMIANTE.
♆ AVATAR : CILLIAN MURPHY.
♆ ALIGNEMENT MORAL : CHAOTIQUE BON
♆ PERDITION : FABRICATION DE SOUVENIRS.
♆ ENNUI TROMPÉ : FIGURE PATERNELLE DES ENFANTS VOLEURS. SAINT PATRON DES ORPHELINS. LES BONNES INTENTIONS SE SONT ÉRODÉES AVEC LA POUSSIÈRE. IL LEUR A TOUT APPRIS, LES DOIGTS MAGIQUES POUR DÉTROUSSER SANS SE FAIRE ATTRAPER, LA SOLIDARITÉ DANS LE BUTIN QU’ILS PARTAGENT ET MÊME LES VICES AU CREUX DES DRAPS.

(#) Mer 16 Oct 2013 - 16:13
moi j'suis le marron, hein perv 

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(#) Mer 16 Oct 2013 - 16:14
j'ai toujours su que t'aimais bien faire de l'équitation
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♆ MALÉDICTIONS LANCÉES : 464
♆ PSEUDO : AMIANTE.
♆ AVATAR : CILLIAN MURPHY.
♆ ALIGNEMENT MORAL : CHAOTIQUE BON
♆ PERDITION : FABRICATION DE SOUVENIRS.
♆ ENNUI TROMPÉ : FIGURE PATERNELLE DES ENFANTS VOLEURS. SAINT PATRON DES ORPHELINS. LES BONNES INTENTIONS SE SONT ÉRODÉES AVEC LA POUSSIÈRE. IL LEUR A TOUT APPRIS, LES DOIGTS MAGIQUES POUR DÉTROUSSER SANS SE FAIRE ATTRAPER, LA SOLIDARITÉ DANS LE BUTIN QU’ILS PARTAGENT ET MÊME LES VICES AU CREUX DES DRAPS.

(#) Mer 16 Oct 2013 - 16:18
je te concèderais que t'es plutôt une bonne monture  

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(#) Sam 16 Nov 2013 - 18:20
kitler, kitler, kiiiiiiiiitler.  bon tu sais déjà que tes choix d'images et de gifs sont parfaits. j'ai bien hâte d'en savoir plus sur adolf histoire que je puisse toucher à la marchandise nous trouver un lien  

et parce que tu m'fais planer:
 
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